Michel Zink, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis deux mois était le Grand témoin de Pierre Moracchini ce jeudi matin 12 janvier sur Radio Notre-Dame.
Première question autour des fondamentaux en éducation. Le professeur au Collège de France en sélectionne un, l’attention: « la science ou l’érudition ou la pensée à leur plus haut niveau se nourrissent de la formation des générations qui viennent. Si cette génération est mal formée, cette fine pointe du savoir et de la pensée (…) va s’émousser et s’effondrer. Pour Michel Zink, père et grand-père,« le plus important, c’est de leur apprendre l’attention, de proposer aux enfants des exercices qui impliquent leur pensée, leur réflexion elle-même (…). Pour moi, résoudre un problème de mathématique ou de calcul, traduire un texte dans une langue étrangère, rédiger sans faire de fautes d’orthographe, de façon claire, c’est formateur. Apprendre comment marche le monde d’aujourd’hui, il le faut bien sûr. Les enfants l’apprendront, mais quand ils possèderont cela. »
L’attention, que Simone Veil considère comme une vertu intellectuelle et morale, est un travail qui « impose de repasser par soi-même, de repenser, d’assimiler par soi-même tout ce qu’on vous apprend et tout ce qu’on vous fait faire ». Pour le spécialiste de littérature médiévale, auteur également de Seuls les enfants savent lire (éditions Taillandier), l’attention peut beaucoup contrairement à la volonté, car c’est « s’oublier soi-même pour se plonger dans ce qu’on doit faire. » L’attention « fait progresser non seulement intellectuellement mais est aussi une ouverture à l’autre, une formation de soi-même. C’est la base de tout enseignement et même de toute vie intellectuelle. »
En réaction à la suppression de l’épreuve de culture générale à Science Po qu’il « ne regrette pas tellement » telle qu’elle était conçue, Michel Zink préfère la formation par l’attention aux textes. Lire un texte avec attention, « comprendre comment il est fait, le goûter, savoir l’expliquer », voilà pour le bon apprentissage, celui par l’approche littéraire, une « approche littéraire au sens large qui peut se faire sur un texte de toute nature ». Pour notre professeur, cet apprentissage-là « ne favorise pas particulièrement des milieux aisés plutôt que les autres ». C’est quelque chose qui entre « en résonance avec l’intelligence et la sensibilité de chacun, indépendamment de savoir ».
« Cela prépare à comprendre tout, à comprendre ce que l’autre vous dit quand il vous parle. »
H.B.
À noter :
Deux souvenirs de lectures d’enfance évoqués en fin d’émission :
- Édouard Peisson, Le voyage d’Edgar.
- Colette Vivier, Entrez dans la danse.
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