Ron Paul

Comment passer du statut d'indésirable politicien de second rang, à celui d’incontournable homme politique et même favori dans les primaires républicaines américaines, sans changer ses idées ni trahir ses convictions? La réponse tient en deux mots: Ron Paul.

Vétéran de l’US Air Force, médecin ayant mis au monde plus de 6 000 nouveaux-nés, parrain intellectuel du mouvement du Tea Party, qui est Ron Paul?

Ronald Ernest « Ron » Paul est un homme politique américain, membre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des représentants (de 1976 à 1985, et de nouveau depuis 1997). Il a été candidat à l'élection présidentielle américaine de 1988 pour le Parti libertarien, à l'investiture du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2008 et pour l'élection présidentielle de 2012.

Partisan du libéralisme classique, il préconise un État fédéral au rôle limité, de faibles impôts, des marchés libres, le droit à la vie, une politique étrangère non interventionniste ainsi qu'un retour à des politiques monétaires basées sur des métaux (or, argent) pour étalon.

Il est parfois surnommé « Doctor No » au Congrès parce qu’il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine, qui ne respectent pas le droit à la vie, qui autorisent des budgets fédéraux déficitaires, ou qui augmentent les impôts ou les revenus des membres de la Chambre des Représentants.

Une popularité croissante

Ron Paul est connu pour ses “fans” inconditionnels, surnommés les “Paulestiniens”, qui ne manquent pas de zèle pour renverser en sa faveur les sondages en ligne et crier haut et fort ses mérites sur Facebook, Youtube et la blogosphère. Mais, de façon inattendue, la popularité de Ron Paul s’est étendue bien au-delà au cours de sa campagne pour la nomination républicaine en 2012, et il est maintenant en tête de sondages pour les premières primaires dans l’Etat d’Iowa.

L’ironie veut que celui qui pourrait devenir le plus vieux président élu des États- Unis (76 ans, soit 6 ans de moins que notre Saint Père Benoît XVI) soit aussi le candidat préféré des jeunes. Des jeunes qui l’aiment tellement qu’ils sont nombreux à choisir de passer Noël et le Réveillon avec lui pour faire du porte  à porte pour sécuriser la victoire en Iowa. L’ironie va encore plus loin. Alors qu’il prône une politique étrangère pacifiste et le retrait des troupes en Afghanistan, il est le candidat à la présidentielle qui reçoit le plus de dons de militaires en activité.

De la même façon, alors qu’il propose de couper drastiquement les dépenses publiques en supprimant de nombreuses Agences fédérales, il est aussi le candidat qui reçoit le plus de dons des fonctionnaires.

Son rayonnement dépasse les frontières de l’Amérique, et il suscite un engouement chez les libéraux conservateurs de toute la planète. En France, ses “fans” ont leur page Facebook et dans une tribune parue dans Le Monde, on considère même que c’est un exemple pour les libéraux du monde entier.

Grâce a  l’Institut de formation politique qui sélectionne cinq jeunes prometteurs pour la Bourse Tocqueville a Washington, j’ai pu rencontrer Ron Paul dans son bureau au Congres des États Unis pendant une heure (alors qu’ il se contente d’un “quick hello” discret lors du passage de Marine Le Pen) et j’atteste de son rayonnement.

Le choix des catholiques

Ron Paul n’est pas catholique, mais c’est un chrétien baptiste. Contrairement à une pratique (trop) largement répandue aux Etats Unis, Ron Paul n’a jamais instrumentalisé sa foi à des fins électorales, mais dans ses derniers spots publicitaires, une de ses patientes de longue date rappelle que, pour Ron, “ce n’est pas difficile de rester sur la bonne voie, car il croit

Ron Paul se distingue en effet par la cohérence de son credo, aussi bien sur les questions économiques que morales. C’est ce qui lui a permis de remporter il y a peu de temps le Values Voter Summit du Family Research Council, un des plus influents think-tanks chrétiens de Washington, et d'être aujourd’hui en tête des sondages en Iowa, un Etat où les Républicains sont très conservateurs sur les sujets sociaux.

Ron Paul est pro-vie et défend la vie dés le moment de sa conception; il souhaiterait en tant que Président des États-Unis que tous les États puissent passer leur propre législation pour protéger le droit à la vie des foetus. Il souhaite aussi voir cesser immédiatement toutes les subventions du Planning Familial aux États Unis. Il veut redonner du souffle a la liberté d'éducation en encourageant le “home schooling” et les écoles hors contrat.  Enfin, ses positions contre la guerre en Irak étaient en accord avec celles du Pape et son refus de l’interventionnisme militaire américain va dans le sens du pacifisme encouragé par Vatican II dans Gaudium et Spes.

Ces quelques lignes ne suffisent pas à établir que Ron Paul est le candidat de la doctrine sociale pour 2012. Mais y a-t-il d’autres candidats que lui à défendre une politique cohérente, pacifiste et pro-vie? Non. Va-t-il remporter les primaires républicaines ? Doit-on l'espérer ?