Afrique
« Les Chinois gagnent tous les marchés, ils sont moins chers, ils construisent à l’heure... », a déclaré Bernard Kouchner devant l’Association de la presse diplomatique, la semaine passée. Et le ministre propose « une politique commune, certainement des Français et des Anglais. Et pourquoi pas y ajouter les Portugais et les Belges, les anciennes puissances coloniales et aussi les Américains » pour résister à la concurrence économique chinoise, particulièrement sensible sur les marchés africains.
L’assemblée spéciale du synode des évêques pour l’Afrique s’est conclue samedi 24 octobre par la remise au Saint-Père de 57 propositions à partir desquelles Benoît XVI rédigera un document destiné non seulement à l’Afrique mais à l’Église universelle. Les thèmes du Synode : « Réconciliation, paix et justice en Afrique », concernent en premier lieu les Africains mais aussi les chrétiens du monde entier et la communauté internationale.
Sans doute les moralistes — qui sont toujours légion dès qu’il s’agit de l’Afrique — trouveront beaucoup à redire à l’évocation du président Bongo, le dernier des dinosaures africains de la mouvance française : une démocratie approximative, la disparition suspecte de quelques opposants — et même d’un amant de sa première femme ! —, des frasques tarifées un peu voyantes, un enrichissement personnel fabuleux, d’autant plus facile que le Gabon s’avéra très vite regorger de pétrole, etc.
Il n’est pas, dit-on, politiquement correct d’effectuer une lecture ethnique des événements politiques. On ne voit pourtant pas comment l’éviter s’agissant de l’Afrique du Sud. Ne nous a-on pas assez dit, après tout, combien l’élection d’un métis à la présidence des États-Unis était supposée représenter une révolution ?
L’un des objectifs du voyage de Benoît XVI au Cameroun était de remettre aux évêques l’Instrumentum laboris, c’est-à-dire le document sur la base duquel se réunira l’assemblée synodale du 4 au 25 octobre prochain.



