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Crise financière : l'exhortation des évêques américains

3 octobre 2008

Dans une lettre envoyée vendredi 26 septembre aux responsables gouvernementaux, Mgr William Murphy, président du comité pour la justice intérieure et le développement humain de la conférence épiscopale, a exhorté les dirigeants américains à prendre leur responsabilité pour faire face à la crise économique.

Après avoir définit la crise comme « très alarmante et extrêmement compliquée », l’évêque s’est défendu de vouloir apporter une « expertise technique », qui n’est pas du ressort de l’Église. En revanche, il a affirmé que « [la] foi et [les] principes moraux peuvent aider à guider la recherche de réponses justes au désordre économique qui menace notre peuple ».

Les évêques proposent cinq clés à prendre en considération :
  1. Prendre en compte les « dimensions humaines et morales » de la crise. « Les accords, les structures et les solutions économiques devraient avoir comme objectif fondamental la protection de la vie et de la dignité humaine », observe-t-il. « La recherche scandaleuse d'un profit économique excessif » qui va même jusqu'à provoquer une aggravation de la situation des plus vulnérables, est l'exemple « d'une éthique économique qui place le gain au-dessus de toutes les autres valeurs. […] De telles actions ignorent l'impact des décisions économiques sur la vie des gens, tout comme la dimension éthique des choix que nous faisons et la responsabilité morale que nous avons et leur effet sur les personnes ».
  2. Assumer ses responsabilités. « Des mesures efficaces qui affrontent et modifient les attitudes, les pratiques et les erreurs d'évaluations qui ont conduit à la crise sont nécessaires. [...] Ceux qui ont contribué directement à cette crise ou qui en ont tiré profit, ne devraient pas être récompensés ou fuir leurs responsabilités pour le mal qu'ils ont commis ».
  3. « Répondre aux besoins. » Le marché aura toujours « des avantages et des limites », mais « il existe des besoins humains qui ne trouvent pas de place sur le marché. […] C'est un devoir de justice et de vérité de ne pas permettre que les besoins humains fondamentaux demeurent insatisfaits ». En outre, il demande un « renouvellement des instruments de contrôle et de correction au sein même des institutions économiques et financières, tout comme la nécessité d'une réglementation et d'une protection publique là ou cela est vraiment nécessaire ».
  4. « Solidarité et bien commun. » « Le principe de solidarité rappelle que nous nous trouvons ensemble dans cette situation et il nous met en garde contre la préoccupation des intérêts particuliers qui ne peut que faire empirer les choses », explique-t-il. « Le principe de la solidarité nous engage à poursuivre le bien commun, et non la recherche du gain personnel ou de l'avantage économique ».
  5. Subsidiarité. « La subsidiarité donne aux acteurs et aux institutions privées, la responsabilité d'assumer leurs obligations » rappelle Mgr Murphy. « S'ils ne les assument pas, les grandes institutions, l'État compris, devront intervenir là ou les institutions privées ont échoué ».

 

L'évêque conclut en rappelant l'encyclique Centesimus annus. Une société basée sur le travail et sur la participation ne s’oppose pas au marché, mais demande que celui-ci soit contrôlé par les institutions de la société et de l'État pour garantir la satisfaction des besoins fondamentaux de chacun. Cette pensée de Jean-Paul II « devrait être adoptée comme principe de base par tous ceux qui ont cette responsabilité à l'égard du pays, du monde et du bien commun de tous ». [Source : Zenit.org.]

 

 

 

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