Le jeudi 8 décembre, nous proposons à tous ceux qui le veulent d’aller déposer une fleur blanche devant le théâtre du Rond-Point à Paris, afin d’adresser un appel au respect aux acteurs de la culture contemporaine, qui tout particulièrement en cette enceinte, à partir de ce soir-là, s’apprêtent à faire preuve d’une attitude d’hostilité, de mépris et d’insulte vis-à-vis de ce qui constitue le cœur de notre foi, et face à laquelle nous ne pouvons rester impassibles.
La pièce GolgotaPicnic, programmée dans le cadre du Festival d’Automne, se présente comme une réécriture complète de la Passion du Christ, et la tourne en dérision jusqu’à l’accuser d’être la source de toutes les perversions humaines. L’auteur, Rodrigo Garcia, assume cette intention délibérée. Le théâtre du Rond-Point, en l’accueillant, y souscrit à son tour.
Respectueux de toutes les libertés, et notamment de la liberté de conscience, nous considérons que Rodrigo Garcia est libre de penser et d’écrire ce qu’il veut, et de proposer un tel contenu au public, dans lequel il livre sa colère et sa critique.De même, Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, est libre à nos yeux de décider de sa programmation. Mais de notre côté, nous ne rougissons pas du lien de fraternité et de vénération qui nous unit à Jésus-Christ, et nous sommes aussi libres de signaler sans honte et sans bégueulerie qu’un tel propos nous paraît injuste et blessant. Et nous méritons d’être écoutés et entendus.
Nous parlons au nom de nombreux chrétiens de toutes conditions, en qui grandit le sentiment d’incompréhension face aux attaques que subit actuellement la foi chrétienne dans notre société. A cette incompréhension s’ajoute aussi chez beaucoup d’entre eux une exaspération, car à chaque nouvelle caricature, à chaque nouvelle violence, et cette fois encore, c’est un silence complet – et qu’on finirait par croire complice – qui répond.
Paraphrasant un innocent que nous connaissons bien, nous pourrions demander : pourquoi nous frapper ? Si nous avons mal fait ou mal parlé, montrez-nous quel est notre tort. Mais si nous n’avons pas de tort, qu’est-ce qui justifie qu’on s’en prenne à nous et aux symboles qui fondent notre religion ?
Nous lançons aussi cet appel au respect en tant que citoyens. Car nous désirons alerter les pouvoirs publics, et leur rappeler leur responsabilité dans la préservation de la paix civile, y compris au travers de leur politique culturelle. Est-il normal qu’un théâtre bénéficiant de subventions publiques, dans une République qui ne promeut aucun culte, mais qui affirme les respecter tous, accueille une œuvre aussi ouvertement agressive pour les croyants chrétiens ? Quel service est rendu ici à la culture et à l’entente entre personnes et communautés ?
Le théâtre du Rond-Point est à deux pas des Champs-Elysées, où l’on estime que 14 millions de passants circuleront au cours du mois de décembre. Sur leur passage, ils pourront – proximité de la Nativité autorise – contempler une crèche, installée dans un chalet du marché de Noël, pour laquelle la mairie de Paris a cependant eu la surprenante requête de ne pas présenter de « connotation religieuse trop prononcée ». A quelques centaines de mètres de là, ils verront aussi les affiches d’un spectacle théâtral, à qui l’on n’a pas pris la précaution de conseiller la retenue dans ses intentions christophobes. Voilà le grave déséquilibre de traitement dont notre pays offre le témoignage sur l’une des plus célèbres avenues du monde. Voilà comment, au cœur de Paris, à proximité immédiate de la Place de la Concorde, fermente et prend place la discorde.
Artistes, créateurs, professionnels de la culture, jugez-vous urgent d’allumer le feu du dénigrement et de l’ironie la plus humiliante envers le cœur de la foi chrétienne, alors que la société française – peut-être plus encore qu’en d’autres époques – est traversée de tensions et d’inquiétudes profondes ? Responsables politiques, croyez-vous que l’argent des contribuables – certainement plus précieux aujourd’hui qu’hier en raison de sa rareté croissante – doive servir en priorité à soutenir des œuvres qui viennent ainsi attiser en France la colère et la division ? N’est-il pas temps d’engager un dialogue plus serein et plus pacifique, et de prendre en compte la sensibilité de tous ces sans-voix que le climat actuel a conduits proche du désespoir ou de la rage ?
En signe de notre vœu de voir les choses évoluer, de voir la foi et la culture servir en harmonie le bien de la communauté civile, de ne pas nous enfermer dans l’affrontement bruyant et stérile des accusations qui s’enveniment, nous viendrons déposer des fleurs blanches entre 18 et 19h le jeudi 8 décembre devant le théâtre du Rond-Point. Nous le ferons en silence, meurtris comme chrétiens et citoyens, mais toujours désireux de rester des serviteurs de la bienveillance et de la paix dans la vie sociale, serviteurs de la charité en somme, parce que la charité, selon les mots de Bernard de Clairvaux, nous fait justement marcher « comme si nous portions toujours des fleurs dans nos mains. »
Après ce geste pacifique, après ce rassemblement auquel tous ceux qui s’y reconnaissent sont invités à participer en masse, nous rejoindrons Notre-Dame de Paris, où Mgr Vingt-Trois convie les chrétiens, en réponse aux attaques indignes de Rodrigo Garcia, à venir prier et partager une méditation de la Passion du Christ et la vénération de la sainte couronne d’épines. Parce que ce Jésus Christ insulté n’est pas pour nous un décor ou une image, mais reste à nos yeux l’homme le plus attirant de toute l’histoire. Parce qu’il ne fut pas seulement l’innocent parfait, mais est l’unique à être jamais revenu de la mort. Et parce que vivant encore aujourd’hui, il est pour nous, et pour tous, l’espérance de la joie éternelle. Irions-nous le bafouer ? Non, avec nous, venez plutôt l’adorer.
Thibaut Dary est catholique, journaliste, auteur, et porte-parole du Collectif Foi et Culture : et si on se respectait ?
Le blog du « Collectif Culture et Foi : et si on se respectait ? »







Je suis un chrétien de base, un papiste, n'ayant aucune connexion avec Civitas, la FSPX, ou tout autre organisation chrétienne traditionaliste.
Voir le commentaire en entierCela étant, j'ai participé à la manifestation/procession organisée par Civitas le 2 décembre à Toulouse. Pourquoi ? parce que c'est le seul moyen que nous avons pour que les médias et les pouvoirs publics s'intéressent à notre pacifique lutte contre la cathophobie.
C'est bien et même nécessaire, du point de vue de la foi, d'organiser des réunions de prières (enfin !). Auraient-elles été mentionnées par les medias sans les manifestations ? Bien sûr que non. Ce gentil rassemblement avec des fleurs, respectueux des libertés et des convictions des "artistes" de la cathophobie, aurait-il été mentionné sans la manifestation de 4 à 5 mille personnes organisée par Civitas ? Pas plus. Mais ainsi les médias ont pu montrer les gentils bisounours dialoguant avec les auteurs d'une autre culture, par opposition à des excités fascistes, talibans de la foi catholique.
Mais ce sont ces prétendus talibans qui en définitive ont fait bouger une cinquantaine de députés et provoqué l'organisation des prières réparatrices de ce sacrilège.
Nous sommes dans une société médiatique, gouvernée par un pouvoir faible qui tremble à la seule idée que quelques personnes descendent dans la rue.
Il faut crier haut et fort que nous en avons assez de voir nos églises et cimetières profanés dans un étourdissant silence.
Nous en avons assez de la cathophobie officielle qui se distille à longueur d'année dans nos chaînes de télévision publiques et privées.
Nous ne nous contentons de lutter contre la pauvreté en priant, mais en participant aux multiples associations caritatives. Il en est de même en ce qui concerne la défense de notre foi: en récitant le chapelet, à genoux, proche du théâtre et devant les CRS, sans réagir sous les crachats des droitsdel'hommistes et les caméras de la presse, mais avec la croix comme étandard.
Et pour finir ce long message, je vous rappelle le million de personnes qui manifestèrent dans les rues, sous Mitterrand, en défense de l'école libre qu'il voulait supprimer. Nous ne nous sommes pas contentés de prières; mais c'était une autre époque et peut être d'autres chrétiens.
Je regrette que votre article incite à s'associer à Civitas... Vous savez très bien qu'il y aura une contre-manifestation, et cela risque de dégénérer. On voudrait faire de la pub à cette représentation, on ne s'y prendrait pas autrement...
La prière à Notre-Dame est beaucoup plus digne !
Pour ceux qui sont loin de Paris, il y a toujours la possibilité de solliciter des amis pour déposer des roses blanches ou encore INTERFLORA!