LA NEGATION DE DIEU DANS LA CHARTE EUROPEENNE INDIGNE JEAN PAUL II
Article rédigé par La Fondation de service politique, le 26 décembre 2000

PARIS,[DECRYPTAGE/information] — Le 4 décembre, juste avant le sommet européen de Nice, le cardinal Ratzinger avait exprimé de vives critiques sur le projet de Charte des droits fondamentaux qui a été finalement votée.

La Charte est " un document sans Dieu ". Pour le préfet de la congrégation de la doctrine de la foi, il est regrettable que " Dieu et notre responsabilité devant Dieu " n'aient pas été ancrés dans ce document fondateur.

Jean Paul II a été encore plus sévère samedi 16 décembre, dans un message adressé au cardinal espagnol Antonio Maria Javierre Ortas à l'occasion du 1200e anniversaire du couronnement de Charlemagne.

Le pape exprime sa " déception " pour le fait que " pas même une seule allusion à Dieu, source suprême de la dignité de la personne et de ses droits fondamentaux, n'ait été insérée dans la Charte ". " On ne peut pas oublier, rappelle-t-il, que c'est justement la négation de Dieu et de ses commandements qui est à l'origine, dans le siècle passé, de la tyrannie des idoles, exprimée dans la glorification d'une race, d'une classe, de l'Etat, de la nation, du parti, au lieu de la glorification de Dieu ".

" En dépit de nombreux et nobles efforts, regrette le souverain pontife, le texte de la Charte européenne n'a pas satisfait les justes attentes de beaucoup de personnes ".

Par ailleurs, Jean Paul II accuse la Charte de n'avoir pas été assez " courageuse " dans le domaine des droits de la personne et de la famille.

Le Pape souligne en effet que ces droits " sont menacés dans de nombreux pays européens, par la politique en faveur de l'avortement, légalisée presque partout, par l'attitude toujours plus disponible à l'égard de l'euthanasie et, dernièrement, par certains projets de loi dans le domaine de la technologie génétique qui ne sont pas suffisamment respectueux de la qualité humaine de l'embryon ". " Il ne suffit pas, s'indigne encore le Saint-Père, de pérorer avec emphase en faveur de la dignité de la personne, si elle est ensuite gravement violée par les normes mêmes du système juridique ".

" On ne peut pas ne pas remarquer que les idéologies, qui ont provoqué des fleuves de larmes et de sang au cours du XXe siècle, sont sorties de l'Europe qui avait voulu oublier ses fondements chrétiens ", a conclu le chef de l'Eglise.