Dans un récent entretien donné à plusieurs journaux européens, Angela Merkel explique sa vision de l’Europe et ses souhaits pour l’avenir.
La crise est un moment clef pour l’Europe. Angela Merkel l’a rappelé récemment aux journalistes du Monde, Süddeutshe Zeitung, The Guardian, La Stampa, El Pais et Gazeta Wyborcza venus pour s’entretenir avec elle de l’Europe. Au delà des traditionnelles métaphores musicales et questions de circonstances, trois éléments clefs se dégagent de cette interview du Leader allemand.
Efforts et réformes
Premier point qui apparaît en filigranne des réponses de la chancelière allemande le seul moyen face à la crise est de déployer des « efforts courageux » et d’engager des « réformes douloureuses ». Une évidence sans doute indispensable à rappeller en ces temps difficiles.
Angela Merkel se montre aussi résolument tournée vers l’avenir en rappellant que la crise pose une question essentielle aujourd’hui aux pays membres : « quelle ambition avons-nous pour l’Europe ? » C’est cette ambition que la « Madame Europe » allemande développe tout au long de cet entretien.
L’Europe relève aujourd’hui « de la politique intérieure »
« L’Europe sera après la crise bien, bien plus forte qu’elle ne l’était avant. » Le ton est donné. Angela Merkel croit que l’Europe expérimente aujourd’hui les limites de son modèle et que la crise est l’occasion de franchir de nouvelles étapes.
De fait, la crise oblige aujourd’hui l’institution à s’intéresser de plus près aux économies et à la croissance de ses pays membres. C’est le contrepoint de la solidarité européenne. Angela Merkel résume ainsi cette évolution politique : « Durant la crise actuelle, nous avons atteint un niveau de coopération nouveau en Europe : c’est en quelque sorte une politique intérieure européenne. Nous ne pouvons donc plus seulement communiquer de manière diplomatique, nous devons, comme en politique intérieure nationale aborder les problèmes sans fioritures et les résoudre ainsi. »
En marche vers l’union politique ?
De là à penser au fédéralisme européen, il n’y a qu’un pas qu’est prête à franchir la chancelière allemande : « l’Europe que j’appelle de mes vœux saura créer du nouveau. […] Ma vision est l’Union politique, car l’Europe doit suivre sa propre voie. »
Mais ce n’est pas pour tout de suite. Angela Maerkel imagine ce projet « dans un certain temps » et « après de nombreuses étapes ». Ce modèle semble cependant s’imposer à elle comme une évidence parce ce que « nous nous apercevons de plus en plus que tout sujet chez le voisin nous interpelle, et vice versa. »
Une question essentielle pour l’avenir
L’Europe est donc à nouveau à un moment clef de sa construction. Cela pourrait poser un problème aujourd’hui à la France, tant il est vrai que cette dernière est un des pays qui est peut-être le moins clair sur la place qu’il faut donner aujourd’hui à l’Europe. Contrairement à l’Allemagne où « toutes le forces politiques concernées […] sont pro-européenne », les avis divergent en France. Un débat qui ne va pas manquer de s’inviter chez nous en cette année électorale !
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