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Décryptage

Présidentielle : les dernières incertitudes…

29 octobre 2008 | Dominique Aubuisson*

Où en est la campagne américaine ? Notre correspondant aux Etats-Unis fait le point à quelques jours du dénouement.

COURAGE ! plus que dix jours. Plus que dix jours à suivre de front deux campagnes électorales, la campagne américaine d’un côté et la campagne américaine en France de l’autre. A croiser ainsi en permanence le réel et le virtuel deux semaines de plus, mon psychisme n’aurait, je pense, pas résisté. J’aurais dû lire plus attentivement la notice sur les risques d’épilepsie avant de me lancer dans ce petit jeu.

Dernier exemple en date, la Une du Figaro de ce jeudi 23 octobre. En apercevant la taille du titre et la demi-page avec la photo de Barak Obama, j’ai un instant cru que j’avais manqué l’élection. Le temps de télécharger l’image et je comprenais mon erreur : il ne s’agissait que d’un sondage prédisant un « raz-de-marée » démocrate, 52 contre 38 %, soit 14 points d’écart !

Un peu énorme par rapport aux 6 points de la semaine passée. J’ai donc quitté le monde virtuel et magique du Figaro pour retourner dans la réalité, en l’occurrence sur le site de Real Clear Politics (www.realclearpolitics.com), organisme indépendant qui rassemble les résultats des sondages nationaux et par Etat. Bien évidemment, je n’ai pas retrouvé le 38 % de McCain. Mais surtout, en faisant la moyenne des 16 sondages nationaux publiés ces trois derniers jours, j’ai obtenu un résultat sensiblement différent : 50 contre 42,5 % soit 7,5 % d’écart, c’est-à-dire moitié moins que dans le Figaro. Ce résultat confirmant simplement que, depuis une semaine, Barak Obama a conforté, sans accélération, la progression qu’il connaît depuis la mi-septembre.

Rien de nouveau

Mais avant de revenir sur la question des sondages, un petit point informatif. Quoi de neuf depuis une semaine? En gros, à peu près rien. Sur le même fond de crise économique, John McCain ne se lasse pas de raconter l’histoire de Joe le plombier[1], Barak Obama continue d’expliquer qu’il va diminuer les impôts de 90 % de la population en ponctionnant les 5 % très, très riches[2], Sarah Palin excite encore les foules républicaines autant que les féministes du New York Times – mais pas dans le même sens, évidemment –, quant à Joe Biden, il poursuit son numéro de vieux-beau-bonimenteur-gaffeur. En bref, le candidat républicain n’a toujours pas de vision politique, et son opposant n’a rien renié de promesses qu’il n’aura pas les moyens de tenir.

Voilà pour le fond. Sur la forme, la différence notable tient dans le passage à plein régime de la campagne démocrate, forte d’un budget inouï qui devrait dépasser les 650 millions de dollars. La superproduction messianique mérite bien ça. Pour donner un ordre d’idées, il y a quatre ans les candidats n’atteignaient pas cette somme à eux deux. John McCain quant à lui a déjà quasiment tout dépensé d’un montant moitié moindre. Le résultat est une véritable saturation des ondes par les publicités de la campagne démocrate.

On ne s’étonnera donc pas que les causes décrites ici-même depuis deux chroniques produisent les mêmes effets : le soldat McCain, héros sans projet, attend désespérément l’événement qui va lui permettre de décoller ; le doux et provident Obama, consolateur de l’anxiété économique, se laisse porter avec une adresse remarquable sur la vague de l’espoir. C’est ce que montre le basculement tout récent de la catégorie des plus de 65 ans chez lesquels le républicain a cédé dix points en deux semaines par rapport à son adversaire. Durant cette période en effet, les enfants du baby-boom ont vu leurs retraites, principalement dépendantes de la bourse, fondre dramatiquement.

Il faut ici saluer la maîtrise de l’évolution de sa campagne par Barak Obama car si sa progression régulière est principalement due à la conjoncture économique, il a su accompagner la diffusion de l’angoisse en se rendant de plus en plus accessible à cet électorat-clé que sont les indépendants, masse croissante de citoyens centristes qui ne se retrouvent pas dans le système clos des partis politiques américains et qui attendent généralement le dernier moment pour se décider. Le ralliement durant la semaine passée de deux républicains, Colin Powell et Paul Volcker, en est le signe. L’ouverture au centre a eu pour effet de rendre inopérant l’argumentaire républicain qui consistait à rappeler le passé radical d’Obama, à insister sur le fait que personne ne sait exactement ce qu’il pense et ce qu’il compte faire une fois entré à la Maison Blanche. Cela reste pourtant vrai, mais n’a plus aucune portée dans la campagne. Le résultat est là : mi-septembre, John McCain menait dans la catégorie centriste par 13 points, il en cède désormais 12 sur son concurrent.

Un électorat résigné

Alors, l’élection est-elle déjà jouée? Oui… et non. Oui dans la mesure où le candidat démocrate jouit d’une dynamique positive qui l’avantage et dont on ne voit pas ce qui pourrait la stopper. La comparaison avec Sarah Palin est de ce point de vue intéressante. John McCain avait fait un pari risqué en la choisissant, mais le risque était calculé : les démocrates ne pourraient pas exploiter les faiblesses de sa vice-présidente, l’inexpérience et des valeurs typées, sans par ricochet atteindre leur propre candidat à la présidence, tout aussi inexpérimenté et dont les liens très douteux avec un ancien terroriste non repenti ou un pasteur protestant dangereux effrayaient les centristes indépendants. Or la crise économique a exactement inversé ce calcul en alimentant la dynamique positive en faveur de Barak Obama : les électeurs ont de plus en plus neutralisé leurs doutes à l’égard du démocrate alors que, dans le même temps, les mêmes doutes subsistaient à l’endroit de Sarah Palin. Comme le montrent les derniers sondages, l’inexpérience de cette dernière est devenue un problème pour les centristes alors que l’inexpérience du premier est devenue secondaire dans cette même catégorie d’électeurs.

L’évolution actuelle des sondages repose donc sur la dynamique de confiance dont jouit le démocrate et qui le rend de plus en plus présidentiable. Depuis un mois et demi, Barak Obama n’a pas conquis un nouvel électorat, mais un nouvel électorat s’est résigné à le voir président plutôt que John McCain. Une bulle électorale, en somme, qui distingue cette élection des précédentes durant lesquelles les dernières semaines de campagne voyaient les candidats se rapprocher dans les sondages. Pour cette raison, le résultat des urnes dans dix jours reste très incertain.

C’est ici qu’il nous faut revenir aux sondages. Lorsque le Figaro annonce un duel à 52/38, il oublie de préciser qu’un autre sondage national sérieux, celui de l’université Georges Washington, donne du 49/46. On passe ainsi de 14 à 3 points d’écart. Et ce n’est qu’un exemple. La question est donc : comment se fait-il que l’on trouve des divergences de plus de 10 % entre des sondages dont leurs sources continuent d’affirmer qu’ils ont une marge d’erreur située entre 2 et 3 %? La réponse technique est que chaque institut possède ses propres méthodes de correction des données : parce que les sondages sont faits en appelant des téléphones fixes, parce que de moins en moins de personnes acceptent de répondre, parce que le nombre de nouveaux électeurs qui se rendront aux urnes est totalement inconnu, parce que les démocrates acceptent beaucoup plus facilement de donner leur avis que les autres, et pour bien d’autres raisons encore, les instituts de sondages corrigent, chacun avec sa propre formule magique, les données brutes en estimations publiques. Ces estimations donnent toutes l’avantage à Barak Obama, mais avec des degrés de divergence qui reflètent parfaitement l’incertitude générale quant à l’issue réelle de l’élection. Là est la véritable nouvelle de la semaine : personne ne sait précisément où en est la campagne présidentielle américaine. Autrement dit, on sait que le démocrate est en tête, mais on ne sait ni de combien, ni surtout si cet avantage repose sur des bases assez fermes pour se retrouver dans les urnes.

 
 

[1] Pour rappel, Joe le Plombier (qui s’appelle bien Joe, contrairement à ce qu’une campagne de dénigrement démocrate a voulu faire accroire, campagne reprise d’ailleurs sans précaution comme à l’habitude dans certains journaux français) a connu son heure de gloire après une discussion avec Barak Obama. Le premier se demandait s’il avait intérêt à faire croître son entreprise compte tenu de l’augmentation des taxes promise par le second. A quoi le candidat répondit que Joe contribuerait ainsi à « répandre la richesse » autour de lui.

[2] Précisons qu’actuellement seuls 40 % des Américains payent des impôts, les autres étant exonérés en raison de leurs faibles revenus. D’où l’accusation formulée par les républicains d’un socialisme rampant, camouflant une politique massive de redistribution des richesses derrière l’argument porteur des « tax cuts ».

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (14)

Bernard (30/10/2008): Vous jouez quel jeu ? Vous semblez avoir des sympathies pour Mc CAIN. Est-ce que ça correspond vraiment aux valeurs chrétiennes ?
Claude Nauwelaerts (30/10/2008): @Bernard. Désolé, Bernard mais je ne vois nulle part où l'auteur semble "avoir des sympathies pour Mc Cain". Si je le lis bien, il se contente de s'étonner de l'écart qui sépare les résultats des sondages, surtout en Europe, d'avec la réalité sur le terrain. Franchement, je ne vois pas en quoi cela pourrait être logiquement assimilé à une postion partisane. La vraie question à se poser serait plutôt de savoir "à quel jeu jouent les médias ?".
Ceci dit, il est en effet à craindre que le résultat final soit à l'inverse de ce qu'on considère un peu vite comme acquis d'avance, soit que les sondages soient très imparfaits pour une série de raisons abordées par l'auteur, soit qu'un événement se produise d'ici peu qui inverse la tendance officielle, comme je l'ai suggéré par ailleurs (voir : Comment la crise a gagné la présidentielle, 10 oct.).
Car il faut malheureusement bien avouer que la démocratie n'est trop souvent qu'une façade qui sert de paravent à la confiscation du pouvoir. Voyons par exemple la Commission européenne, oligarchie à peine camouflée, en pleine contradiction avec les volontés populaires lorsqu'elles ont le droit de s'exprimer (3 referendums populaires négatifs sur 3 organisées = 100% d'écart entre la Commission et la démocratie). Voir aussi la façon dont fut décidée aux USA la guerre contre l'Irak, au mépris de toute la communauté internationale et au nom de la défense de la démocratie, un comble tout de même.
Donc, il faut savoir qu'il existe aux USA (et pas seulement là) quelques establishments et autres lobbies qui détiennent le pouvoir réel et ont les moyens d'influencer la politique officielle. Ainsi, l'establishment WASP dont la longue tradition veut que le président US soit choisi parmi eux. Savez-vous par exemple que GW Bush est le 5e président à faire partie du cercle très fermé des descendants du "Mayflower" , ces ultra-calvinistes qui ont inventé le capitalisme, ont érigé le dogme de la prédestination en système concret et pratique (on reconnaît les élus de Dieu à leur fortune sur la Terre et inversément) et appliqué leur "sionisme chrétien" à la politique proche orientale (voir Thierry Meyssan : L'effroyable Imposture 2, pp. 171 à 177 (La Théopolitique ) + pp.293-296 (Epilogue) + 330-333 (Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien).
Ceci pour vous dire, Bernard, que je n'ai aucune sympathie pour ce clan dont fait partie Mc Cain (Fils de Cain qui tua son frère Abel ?) mais pour tâcher de vous faire comprendre que, si ce clan a décidé qu'il passe, Mc Cain passera. Bien à vous. C.N.
Michel (31/10/2008): Je suis surpris voire effaré par les deux commentaires précédents, quoi il y aurait au moins deux évêques américains qui ne défendraient pas les valeurs chrétiennes?!(voir le fil de la semaine)... Encore de "l'obamania" c'est pas très original! Bernard dans le style court mais menaçant et direct, j'aimerais pas tomber entre vos pattes, dans un couple de flic vous seriez le petit teigneux , à votre insu héritier de la vieille tradition inquisitoriale, défenseur sourcilleux de l'intégrité des valeurs et idées chrétiennes bien que celles ci soient devenuent folles (pour reprendre l'expression de Chesterton). Claude, c'est trop facile, une bonne louche du bon vieux anti-américanisme, quelques cueillères de populisme pour dénoncer le complot de certains lobbies et on obtient un vieux ragoût toujours d'actualité! Vu le battage politico-médiatique, ya pas de risques , vous êtes dans le bon sens! Je rappelle tout de même qu'il y avait une coalition contre Saddam Hussein (tiens donc "Hussein" ça vous dit rien?!) avec les américains. Pourquoi tant de mépris et d'accusations pour les meilleurs quoiqu'on dise? L'envie la jalousie le dépit...Et puis, argumenter en se référant à un histrion cathodique, provocateur qui assure la vente de ses livres par les scandales qu'il provoque et fabrique, c'est une imposture, ce n'est pas sérieux! N'est-ce pas le même T.Meyssan qui agressa en le calomniant l'abbé Daniel Ange il y a quelques années sur un plateau TV? Enfin, pour terminer laissez moi parodier votre fine déduction assassine faussement interrogative (dans le couple de flic vous seriez le futé?!) Claude seriez vous aussi descendant du Claude, empereur qui prit la succession de Caligula et adopta Néron, ces fameux démocrates? ...C'est bête n'est-ce pas? Evangéliquement vôtre.
Claude Nauwelaerts (31/10/2008): @Michel. Trop d'adjectifs passionnés, d'arguments ad hominem et pas assez d'arguments logiques et documentés. Je passe sur ce qui me concerne mais je tiens à prendre la défense de Th. Meyssan, en son absence, même si je suis très loin de le suivre dans toutes ses vues. Mais quand il prend -pour une fois- la défense de l'Eglise catholique et de Benoît XVI en personne, je ne puis m'empêcher de le suivre. C'est le cas dans le livre cité, chap. Epilogue. On y apprend que, le 22 août 2006, peu après l'offensive manquée d'Israël contre le Liban (objet central du livre) le patriarche latin de Jérusalem, en union oecuménique avec d'autres églises chrétiennes (orthodoxe, épiscopalienne, luthérienne) publia une déclaration condamanant le sionisme chrétien et ses effets au Proche-Orient. Et que, le 12 septembre suivant, les médias du monde entier publiaient une phrase citée le jour même par Benoît XVI à Ratisbonne et qui, tirée de son contexte, n'était en effet qu'une citation qu'il entendait critiquer. Tollé du monde musulman sauf de l'Iran qui avait flairé la manipulation. Je ne connais pas d'autre auteur ou média qui ait rétabli la vérité comme l'a fait Meyssan.Ce sionisme chrétien, si peu connu de nous, est une vieille histoire remontant au début du XVIIes. Des calvinistes radicaux s'étaient installés en Angleterre d'où ils furent chassés pour s'exiler ensuite en Amérique (Mayflower 1620). Leurs descendants sont ceux du clan Bush, Cheney et consorts. En Angleterre, il y eut la république sanglante de Cromwell et, en Hollande, l'émigration des Afrikaanders avec leur apartheid.
Ce sionisme chrétien vise à faciliter le retour prochain du Christ (comme s'Il avait besoin de cela !) en préparant les conditions terrestres de sa venue telles que décrites dans certains textes bibiques (retour des Juifs en Terre Promise, au sens large de Gen. 15,18, reconstruction du temple , etc...). Le tout avec la certitude d'être le "nouveau peuple élu" ou le "nouvel Israël", avec tous les droits divins et régaliens que cela suppose dans leur vision élitiste de la Bible. La déclaration oecuménique dénonce cet élitisme contraire à l'esprit fondamental des évangiles, basé sur la justice et la fraternité.
Les démocrates ne semblent pas développer de telles vues mais je crains qu'ils ne participent, consciemment ou non, à une vaste manipulation politique jouant sur la dialectique gauche/droite qui me fait trop penser à Hegel (idem pour Europe/Amérique etc..). Plutôt que de jouer le jeu de la thèse/antithèse, je préfère me demander à qui profite la synthèse.
Pour la parodie de l'empereur Claude, bravo à Michel archange. C'est bien vu et bien joué : il faut le reconnaître sportivement. Au plaisir de vous lire tous.

Pierre (31/10/2008): 80% des français voteraient pour Obama. Ils avaient préféré Kerry, et tous les autres candidants démocrates avant lui. Ils appréciaient Clinton (mari et femme) et ont haï tout ce qu'a fait Bush.Pourquoi ce tropisme gauchisant qui fait dire à Bernard qu'un chrétien ne pourrait pas voter pour Mac Cain alors que sur l'avortement et le mariage Gay ses positions sont incontestablement plus chrétiennes que celles de'Obama ? Pourquoi les français voient-ils rose pour l'Amérique (et l'Espagne et l'Angleterre etc.) alors qu'ils voient - disons - plus clair pour leur propre pays ? Réponse : parce que nous ne connaissons les débats politiques de ces pays que de seconde main, via l'interprétation de nos médias qui sont instinctivement gauchistes. Mais c'est au contraire parce qu'ils ont vu "en direct" les bétises de Royal qu'ils ont inversé les tendances et les pronostics et -là encore - l'engouement des journalistes et autres pseudo intellos. Ils n'avaient aimé Royal qu' AVANT de la connaître. Puis ils ont pù mesurer la différence entre l'enthousisasme médiatique et la réalité de la candidature socialiste. Généralement nous n'avons pas cette possibilité en ce qui concerne les politiques étrangères. MacCain aurait pu gagner avant la crise financière des dernières semaines. Parce qu'il est moins ininteressant que ne le disent nos médias décidemment peu enclins à la diversité des points de vue.
Michel (02/11/2008): @Claude. C'est exact, je ne tiens pas à argumenter longuement, pour m'en expliquer je suis obligé d'évoquer brièvement quelque point de ma propre expérience (retourner contre "mon moi-même passé" une sorte d'argument ad hominem!). Ado et puis jeune homme, révolté gauchiste (issus d'une famille nombreuse ouvrière) j'étais tellement persuadé d'avoir "raison", avec mes camarades d'alors que je trouvais toujours quelque "raisonnement logique" pour justifier mes "convictions" contre ceux qui finalement pour moi étaient, quelque soient leurs arguments, des ennemis à abattre!(métaphoriquement car grâce à Dieu je n'ai pas eu le pouvoir de passer à l'acte!) J'aurais aimé avoir la science d'un Vychinski (modèle accompli de Procureur du Bien!) et j'aurais fait au moins un honnête bourreau avec mes grosses pognes velues!(j'en profite pour m'excuser auprès de Bernard!) Mon aveuglement ma conduit à refuser de lire Soljénitsyne (l'Archipel) pendant 12 ans! et puis je ne sais pourquoi les écailles ont commencé à tomber de mes yeux...Bon j'abrège, ceci pour dire la limite que j'ai éprouvée du rationnel, non que les controverses soient inutiles au contraire, elles peuvent être vivifiantes si aucun des protagonistes ne cherche à "réduire" l'autre au silence, mais elles ne peuvent rendre compte d'un réel que partiel. Pour revenir aux élections US la part émotionnelle et sentimentale est prépondérente me semble t-il dans les préférences ou les rejets des uns et des autres("les américains" vont-ils continuer leur histoire raciste ou bien "enfin" réparer leurs crimes!? comment vont-ils s'arranger avec leur bonne ou mauvaise conscience!?)
Pour en venir à votre réponse, Claude, je ne peux pas "gober" cette histoire de "sionisme chrétien" responsable si je vous ai compris de la "manipulation" de l'affaire du discours de Ratisbonne, je vous renvoie aux articles parus à l'époque sur ce site(en particulier le point 5 du décryptage de G.de Lacoste Lareymondie le18 sept.) On peut certainement discuter du bien fondé de cette prétention d'origine "calviniste radicale"(!?) mais il semble que pour répondre "à qui profite la synthèse" il faille considérer des thèses qui ne sont pas mentionnées dans votre billet, elles concernent le conflit du Moyen-Orient et rien moins que l'expansion de l'Islam en Europe(par le biais d'une immigration de masse qui n'est pas nécessairement comme on nous le rabâche "une chance pour la France", et bien plus grave sans doute par le développement de la pensée "dhimmie"-la même qui pousse les chrétiens orientaux à pactiser avec leurs persécuteurs par crainte de représailles et à épouser leur "antisionisme"-) Je recommande sur la question une visite du site surlering.com, l'interview de Bat Ye' Or par Radu Stoenescu, le13/10/08 rubrique "outremonde"(pour son dernier livre "Eurabia") et encore l'article d'Armand Laferrere "Est-il permis de soutenir Israël?" paru dans le N°104 de la revue Commentaire, les sites primo-europe.org et désinfos.com sont également à consulter sur ces sujets- un peu éloignés du sujet de départ!-Enfin, permettez moi de remarquer des expressions contestables pour revenir encore à votre billet: "offensive manquée d'Israël contre le Liban", c'est exactement le point de vue du Hezbollah que vous reprenez avec cette simple formulation qui parait "neutre", pardon de vous renvoyer encore sur le net, vous trouverez plein de références argumentées dans un article de Miguel Garroté "Hezbollah, l'ONU reconnait son inefficacité" sur le site rebelles.infos. Pour terminer je suis obligé de relever l'amalgame contenu dans l'expression "les Afrikaanders avec leur apartheid" ce qui évidemment ne peut que clouer le bec d'un contradicteur éventuel soucieux d'éviter le lynchage, et emporter l'adhésion indignée du consommateur moyen de "prêt-à-penser".Puis-je vous suggérer de lire ou de relire l'oeuvre deJM Coetzee, en particulier "Disgrâce", l'Afrique du Sud comme toute affaire humaine ne s'écrit pas qu'en blanc ou noir...Pardon d'avoir été un peu long.
J'ajoute enfin être assez d'accord avec Pierre.
PS:C'est la 1ère fois que j'écris sur un blog, pour un peu on y prendrait goût si ce n'était le temps que ça prend quand on n'est pas un virtuose du clavier!
Bernard (02/11/2008): Cher Michel

Les catholiques sont vraiments des gens dangereux et surtout INCULTES ET INTOLERANTS. Je devienens anti clérical et très géné par nos frère chrétiens.
Quoi que vous didiez c'est le bon Dieu qui jugera.
Bernard (02/11/2008): PIerre Vous croyez que les patrons bourrés de fric qui pontifient dans les associations dites catholique ssont des autehtiques cHrétiens. Même si OBAMA peut avoir des aspects dangereux, il a le souci des autres et selon moi est plus près du message évangélique que votre Mac CAIN et la folle de Sarah PALIN.
Michel (03/11/2008): Et oui, on y prend goût!...Entendu ce matin sur France Musique les infos. Voilà que les même qui annonçaient la victoire triomphale d'Obama nous disent que les jeux pourraient bien ne pas être "si fait" que ça! Vérité/intox au point où on en est peu importe, ça fait aussi rebondir l'intérêt de cette campagne qui commençait à lasser-et du coup faisait moins vendre ne l'oublions pas-D'abord une info pour enfoncer encore plus "la folle de S.Palin"(citation de Bernard)sotte et inculte au point de se faire piéger par des "humoristes"(ce qui veut dire intouchables sur leurs intentions)québecquois qui se son fait passer pour N.Sarkozy! Ah, ça détend un peu de se moquer de cette s. de Sarah(pardonnez le point, la faute au reste d'influence littéraire de mes juvéniles lectures de Jean Sol Partre) je frémis aux non-accusations de misogynie qui ne se manifesteront pas! Super coup médiatique, on nous annonce où et quand cette interview bidonnée et bidonnante va être diffusée, juste la veille du scrutin ça tombe bien! Puis les commentaires abordent "la possibilité", je cite de mémoire "imaginez que demain matin le citoyen américain se réveille et se dise, mais ce type est noir! je ne vais quand même pas voter pour lui!". Voilà vous savez ce que vous avez a faire si vous voulez pas être traités de racistes! Personne ne se hasarde à penser et encore moins a dire que le "vote noir" pour un sont de fait dans la ligne du Bien
Bernard. (03/11/2008): A Michel.

Vous ironisez sur mon expression la folle de PALIN qui n'est pas de moi. Je me permets de vous signaler tout de m^me que cette personne semble tenir des propos incohérents. Si Monsieur MAC CAIN est élu et qu'il lui arrine malheur - ce monsieur n'est pas tout jeune, c'est Madame PALIN qui prend la suite. Vu les difficultés des Etats Unis et surtout le fait qu'un pays comme le notre est du fait lié avec les USA, la crise que nous vivons le prouve. Voilà la raison pour laquelle j'emploie cette expression.
Cependant je suis reconnaissant à Madame PALIn d'une chose, c'est de ne pas avoir fait avorter sa fille, ce que, peut-être certaines familles française de droite n'auraient pas fait.
michel (03/11/2008): Ah, ce clavier écrivais-je! Bon, j'ai pas pu corriger mes fautes et ce n'était pas fini! Je reprends après "vote noir"...pour "un noir" pourrait être un signe de racisme (mais comme il serait anti blanc, ça ne compte pas voire ça serait même mérité, que justice dit-on donc dans la ligne du Bien!) Autre info, sur les nouvelles technologies employées qui pourraient favoriser des fraudes massives...on comprend que ce ne pourrait être le fait que du camp "des salauds" (ou "des chiens", Jean Sol ne manquait pas de vocabulaire, parlerait-il de "sous-chiens" pour qualifier par exemple le mari nord-amérindien de Mme Palin?), cela rejoint du reste l'avertissement, la mise en garde de Claude à la fin de son 1er billet, sur la volonté du clan Bush Cheney et consort d'employer n'importe quel moyen pour imposer son candidat en confisquant s'il le faut la démocratie! ...Donc, nous sommes prévenus si Mc Cain est élu ce sera la preuve que l'Amérique est toujours raciste et/ou que le résultat a été trafiqué, ça n'est pas possible autrement! Imaginons alors le déferlement d'indignation et de haine à travers le monde! Le rêve d'un nouvel Eden -"we change the world"- le rachat d'une bonne conscience (au prix de la réparation sacrificielle: l'élection d'un Messie Noir "descendant d'esclaves" comme notre maître à tous!?) tout ce bonheur repoussé (seulement, car le droit et la justice finiront par triompher!) à cause de ce peuple à la nuque raide, décidément méprisable!...Finalement on en viendrait à penser de plus en plus fort que les "islachistes" ont raison, les américains pourrissent le monde, ils sont le Mal , les fauteurs de troubles etc.(là, il faudrait un bon psy pour "entendre") Allons, allons ressaisissez-vous, vous n'allez tout de même pas entrainer le monde dans le chaos...Si c'est pas de la menace et du chantage à peine voilé, qu'est-ce que c'est? L'électeur américain a une lourde responsabilité, le pays "le plus puissant du monde" (par son dynamisme créatif et le reste qui s'en suit) va-t-il basculer dans le sens d'une repentence unilatérale des esprits - à l'instar de l'Europe-pour racheter et expier toutes les humiliations que les autres ont subi devant son "arrogante" réussite, croyant ainsi obtenir la paix la fraternité et l'amour?
Je voudrais signaler à votre attention l'article de Gil Mihaély sur le site causeur(d'Elisabeth Lévy) "Mark Twain, l'enfance perdue de l'Amérique" excellent (qui ne se souvient du passage, entre mille intéressant, de la confession de l'esclave en fuite Jim, faite à Huck, sur la gifle énorme qu'il donna à sa fille qu'il croyait désobéissante alors qu'elle était sourde mais ne le savait pas...)et deux films sans manichéisme à (re)voir, "Américan Beauty" de Sam Mendès, et un de David Lynch dont le titre m'échappe-c'est le road movie sur tondeuse à gazon d'un homme vieillissant qui part pour rendre visite à son frére malade et se réconcilier avec lui...
Notre monde change, avec ou sans Obama , transition pour évoquer le dernier livre de Pierre-André Taguieff que j'avoue n'avoir pas encore lu (près de 700p. dont 200 de notes! disait "le monde des livres" du 28/08:08) "La judéophobie des modernes" -métamorphoses de la haine-
Je voudrais dire à Bernard que je suis en effet guêté (au moins) par la possibilité que les qualificatifs dont il me charge soient ou deviennent "vrais", mais je me soigne! Qui ne pourrait comprendre et faire sien le rejet de l'hypochrisie de l'égoïsme etc, mais outre qu'il est plus facile de discerner l'esprit faux chez le voisin que dans son propre jardin, il reste encore la difficulté de résister à l'envie d'éradiquer l'ivraie... A ceux qui auront eu la patience de lire jusqu'au bout, Bien à vous!(sans ironie!)
michel (03/11/2008): @Bernard. Votre réaction s'est insérée entre les deux morceaux (à cause de ma malhabilité) de mon dernier message. Vous avez raison beaucoup de commentateurs ont été plutôt sévère avec S Palin, c'est parcequ'elle est le symbole de la "réaction morale" et de la régression du droit des femmes (entendez à l'avortement) que craignent les courants libéraux/libertaires, intolérable perspective qui justifie qu'elle soit disqualifiée par n'importe quel moyen, l'esprit partisan n'aide pas à équilibrer ses propos (c'est la règle me diriez vous peut être, dans une campagne aux enjeux si importants qu'ils justifient tout les (mauvais)coups pour gagner). Mais il est vrai qu'elle n'a pas beaucoup d'expérience, tout comme Mr Obama dailleurs à qui on ne fait pas autant ce grief. Malgré le dénigrement dont elle est l'objet me semble-t-il (que vous partagez donc en partie) vous lui rendez justice sur un point important ce qui est tout à votre honneur, sans toutefois pouvoir vous empêcher de donner un coup de patte à ceux qui n'ont pas toujours votre droiture!(encore sans ironie!)
Claude N. (04/11/2008): Merci, Michel, les arguments deviennent plus rationnels. Je préfère cela, même si ce n'est pas la panacée universelle. Je ne manquerai pas de consulter vos références mais je crois que je n'y répondrai pas, sous peine de prolonger à l'infini une polémique qui pourrait finir par lasser d'autres lecteurs (dont je regrette d'ailleurs qu'ils ne se manifestent pas davantage).
Je voudrais toutefois clore ce débat, en ce qui me concerne, par une réflexion générale sur le choix des chrétiens en politique. C'est le thème d'un ouvrage célèbre de notre cher Thierry Boutet. Nos quelques échanges ou accrochages dans ce modeste forum prouvent assez combien ce choix, voire cet engagement, sont difficiles. Dans l'exemple américain qui nous occupe, il s'agit grosso modo , d'un point de vue chrétien, de choisir entre d'une part un républicain pro-vie mais partisan d'une politique sociale très dure, voire cruelle, difficilement compatible avec les exigences de justice de notre idéal (cfr Michel Schooyans : "L'Evangile face au désordre mondial" ) et, d'autre part, un candidat démocrate partisan d'une politique sociale plus généreuse mais libertaire en matière de bioéthique, en contradiction flagrante avec les valeurs que nous défendons ici dans la ligne des enseignements pontificaux.
Pour le dire crûment mais clairement, qu'on choisisse l'un ou l'autre, on est, chrétiennement parlant, tout simplement cocu. Le seul choix qui reste consiste à choisir avec qui on veut l'être. Désolé pour Monsieur Boutet mais je n'ai pas trouvé dans son livre de solution à ce lancinant problème. A moins que je l'aie mal lu. Qu'il veuille bien me le pardonner alors et me donner la réponse qui me rassure.
C'est devant ce type de constat que je suis devenu méfiant face à cette dialectique et que je ne puis m'empêcher de me demander à qui elle profite, à force de me dire que ce n'est pas normal. Si vous avez de bons arguments pour me rassurer, n'hésitez pas non plus...
Michel (04/11/2008): Simplement merci à tous les participants pour ces échanges et partages. Cette époque est "vraiment formidable"! (je ne l'ai pas toujours pensé) même si à vue humaine...
Que Dieu vous garde!

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