Comme nous le pressentions, la fracture sociale, et les attentes différentes entre la bourgeoisie et le peuple par rapport à la révolution, apparaissent maintenant au grand jour. La stratégie choisie par Ennahda qui, au lieu de prendre les problèmes économiques cruciaux à bras le corps, fait de la démagogie politique, ne résout rien et aggrave les choses. Ce pays fait de gens très réalistes, commerçants, occidentalisés, et peu politisés (au sens idéologique s’entend) attend tout autre chose : pas de verbe, mais de l’action.

Le premier anniversaire de la révolution tunisienne laisse une impression mitigée aux tunisiens.

L’équipe au pouvoir se trompe de direction. Les tunisiens sont modestes et amicaux, mais n’ont pas de complexes. Après avoir chassé Ben Ali, ils en ont moins encore. Ils se sentent unis et fiers, et nous doutons assez peu qu’ils chasseront sans faiblesse les incapables et les faiseurs de fausse monnaie, qu’ils soient islamistes ou non, s’ils ne livrent pas leur part du contrat : le travail…. Et ils commencent à le dire ouvertement.

D’autres têtes risquent bien de tomber, et pas forcément celles que l’on croyait. Attention : la révolution tunisienne n’est pas finie.

François Martin