Vous êtes ici » Accueil

"DEPUIS quelques années, l’opinion est de plus en plus souvent alertée par la violence et la dégradation des comportements à l’école. Les incivilités des élèves s’affichent parfois même dès l’école maternelle. Aujourd’hui, les agressions envers les enseignants sont heureusement fortement dénoncées. Cependant, certaines statistiques font état de chiffres inquiétants qui révèlent que la majorité des violences a lieu entre les élèves, au sein même de l’école.

Un récent avis du Conseil économique, social et environnemental intitulé « l’Éducation civique à l’école » s’est penché sur ce problème. Cet avis préconise une éducation civique dès la maternelle considérant que l’instruction civique qui visait, autrefois, à transmettre des savoirs et des règles de comportement, le reste étant de la compétence des familles, n’est plus en adéquation avec l’évolution de la société.

En effet, l’instabilité des couples, le nombre important de familles monoparentales où le père est absent, les conditions de vie précaires, le chômage, rendent de plus en plus difficile l’éducation des enfants. De plus, l’environnement hypersexualisé et consumériste ainsi que la violence présente sur les écrans sont des facteurs qui contribuent sans aucun doute à la perte des repères et créent la confusion dans l’esprit de bien des jeunes.

En effet, aujourd’hui, de nombreuses familles se sentent démunies et demandent à être secondées par l’école dans leur mission éducative. Les enseignants de leur coté, victimes des incivilités, attendent un soutien fort de la communauté éducative.

L’école devrait pouvoir être en mesure de répondre à ces attentes tout en assurant sa mission prioritaire qui demeure l’instruction et la transmission du savoir.

L’article L. 321-2 du code de l’éducation, stipule : « La mission éducative de l’école maternelle comporte une première approche des outils de base de la connaissance, prépare les enfants aux apprentissages fondamentaux dispensés à l’école élémentaire et leur apprend les principes de la vie en société. »

L’école doit pouvoir devenir, effectivement, ce lieu où sont enseignés les principes de la vie en société, et où l’expérimentation de la vie en commun dans le respect d’autrui trouve toute sa place.

Quelques expériences éducatives basées sur une formation à la communication et aux relations humaines mises en place tant en France qu’au Canada se sont avérées, en ce sens, très prometteuses.

Des enseignants spécialisés, formés à la communication et aux relations humaines et/ou à la communication non-violente, ont réussi à mettre en place des outils et des méthodes pédagogiques favorisant l’apprentissage de la communication relationnelle basée sur l’écoute, la confiance et l’estime de soi, le respect d’autrui, la tolérance et l’ouverture aux autres.

Ces projets innovants ont permis de créer des liens d’estime réciproque entre les élèves et entre les professeurs et leurs élèves au sein d’établissements scolaires qui connaissaient de graves conflits. Les élèves ont appris à se rencontrer, s’écouter, faire tomber leurs craintes et leurs peurs. Ils ont appris à dialoguer et mettre en commun leurs expériences réciproques.

La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École du 23 avril 2005 dans son article 34 ouvre la possibilité d’innover dans le système scolaire, au titre de l’expérimentation.

Aussi, en raison de la place essentielle que tient, aujourd’hui, l’école maternelle dans le système éducatif, apparaît-il important que les maîtres puissent être formés à la communication et aux relations humaines et que des outils pédagogiques adaptés puissent être utilisés non seulement dans les collèges et dans les lycées mais également auprès des très jeunes élèves dès la maternelle.

Ce type d’initiative dont la mise en œuvre demande peu de moyens devrait pouvoir contribuer à la lutte contre les incivilités et les agressions en milieu scolaire tout en favorisant l’intégration des élèves, leur équilibre personnel et leur réussite scolaire."

 

 

***

Commentaires (3)

do (04/10/2009): oui, la maternelle est le bon âge pour éduquer les relations, mais attention, la part de l'affect et du stress dans les relations est très importantes: je constate que, dans mon école maternelle, les enfants qui deviennent agressifs ou opposants sont TRES MAJORITAIREMENT
- des garçons
- qui restent à la cantine
- qui restent en garderie le soir
- et (moins nettement) dont les parents sont divorcés et qui ne voient plus leur père.

Il y aura autre chose que des mots à mettre en œuvre, et en premier, une éducation à la vie affective dès le lycée, voire le collège, pour que les couples qui se formeront puissent remplir leur rôle de parents aussi, car avec 30 élèves par classe, les instits, rarement hommes, ne pourront pas tout rattraper!
cosaque (05/10/2009):
On ferait surtout mieux de redonner de vrais cours d'instruction religieuse obligatoires dans les maternelles et les collèges cathos.
Ils y apprendraient la vraie solidarité, la charité et les bases d'une société saine fondé sur le Bien et le Mal...

L'Education civique, en collège où j'enseigne, est un pitoyable ersatz républicain de la morale chrétienne. Son seul but : éduquer de futurs "citoyens" complètement relativistes, dont le dogme est l'égalité.

Bref, une religion laïque...
A de Chantérac (05/10/2009): Entre les parents qu'on n'ose pas encore reéduquer, et les enfants qu'on essaye d'embrigader dès la maternelle...On attend les réactions des chantres des droitsdel'homme

L’espace « commentaire » est exclusivement ouvert au débat. Les commentaires contenant des attaques personnelles, des propos discourtois ou des éléments publicitaires sans valeur ajoutée au thème de la discussion ne seront pas retenus par le modérateur.

busy