La principale route de la drogue, de l'Amérique latine à l'Europe, passe désormais par l'Afrique de l'ouest. L'hebdomadaire Jeune Afrique dans son édition du 16 novembre rapporte la découverte de la carcasse incendiée d'un mystérieux Boeing, quelque part aux environs de Gao, au Mali. L'avion a pu être identifié : il provenait du Venezuela.
Ce type d'appareil peut transporter 10 tonnes de fret ; il avait déchargé sa cargaison et s'est écrasé au décollage sans faire de victime, semble-t-il. On n'a retrouvé aucune trace de la marchandise, vraisemblablement de la cocaïne. Cette découverte permet de se faire une idée de l'ampleur prise par le trafic.
Il y a déjà un an que l'Office des Nations-unies contre la drogue et le crime s'est inquiété de la situation. En Afrique de l'ouest, les saisies sont de plus en plus importantes et laissent supposer un trafic annuel de plusieurs dizaines de tonnes. La Guinée-Bissau et la République de Guinée sont les états les plus utilisés par les trafiquants. La déliquescence de l'État et la corruption généralisée sont évidemment très favorables au développement des réseaux de trafiquants. La drogue gagne ensuite l'Europe, transportée par des passeurs aériens ou par des circuits terrestres à travers le Sahara et le Maroc, et entre en Europe par l'Espagne.
La production de drogue se développe aussi en Afrique au sud du Sahara. Le Maroc a beaucoup diminué sa production de cannabis et l'Afrique de l'ouest et l'Afrique centrale sont entrain de prendre le relais pour des exportations principalement orientées vers le Moyen-Orient.
Le non développement, la très grande pauvreté, le comportement prédateur des gouvernants, dont certains sont liés aux trafiquants, sont à l'origine de cette situation mais aussi la demande croissante des populations déboussolées de l'Europe de la consommation... [Jean Flouriot]
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