Claude Berruer, adjoint au Secrétaire Général de l'Enseignement Catholique dresse le bilan pour libertepolitique.com des questions relatives à l'éducation à la veille des élections présidentielles. A cette occasion, il explique le principe d'autonomie qui régit l'enseignement sous contrat avec l'Etat.
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Le discours de monsieur Berruer symbolise parfaitement le discours des responsables de l'enseignement catholique en France depuis très longtemps (toujours ?). Ici tout est édulcoré et tiède. Rien sur l'essentiel. On ne parle que de moyens et de cadre juridique dans un verbiage éloigné de la réalité. Il s'agit d'abord d'une démarche d'autosatisfacton. Tout cela est sans intérêt. Vous en doutez ? Alors prenez le projet éducatif d'un établissement public et le projet d'un établissement catholique. Cherchez ensuite une différence significative. Si vous en trouvez une, alors tentez de vérifier sur le terrain ce qu'il en est réellement. Monsieur Berruer est sans aucun doute persuadé que la mission de l'enseignement catholique entre pleinement dans une mission d'Eglise. Il oublie quelques paramètres : les parents ne choisissent pas l'enseignement catholique pour les aider à accompagner leur enfant sur le chemin de vérité et de vie annoncé par le Christ. Ils le choisissent pour ses qualités d'encadrement, sa relative sélection socio-économique, ses résultats normatifs. Concernant les enseignants, ils ne sont que quelques uns à choisir l'école catholique pour des raisons spirituelles. Il suffit de voir le très dérisoire pourcentage des enseignants souhaitant participer aux propositions pastorales liées au caractère propre pour se rendre compte que si nous sommes à n'en pas douter sur le marché du travail, nous sommes loin d'une mission d'Eglise. Enfin, il suffit de pénétrer au sein des associations scolaires des établissements catholiques comme au sein des conseils de direction de ces mêmes établissements pour mesurer l'écart qui existe entre une simple mission d'éducation nationale et une véritable mission d'Eglise. On forme les futurs chefs d'établissement certes en les sensibilisant aux dimensions financières, pédagogiques, juridiques, dimensions nécessaires au développement pérenne des écoles. Malheureusement ce choix est dévitalisé. La dimension pastorale, quand elle n'a pas été exclue de la réflexion, est évoquée en périphérie. Les intentions de monsieur Berruer sont en apparence louables mais elle sont éloignées des enjeux de notre société. Dans le monde actuel avoir pour objectif de respecter les exigences programmatiques dictées par le ministère de l'Education nationale nous éloigne de notre mission d'Eglise. Entre une conception marxisante des programmes d'histoire ou de sciences économiques et les analyses anthropologiques perverses de la théorie du genre, l'étau se resserre. On peut se flatter que l'enseignement catholique essaie d'ouvrir ses portes au plus grand nombre mais pour quel projet anthropologique, philosophique, spirituel ? La véritable question que nous devons nous poser est la suivante : dans le monde actuel, l'école catholique sous contrat est-elle encore une école catholique ?
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