PARIS,[DECRYPTAGE/ information] — Les députés britanniques ont approuvé mardi 19 décembre à une très large majorité la proposition de loi sur clonage d'embryons humains à des fins thérapeutiques. 366 députés ont voté pour, 174 contre.

Il sera donc possible d'effectuer des recherches et de faire des expériences sur des embryons jusqu'à 14 jours, en utilisant leurs cellules clonées comme " pièces de rechange " pour des " malades incurables ".

Selon l'AFP, le professeur Jack Scarisbrick, président de l'association caritative Life, opposée aux manipulations des embryons, a estimé que le vote des députés revenait " à permettre la création d'un nouveau type d'être humain complet, d'une conception non sexuelle, sans père ni mère. La société devrait trembler face à une telle perspective ". John Smeaton, directeur de la Société pour la protection de l'enfant non-né (Spuc), a pour sa part jugé qu'il s'agissait " d'un triste jour pour les normes éthiques de la science et le respect de la vie humaine innocente en Grande-Bretagne ".

Le chef de l'Eglise catholique en Angleterre et au Pays de Galles, l'archevêque de Westminster Cormac Murphy O'Connor, s'est dit " extrêmement inquiet " après le vote des députés britanniques : " Le clonage, même pour des raisons thérapeutiques, représente une nouvelle forme de reproduction humaine avec des implications morales massives [...] En tant que société, voulons-nous réellement faire ce saut dangereux sans plus de réflexion? Est-il sage de se précipiter pour prendre une décision ? J'espère que la Chambre des Lords rejettera ces propositions. "

En Allemagne, deux ministres se sont prononcés mercredi contre le clonage d'embryons humains à des fins thérapeutiques, réagissant au feu vert donné mardi par le parlement britannique. " Le clonage d'embryons à des fins thérapeutiques doit rester, à mon avis, interdit en Allemagne ", a déclaré le ministre allemand de la Santé, l'écologiste Andrea Fischer. " On ne doit pas abuser de la vie humaine en s'en servant pour des recherches ", a-t-elle ajouté. Même son de cloche du ministre de la Recherche, la social-démocrate Edelgard Bulmahn : " On ne doit pas dépasser cette frontière éthique ", a-t-elle déclaré.

Du côté du Saint-Siège, l'agence Zenit rapporte les propos de Mgr Sgreccia, vice-président de l'Académie pontificale pour la Vie qui s'est exprimé au micro de Radio-Vatican. Mgr Sgreccia voit dans le clonage " un des faits les plus catastrophiques de cette fin de millénaire, parce que légitimer à des fins expérimentales la suppression de créatures humaines, qui sont des enfants, représente un traumatisme qui se présente pour la première fois à l'humanité ". Explication : " Pour produire les " cellule staminales " qui devraient servir à guérir d'autres personnes — ce qui reste d'ailleurs à démontrer — on supprime des êtres humains. Il ne s'agit pas simplement d'un organe qui est pris d'un être humain pour être donné à un autre. Ici il s'agit de la suppression d'êtres humains pour en obtenir des cellules à intégrer dans des organismes adultes ".

Mgr Sgreccia réfute les arguments avancés en faveur de cette loi. " On a avancé la justification, dit-il, que les embryons dont on parle dans les premiers 14 jours ne seraient pas des êtres humains, mais ici, à mon avis, il y a en plus d'un délit contre la vie, un délit contre la vérité. On a avancé ce présupposé pseudo-scientifique qu'il ne s'agit pas d'êtres

humains. Nous sommes par conséquent face à l'un des faits les plus graves par lesquels se conclut le millénaire. "

Mgr Sgreccia souligne enfin qu'il s'agit d'une défaite pour les États européens : " Il semble que ce soit en vain que les Etats européens aient établi contre ce type de perspective les conventions pour interdire l'expérimentation sur l'homme sans son consentement. C'est un délit et une catastrophe pour l'avenir de la civilisation et je regrette qu'il ne soit pas assez ressenti comme tel. "