Le Figaro

Deux jours avant Noël, Nicolas Sarkozy a reçu à dîner une dizaine de jeunes prêtres. Compte-rendu dans le Figaro.

Un aumônier de prison, un aumônier militaire, des curés de campagne ou de banlieue, l'aumônier de l'Assemblée nationale, le P. Rougé, ainsi que le fondateur du cercle Léon XIII (qui organise des rencontres avec des responsables politiques ou économiques), le P. Pierre-Hervé Grosjean, étaient également présents. Selon Solenne de Royer du Figaro, le Président aurait interpellé ses invités «Au nom de quoi faudrait-il ignorer ce que vous représentez ? Vous offrez une espérance. Les gens ont besoin d'espérance.», et la journaliste ajoute « le chef de l'État et les prêtres ont échangé pendant près de deux heures sur la jeunesse, l'éducation, la finalité de l'art, ou encore les souffrances des chrétiens d'Orient. Le président a redit son attachement aux «racines chrétiennes de la France». Lui qui déplore la disparition des «grandes voix catholiques» a enjoint les prêtres à «sortir des catacombes». «Dites ce que vous avez à dire à la société, pas seulement à vos fidèles. À l'heure où l'on écoute ces experts en tout, pourquoi ceux qui défendent une religion n'auraient-ils pas le droit à la parole

Les convives ont, dit-elle, entraîné aussi le président sur un terrain plus personnel, l'interrogeant sur la «vocation»: «La politique a sa part de sacrifice, a répondu Sarkozy. « Il faut accepter le regard des autres. Assumer une différence, des choix. Vous faites le sacrifice d'une vie de famille, d'un confort de vie. Avez-vous du mérite? Moi, ai-je du mérite à faire ce à quoi je me suis senti appelé? Je ne crois pas. La politique s'est emparée de moi, pas l'inverse

Depuis qu’il a publié en 2006 aux éditions du Cerf La République, les religions, l'espérance, ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy reçoit discrètement des religieux. En mars dernier, au Puy en Velay, il s'était échappé avec Mgr Brincard, pour déjeuner avec la communauté des sœurs de Saint-Jean.

Selon le Figaro c'est Camille Pascal, « conseiller et «plume» du président, qui était l'organisateur de la rencontre. Cet agrégé d'histoire, catholique pratiquant, aime confronter le président aux univers les plus éloignés du sien. Historiens, géographes, anthropologues ou sociologues ont défilé à l'Élysée depuis la rentrée. «Des moments de respiration pour le président, note un proche. »

La politique ne perd cependant pas ses droits. Récupération, clin d’œil, intox ? Ce dîner d’ecclésiastiques n’est pas destiné à passer inaperçu au moment où Christine Boutin multiplie les critiques à l‘égard du Président. Ce qui n’empêche pas non plus Nicolas Sarkozy d’être personnellement tourmenté comme François Mitterrand, par les choses d’en haut ou… d’après.

 

Source : Le Figaro