Italie

Les réjouissances qui ont salué le départ de Berlusconi et l’arrivée de Mario Monti entouré dans son gouvernement de nombreux chrétiens risquent d’être de courte durée, crise oblige. Un sujet délicat, l’immigration, risque aussi de diviser rapidement les italiens.

Il a été lancé par Giorgio Napolitano, le Président de la République élu en 2006. Agé de 86 ans, ancien député, c’est le premier homme politique issu de l'ancien Parti communiste italien à avoir accédé à cette fonction.

A peine avait-il installé Mario Monti que le Président italien a exalté dans un discours « aux nouveaux italiens » les mérites de l’immigration comme « une grande source d’espérance ». Sans le million de jeunes étrangers a-t-il déclaré « notre pays serait nettement plus vieux et aurait une moindre capacité de développement ». Il s’est réjoui que « au cours des 20 dernières années, entre 1991 et 2011, le nombre des résidents étrangers en Italie ait été multiplié par douze », et a regretté qu’ils ne soient pas plus nombreux.

Il souhaite donc que la loi italienne accorde le « droit du sol » comme en France aux enfants d’étrangers nés en Italie et espère qu’à l’occasion du changement de gouvernement le parlement examine cette question. Il a même encouragé le nouveau ministre de la Coopération internationale et de l’intégration sociale, Andrea Riccardi, fondateur de la communauté catholique Sant’Egidio, à envisager cette réforme.

Celui-ci vient de lui répondre dans l’hebdomadaire Famiglia Cristiana : « les étrangers rajeunissent le pays. Un mineur sur cinq est étranger. Et ce n’est qu’un aspect de leur apport à l’Italie. L’économie bénéficie de leur activité, si bien que 70% d’entre eux sont clients d’établissements de crédit »

Des déclarations relayées par les démocrates-chrétiens et la gauche. Ainsi, d’après Dario Franeschini, président du groupe parlementaire du Parti Démocrate, une loi instaurant le droit du sol « pourrait être adoptée par la Chambre d’ici Noël ». Seule la Ligue du Nord refuse pour le moment un changement de la loi. Pour Roberto Calderoli, la Ligue est prête à s’y opposer de toutes ses forces, quitte «à dresser des barricades à la fois au Parlement et dans la rue ». A suivre.

 

Source : Novopress.info