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Si ce devait être le cas, cet instant ne serait pas le fruit du hasard mais un signe : au cœur de cette année placée sous le patronage de saint Paul, nous célébrerons la clôture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens ce dimanche 25 janvier, jour où est précisément fêtée la conversion de l’apôtre des nations.

Avant que la bronca prévisible n’étouffe toute réflexion et n’entrave l’accueil filial que l’on doit aux décisions du Saint-Père, ne faut-il pas se placer d’abord dans la perspective qui est la sienne, celle d’une priorité absolue donnée à la recherche de l’unité ?

« Nul n’est de trop dans l’Église »


Dans son discours aux évêques de France rassemblés à Lourdes le 15 septembre dernier, à propos précisément de la dissidence intégriste, Benoît XVI a invité chacun à rechercher « des solutions satisfaisantes pour tous afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Église » !

Si « l’unité est d’abord un don du Seigneur », comme il l’a rappelé dans sa catéchèse de mercredi dernier, il n’en reste pas moins qu’elle passe « par une conversion du cœur de chacun », et que cette conversion s’exprime par des actes concrets, fussent-ils unilatéraux. Après avoir libéralisé l’usage du rite latin « extraordinaire » par le motu proprio Summorum pontificum du 7 juillet 2007, Benoît XVI en donne de nouveau l’exemple, allant aussi loin que lui permet son pouvoir de juridiction sur l’Église, pour que puisse enfin se déployer, autant qu’il est possible, le dialogue nécessaire sur les questions théologiques et ecclésiologiques qui font l’objet du désaccord.

Paul VI et le patriarche de Constantinople Athénagoras Ier n’avaient-ils pas amorcé le dialogue œcuménique entre catholiques et orthodoxes en commençant par lever les excommunications réciproques sans attendre un plein accord dont on sait la route longue et difficile ?

Du point de vue humain et politique enfin, deux considérations méritent réflexion.

Tout d’abord le changement de génération en cours : celle qui a vécu la rupture et dont les blessures sont plus ou moins mal cicatrisées, a aussi été celle de la théorisation du conflit ; le dialogue était donc difficile. Avec la nouvelle génération, les perceptions étant plus apaisées et les frontières souvent plus floues, la question de l’unité peut être abordée plus sereinement. Faut-il prendre le risque de laisser se creuser une division qui serait considérée comme irréversible et dont les perspectives de sortie s’estomperaient au fil du temps qui passe ?

Ensuite, les clivages internes de la communauté lefebvriste et les questions que pose sa survie étant notoires, ne convient-il pas de « donner du grain à moudre » à ceux qui, en son sein, sont réellement disposés à rechercher la communion ?
La suite est dans les mains du Seigneur : il ne dispense jamais ses grâces en vain.




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Commentaires (15)

Dominique Marie Vernet (24/01/2009): En 1988 il y a eu un acte public de Mgr Lefèbvre qui a transgressé une norme canonique dont le but est d'expliciter la réalité ecclésiale de la communion, notamment avec le successeur de Pierre.
Quel est le désaveu donné à cette transgression ?
L'interprétation selon laquelle Jean-Paul II a eu tort d'excommunier les partisans d'une ordination épiscopale opérée sans mandat pontifical est plausible.
Cependant le Saint-Père sait bien que sa décision sera respectée même par ceux qui n'en saisissent pas le bien-fondé
Raspitoune (24/01/2009): L'unité suppose un minimum d'acceptation de la diversité. Tant pis pour la "prévisible bronca" de ceux qui ne veulent voir midi qu'à leur porte.
Silouane (24/01/2009): Notre merveilleux Saint-Père, dans un ardent désir d'unité, est prêt à laver les pieds de Mgr Fellay et de ceux qui le suivent, à eux qui continuent penser avoir raison contre lui sur la façon dont l'Esprit-Saint conduit l'Eglise, et le regardent d'autant plus haut. Permettez-moi de l'admirer ,lui.
katia (24/01/2009): Merci Silouane pour ce précieux commentaire!! Tout est dit!!
petiprince (24/01/2009): Merci Trés Saint Père pour cet acte d'Amour filial. Merci d'accueillir le fils prodigue les bras ouverts et souriant. La haine ne résout pas les problèmes, seul l'Amour permet de voir et de comprendre l'autre, comme nous l'a montré Jésus, mort sur la Croix par Amour pour le Genre Humain.
Dominique Marie Vernet (24/01/2009): "On espère que ce pas sera suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l'Eglise, de toute la Fraternité de Saint Pie X, témoignant ainsi de la vraie fidélité et de la vraie reconnaissance du Magistère et de l'Autorité du Pape avec la preuve de l'unité visible.
En vertu des facultés qui m'ont été expressément accordées par le Saint Père Benoît XVI, en vertu du présent décret, je remets aux évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta la levée de l'excommunication latae sententiae décrétée par cette Congrégation le 1er juillet 1988, et je déclare privé d'effet juridique, à partir de ce jour, le Décret émis à l'époque."
Rome, de la Congrégation pour les évêques, 21 janvier 2009.
Card. Giovanni Battista Re
Préfet de la Congrégation pour les évêques
(texte du décret de levée de la censure canonique)

FdL (25/01/2009): C'est fait ! Je me demande qui regarde qui "de haut" ?
Le commentaire de Mgr Fellay est clair : il remercie notamment d'être "invité à s'expliquer" au cours des colloques que le Saint Père a déclarés nécessaires.
Si les discussions sont franches et loyales, nul doute que l'unité de fond n'apparaisse au grand jour.
Antoine (25/01/2009): Oui notre Saint Père est admirable. Il fait un geste d'unité. Alors à son exemple ne soyons pas semeurs de division.
Icks PEY (25/01/2009): Par cette levée de leur excommunication, Benoit XVI joue à un jeu dangereux : il espère amener les intégristes à la discussion et à un ralliement, au moins partiel, aux orientations doctrinales de Vatican II.
Je me demande dans quelle mesure cela ne sera pas contreproductif et ne renforcera les intégristes dans leurs convictions de détenir la seule et unique Vérité.
Icks PEY
PS.
Petit anecdote qui datait d'avant Benoit XVI : un intégriste vous affirme, la main droite sur le coeur, qu'il respecte profondément la personne du Pape et qu'il prie pour lui. Il prie pour lui, certes, mais surtout pour qu'il se convertisse !
Didier (26/01/2009): je suis très heureux d'entendre les medias français (en particulier radio-tv) de se préoccuper avec autant d'intérêt des affaires intérieures de l'Eglise de Rome... Malheureusement, je doute que ce soit dans un esprit d'apaisement.
Quant à certains catholiques, ils feraient bien de relire leur catéchisme (je parle de la dernière édition approuvée par Jean-Paul II) où il est question en particulier de l'infaillibilité de L'Eglise et de l'infaillibilité personnelle du Pape. Cela devrait impliquer de leur part obéissance et humilité... Il était question d'Unité aussi ces derniers jours...
Vive le Pape !
Dominique Marie Vernet (27/01/2009): Cher Didier,
je n'ai pas relu pour la circonstance le catéchisme de l'Église catholique.
Cependant, une mesure d'excommunication, tout comme une mesure de relève de l'excommunication, ne mettent en jeu ni l'une ni l'autre l'infaillibilité de l'Église ou du pape. Ce sont des mesures pratiques qui mettent en œuvre le service d'autorité de l'Église, non pas dans la ligne de la doctrine, mais dans celle de la conduite pratique. On ne parle pas d'infaillibilité dans ce domaine.
« Et alors qu'après tous ces bienfaits et beaucoup d'autres (création, Loi et prophètes etc.), nous nous obstinions dans la désobéissance, Dieu ne s'est pas détourné de nous » (Saint Basile le Grand, Règle). Le Saint-Père agit de même.
Bien amicalement.
Chesnel (27/01/2009): En France, il y a des croyants et des pratiquants. M'est avis qu'il y a des ignorants et des connaissants leur foi. Le catholique n'obéit pas à un Pape en particulier, mais à l'enseignement "des" Papes. Ainsi, un Pape ne peut prendre un point de vue opposé aux autres qui l'ont précédé puisqu'il est un "gardien" d'un dépôt révélé. Vous tous qui prenez l'Eglise comme un parti politique où l'on pense blanc un jour et noir le lendemain, devriez simplement condirérer ce fait, l'Eglise n'est pas un parti politique et, comme disait un cardinal à Napoléon, elle survit même aux clercs !
Encore bravo pour ceux qui réagissent en qulques instants à tout événment (ce que personne ne nous demande). Pas besoin de recul, pas besoin de laisser le temps nous montrer les fruits de l'arbre pour juger. Vraiment bravo pour votre science et votre jugement. Moi, pour ma part, je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais pas grand chose à part cela :1/ ne pas juger l'arbre avant d'avoir vu ses fruits (patience ...), 2/ ne pas me prendre pour Dieu qui Seul peut séparer le bon grain de l'ivraie (et le fera au bon moment, soyez en sûr), et enfin 3/ pardonner plutôt que condamner de façon à n'être pas jugé moi-même plus durement que cela. En ces temps de crise (financière) , n'est ce pas un excellent placement sur l'Eternité ?
Jacques (27/01/2009): Cette nouvelle doit nous réjouir sans réserve. L'attitude de la FSSPX a été très positive. Faisons confiance dans ce choix du St Père qui est sans aucun doute inspiré par l'Esprit Saint. Je crois que la discussion n'en sera que plus apaisée par la suite. Et puis ne cachons pas notre joie de voir entrer 500 prètres en général jeunes et bien formés dans l'Eglise (ils en étaient tout de même pas si loin avant).
Dominique Marie Vernet (27/01/2009): Cher Chesnel,
je ne comprends pas pourquoi vous dites qu'on n'obéit pas à un pape en particulier: il me semble que la doctrine de foi définie au concile Vatican I affirme que le pape a la juridiction suprême dans l'Église, et donc que les chrétiens sont supposés obéir à ses ordres, non?
Pour le reste, je suis bien d'accord.
Ruben Pradier (29/01/2009): Vive le Pape,le Saint Pere Benoit XVI est un homme de Dieu qui nous a ete done pour ces temps difficilles de l'Eglise ,merci Segneur .Je sais que beaucoup des clercs de par ici vont ruspeter ,ne aimeront pas cette nouvelle mais tant pis ,je fais reference au clerge "progresiste"qui des bout des levres disent etre fideles au Pape mais par le dessus ils se revoltent ,torpillent tout ce que vient de Rome,le Vatican .Dans mon diocesce par exemple on croirait que il n'y a pas de Pape dans l'Eglise .Mais dieu est en control ,Dieu soit loue.
Ruben

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