C’était l’événement de la semaine. Une « grande conférence sociale » réunissant autour du gouvernement syndicats et patronat pour aborder les projets de réforme et tenter de pacifier les futurs débats. Au programme, l'emploi, les licenciements boursiers, le financement de la Sécurité sociale et les retraites.
Un pacte social à la française ?
Avec cet événement marquant du début de son quinquennat, M. Hollande « prétend faire de la démocratie sociale une arme contre la crise. Rude défi ! » analyse Le Monde dans son éditorial du 9 juillet :
"« M. Hollande, qui a démontré un vrai talent à la tête du Parti socialiste pour la recherche de la synthèse, veut imposer une culture du compromis. L'exercice risque d'être plus délicat qu'au PS. Confiant, il veut trouver un "bon équilibre entre efficacité, compétitivité et la solidarité et la justice sociale". »
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Mais la France est-elle capable d’intégrer cette culture du compromis ? Rien n’est moins sûr !
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« Une grand-messe sociale, sous M. Hollande comme sous M. Sarkozy, est d'abord un jeu de rôle, analyse le quotidien. Le patronat est obsédé par la baisse du coût du travail, les syndicats par une meilleure protection des salariés. La crise, sur fond d'envolée du chômage et des inégalités, requiert davantage de solidarité. Mais la priorité à la réduction de l'endettement, qu'on l'appelle "rigueur " ou "effort", n'offre que très peu de marge de manœuvre.
Face à la gravité de la crise, il faudrait inventer un pacte social à la française, un compromis gagnant-gagnant, par exemple autour d'une flexisécurité, comme cela se pratique en Europe du Nord. (…) Mais les partenaires sociaux sont rétifs au consensus. (…) A défaut de pacte social, M. Hollande rêve d'un printemps de la démocratie sociale. [Mais il] ne parle plus aujourd'hui que d'inscrire dans la Constitution le principe selon lequel tout texte de loi sociale devra être précédé d'une concertation. Le compromis social est une longue marche. »
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Clôture : Jean-Marc Ayrault fait ses annonces
La grande conférence sociale fera donc date car elle implique un changement de méthode. Là dessus tous les commentateurs s’entendent. Mais qu’en ressort-il ?
Les Echos ont salué le discours de clôture du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, soulignant qu’il « ressemblait fort à une déclaration de politique générale. Elle était même, à beaucoup d'égards, plus précise que celle prononcée devant les parlementaires la semaine dernière ».
Autrement dit, la feuille de route du gouvernement se précise petit à petit et avec elle, les nouvelles mesures concrètes des prochains 18 mois.
"« Parmi les nombreux sujets abordés, le gouvernement assume désormais de reprendre le chantier du financement de la protection sociale, lancé dans les derniers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy. (…) Deuxième chantier, celui des retraites. Enfin, l'emploi reste "la priorité" affichée de l'exécutif. Le gouvernement "invite" les partenaires sociaux à négocier sur "une meilleure sécurisation de l'emploi". Mais Laurence Parisot a été très marrie d'entendre le Premier ministre indiquer que la négociation compétitivité-emploi n'était "plus à l'ordre du jour" et qu'un "acte II de la négociation sur le marché du travail" n'était pas son "état d'esprit" »
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De ce bilan, deux mesures frappent les esprits.
Hausse de la CSG
D’abord l’annonce du gouvernement d’une possible hausse de la CSG pour financer la Sécurité Sociale. Cela n’a pas été annoncé en ces termes mais Le Figaro confirme que ce scénario est envisagé et à l’étude : « Selon nos informations écrit Cécile Crouzel, l'exécutif étudie bel et bien l'hypothèse d'une hausse de la CSG. Il faut dire qu'un point de CSG rapporte plus de 10 milliards. »
Les accords compétitivité-emploi
Autre point, les fameux accords « compétitivité emploi » à l’étude par le précédent gouvernement et que Jean-Marc Ayrault souhaiterait abandonner au grand damne du Médef. C’est en tout cas la version officielle de cette fin de conférence car en réalité, si on étudie attentivement « la feuille de route sociale » diffusée récemment à la suite de la conférence, on peut y lire page 9 que :
"« le gouvernement justifie l'ouverture de la négociation sur les conditions d'une meilleure sécurisation de l'emploi par "un volet relatif à l'accompagnement des mutations économiques, en vue de se doter par le dialogue social de leviers plus efficaces de maintien de l'emploi et de l'activité dans les entreprises rencontrant des difficultés conjoncturelles et ayant besoin d'adaptations (activité partielle, maintien de l'activité et de l'emploi, recours à la formation...)..." Bref la définition exacte, sans en prononcer le mot, des accords compétitivité emploi ! » révèle Marc Landré sur son blog « Les dessous du social »
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Autrement dit, la grand-messe sociale du président Hollande est aujourd’hui finie mais il est encore trop tôt pour juger de son efficacité et en dresser le bilan définitif. Le vrai but de cette manifestation est de faciliter les accords et les négociations à venir du gouvernement lorsqu’il commencera son travail de réforme. Pour l’heure, le gouvernement Ayrault multiplie les effets d’annonces et donne l’impression du changement plus qu’il n’opère de véritables réformes. L’heure est au verbiage du côté de la majorité tandis que la France réclame des actions urgentes. Quand Jean-Marc Ayrault cessera ses discours et commencera réellement à réformer, alors seulement nous pourrons juger de l’efficacité de la méthode Hollande !









