Politique
Beaucoup d’entre nous souffrent personnellement de cette infirmité. Nous faisons énormément de projets, nous en mettons beaucoup en chantier, et nous ne parvenons à en mener à terme que quelques-uns. Nous sommes comme ces gourmands qui remplissent leur assiette à ras bord, puis en laissent la moitié, incapables d’avaler tout ce qu’ils convoitaient.
Voilà dix-huit ans que ça dure. Chacune des lois touchant à l’organisation des collectivités locales contient des dispositions tendant à vider de leur substance les communes, petites et grandes. Faute de pouvoir rayer d’un trait de plume ces entités millénaires (certaines datent de la période La Tène III [1]), la technocratie, ambitieuse de les « réduire » comme les légions romaines voulaient réduire la dissidence des villages gaulois, leur fait une guerre d’usure, profitant de chacune des réformes pour avancer ses pions.
La mission parlementaire sur le voile intégral a rendu son rapport le 26 janvier. Elle recommande de bannir le port du voile islamique intégral des administrations, des hôpitaux et des transports publics. La classe politique est divisée : certains élus réclament une loi d’interdiction, et une interdiction étendue à tout l’espace public. La République en danger doit-elle se sauver en statuant sur ce qui est religieusement acceptable ?
Quelques jours avant l’ouverture de la conférence de Copenhague, les ultra-écologistes de Greenpeace ont défié les institutions démocratiques en manifestant au sein même de l’Assemblée nationale. Cette propension à l’outrance ne sert sûrement pas la cause du respect de la nature, mais montre à quoi peut conduire l’extrémisme écologique.
Les affaires qui ont perturbé la rentrée, le procès Clearstream, le projet de placer Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, les confidences de Frédéric Mitterrand, semblent s’apaiser, au moins provisoirement. Beaucoup de Français auraient volontiers passé au gouvernement ces soubresauts s’ils avaient eu le sentiment que le coche allait dans la bonne direction, que d’authentiques et utiles réformes étaient en préparation. Or la présente rentrée parlementaire est loin d’offrir une telle perspective.



