Le fil
Église
Mgr Marc Aillet critique la politique de santé publique
30 Juillet 2010
L’évêque de Bayonne s’interroge sur la politique de santé publique du gouvernement quand le ministre de la santé, Roselyne Bachelot, fait ouvertement la promotion de l’avortement. Dans un communiqué, il s’interroge : « Les mots « santé » et « soins » auraient-ils désormais un nouveau sens ? »
Communiqué de Mgr Marc Aillet :
Quelle politique de santé publique en France ?
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a multiplié ces dernières semaines les déclarations abruptes et intempestives qui manifestent clairement de sa part la volonté de promouvoir en France l'avortement, que le concile Vatican II a dénoncé comme « un crime abominable » [1].
Mme Bachelot, qui est à l'origine du relèvement en mars 2010 du forfait de l'IVG au profit des médecins qui pratiquent l'avortement, entend faire de l'accès des femmes à l'avortement l'une de ses principales priorités [2]. Elle ose affirmer que l'avortement n'est pas un mal nécessaire [3] et n'hésite pas à présenter « l'offre de soins » en matière d'IVG [4], c'est-à -dire le nombre d'avortements pratiqués, comme un critère essentiel d'évaluation des Agences régionales de santé [5].
Cette politique est d'autant plus surprenante que le nombre d'avortements est particulièrement important en France (où le taux d'IVG est, par exemple, deux fois plus élevé qu'en Allemagne) ; elle est d'autant plus incompréhensible que les femmes françaises sont 86% à considérer que « l'IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre » comme elles sont 83% à penser que la société devrait « davantage les aider à éviter le recours à l'IVG » (sondage IFOP-Alliance pour les Droits de la Vie du 4 mars 2010)...
Par ailleurs, Mme Bachelot qui se targue d'avoir interdit, au nom de la protection de la jeunesse, la vente d'alcool et de cigarettes aux mineurs, vient de se prononcer en faveur de la mise en place expérimentale, en France, de salles d'injection (pudiquement appelés « centres de consommation supervisés ») pour accueillir les toxicomanes et leur permettre de se droguer « proprement » !
Nombreux sont donc nos concitoyens, et plus particulièrement les professionnels de la santé, qui s'inquiètent des orientations, des dérives et des incohérences actuelles de la politique de la santé publique en France. Les mots « santé » et « soins » auraient-ils désormais un nouveau sens ?
Dans ces conditions, sans doute est-il plus nécessaire que jamais que les chrétiens et les hommes conscients de leurs responsabilités puissent s'engager sur le terrain de la vie sociale, politique, associative et culturelle pour promouvoir une « culture de la vie » respectueuse de la vie et de la dignité de tous.
Le 26 juillet 2010,
+ Marc Aillet
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron,
président de l'Académie diocésaine pour la Vie.
Â
[1] Constitution Gaudium et spes, 51, §3
[2] Cf. sa déclaration du 4 mai dernier lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
[3] Cf. son discours du 15 juin dernier au Sénat : « l'IVG est présentée comme un mal nécessaire. Je ne m'associe pas à cette présentation négative »...
[4] Cf. Interview pour le journal 20Minutes « L'IVG doit être une composante obligatoire de l'offre de soin », 28 janvier 2010.
[5] Le 24 juin dernier, au Sénat.
Â
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Commentaires (17)
L'enquête de l'IFOP révèle ce que nous pressentions, la majorité des femmes souhaitent une alternative à l'IVG. Dans ce contexte la position de madame Bachelot ne peut-elle être qualifiée de faute politique?
Il faudrait que nos évêques de France imitent tous Mgr Aillet, que je remercie vivement.
Elles était déjà la seule de son parti (à l'époque l'UNR, sauf erreur à voter pour le PACS.Depuis, ses positions en faveur de tous les lobbys de la culture de mort n'ont fait que s'accentuer, malheureusement sans vraie réaction.
Il est donc vivement souhaitable qu'elle ne fasse plus partie du Gouvernement lors de la discussion prochaine des lois bioéthiques.Mais ce n'est pas gagné car il semble qu'elle dispose d'appuis tels qu'elle soit quasi-inamovible.Et ce serait pour cela qu'elle "en remet une couche actuellement"
Jusque là , les plus hautes instances ecclésiastiques(précisions disponibles), les associations concernées (AFC...) ...ont tenu, à peu près le discours suivant "dormez braves gens", nous avons rencontré le ministre, les députés,le Président de la commission...qui nous ont tous bien compris...Heureusement quelques organisations telles que "l'Alliance pour les Droits de la Vie", ou la Fondation Jerome Lejeune ont réagi sans pouvoir néanmoins créer un mouvement d'opinion, ni soutenir d'un côté les oeuvres admirables présentant une alternative à l'avortement (Magnificat et d'autres..) ou les soins palliatifs pour éviter l'euthanasie...
Donc merci Monseigneur et je suis d'accord avec les précédents."N'ayez pas peur"!Mobilisons nous par rassemblements, pétitions,parole...Soyons visibles audibles, clairs et positifs sans violence.
Bonjour,
je vais dans le sens des précédents témoignages.
Mme BACHELOT, comme de trop nombreux politiques sont des idéologues et des incompétents. Ou pire, ils pratiquent le clientélisme à outrance et sont convaincus en flattant le peuple dans le sens de ses bassesses qu'ils seront réélus., Il n'y a que cela qui les intéresse: Débarrassons nous de cette chienlit en faisant nous même de la politique à tous les échelons ; Cela a aussi été écrit par les intervenants.
Bravo l'Evêque!
Pas d`acheteurs pas de vendeurs.
Perdu les milliards engendre par ce trafic ignoble
Les évêques sont-ils au moins en mesure d'en parler entre eux (à Lourdes par exemple) pour réfléchir aux moyens d'agir ? Puisqu'ils sont au contact du terrain, ne sont-ils pas au courant des ravages de l'IVG dans les couples et les familles ? Pourquoi cette auto-censure ? Qu'avons-nous vraiment à perdre au point où nous en sommes ? 220 000 IVG, ça interpelle moins que des expulsions de Roms ? Pourquoi ? Est-ce que la critique de la politique IVG, ce serait trop connoté à droite et ça pourrait déplaire dans les presbytères où l'on vote plutôt à gauche ? Les évêques craindraient-ils le feu croisé des médias et de certains de leurs prêtres ? Mais alors, où en sont ces prêtres à propos de l'Evangile de la Vie ? Est-ce que pour eux, c'est de l' "idéologie", comme l'écrivait dans son blog un curé bordelais pour dénoncer la récente Marche pour la vie organisée dans la ville en ajoutant qu'il était "favorable à la loi IVG" ? Est-ce que les catholiques vont enfin cesser d'être tétanisés par le Planning familial sous le prétexte fallacieux que nous serions tous de dangeureux abolitionnistes, alors que l'urgence du moment, ce n'est pas d'abolir la loi IVG (qui y songe sérieusement ?) mais d'offrir un autre choix à un maximum de femmes pour rendre le recours à l'IVG sans objet ?
L'exemple du traitement infligé aux Roms montre que lorsque l'épiscopat est décidé à parler avec unité et détermination, on l'entend 5 sur 5 au plus haut niveau et les médias sont obligés d'en tenir compte. Si les cathos sont minoritaires dans le pays, la voix de l'Eglise est bien celle de la conscience nationale, quoi qu'on en dise. Elle parle d'au-delà des jeux de pouvoir comme l'a encore rappelé le cardinal Vingt-Trois après son entrevue avec le ministre de l'intérieur. Et aucun organisme laïque, même de la meilleure constitution comme Alliance pour les droits de la vie, ne peut porter à la place des évêques une parole d'Eglise aux Français. C'est toute la différence qu'il y a entre une excellente communication, celle d'ADV, et une Parole de vérité, celle qui ne peut venir que de l'Eglise et de ses pasteurs.
Eux seuls ont donc l'autorité morale pour demander que la politique en matière d'IVG soit mise à l'ordre du jour. Non pas pour condamner ou dogmatiser ; mais pour inviter les responsables politiques, de droite comme de gauche, à regarder en face le bilan de 35 ans de politique abortive. Est-ce qu'on peut se contenter du "programme Bachelot" qui consiste à mieux payer les actes d'IVG ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider davantage de femmes et notamment de jeunes femmes à éviter de tomber dans le piège de l'IVG ? Pour repenser toute l'action de sensibilisation auprès des jeunes en milieu scolaire ? C'est tout de même plus important que, même, la réduction de l'endettement national, non ?
Sortir du silence, c'est déjà s'engager vers la solution du problème, tous ensemble.




Il faudrait que la FSP et les autres assoc réagissent enfin en lançant par exemple 1 pétition contyre la politique de "santé" de Mme Bachelot!!!