Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) est à l’origine d’un sondage intéressant sur la perception de la science et de son rôle au sein de la société par les Français. D’après cette étude, les sentiments des Français sont partagés : 53% d’entre eux se sentent mal informés et la grande majorité souhaite imposer des limites à la science 

OUI à l’avancée de la recherche scientifique… 

« La grande majorité des Français approuve la recherche scientifique, notamment dans les domaines touchant au traitement des cancers ou au fonctionnement de l’organisme » révèle le CCNE dans son communiqué. En effet, le sondage a révélé que  84% des Français interrogés plébiscitaient la recherche génétique, et 90%, la compréhension du cerveau.

Même les sujets de recherche plus polémiques sont encouragés. 2 Français sur 3 seraient ainsi favorables aux recherches sur la biométrie ou le contrôle d’identité. Plus inquiétant encore, 67% d’entre eux se prononcent en faveur de la recherche sur les embryons.

Mais pas à tout prix !

« Cette volonté de voir la science progresser n’empêche pas les Français de s’opposer à certaines pratiques jugées dangereuses et/ou contraires à l’éthique » nuance cependant le CCNE.

La modification du patrimoine génétique humain (2 sur 3 Français défavorables) et le clonage (83% des Français contre) sont très peu plébiscités principalement en raison des problèmes éthiques qu’ils posent. Pour les Français, c’est encore la nature qui doit décider des caractéristiques physiques et mentales de leur enfant avant la naissance et ils s’opposent à « toute recherche qui dénaturerait l'espèce humaine »

Les Français en quête d’information…

« Malgré l’importance que revêt la recherche scientifique pour les Français, on distingue une certaine méfiance à l’égard de ses applications présentes et futures. » Cette méfiance découle principalement d’un sentiment de désinformation. 53% des français interrogés – plus d’une personne sur deux – ne se sentent pas assez informés sur les enjeux éthiques des avancées de la science. Le pourcentage de ceux qui disent maitriser parfaitement le sujet et se sentent « tout à fait informé » est très faible (15%).

…et pour la limitation !

Pour le CCNE, ce manque d’informations a des conséquences. Il « alimente les craintes du grand public et le sentiment de confiscation du sujet par des publics experts ». 7 français sur 10 souhaitent donc être mieux informé et imposer des limites à la science.

Ces limites ne doivent cependant pas être imposées par n’importe qui. « Pour près de la moitié des personnes interrogées, ces limites doivent être posées par des publics légitimes, que ce soient des scientifiques (49%) ou des comités réunissant religieux, scientifiques, intellectuels et élus (44%) », conclut ce sondage.

Une bonne nouvelle pour tous ceux qui défendent les lois bioéthiques contre la science voulue pour elle-même.