Colloque AFSP AEC

Ne faut-il pas constater que tout système économique ou politique (ou même ecclésial) finit forcément par entrer en crise ? Il y a bien des raisons à cela. Certaines appellent des solutions techniques, des améliorations ou des perfectionnements du système en question. Mais la véritable sortie de crise, qui peut passer par une transformation profonde du système, dépend des capacités morales des hommes engagés dans le système et confrontés à son blocage ou à son explosion. À ce niveau-là, l’action de l’Église peut être importante et efficace. C’est pourquoi, dans son message pour la Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 2012, relevant le climat d’inquiétude qui enveloppe l’humanité, le pape Benoît XVI appelle à « éduquer les jeunes à la justice et à la paix ». Il développe ensuite quatre directions de l’éducation : éduquer à la vérité, à la liberté, à la justice, à la paix, dont on sent facilement qu’elles s’enchaînent l’une l’autre.

Dans le crise de la société de consommation que nous traversons il est impératif de repenser le rapport de l’homme aux personnes et aux choses. L’éducation chrétienne en ces domaines s’exprime surtout en termes de modération, de renoncement, d’ascèse… À en rester là, ne ruinerait-on pas toute possibilité de développement économique ? À y bien réfléchir, l’enjeu n’est pas la privation mais la liberté, la qualité proprement spirituelle de la relation aux hommes et aux choses. L’éducation, « aventure la plus fascinante et difficile de la vie » selon le pape (Message pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix, 1er janvier 2012, n. 2), doit oser conduire jusqu’au spirituel engagé dans les réalités matérielles. Ce programme suscite un rude combat ; il est inévitable pour que se lèvent des hommes, citoyens et consommateurs, aptes à sortir de toute crise vers un meilleur espéré.