Le fil
Église
Grande-Bretagne : polémique après les critiques du pape
5 Février 2010
Mgr Vincent Nichols, président de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles a confirmé officiellement la venue de Benoît XVI en Grande-Bretagne en septembre prochain. Alors que cette visite constitue pour le prélat « un bon exercice de collaboration et de partenariat entre le gouvernement, l’Église catholique et l’Église anglicane », une polémique a éclaté après que le pape ait critiqué certaines dispositions de la nouvelle législation sur l’égalité, l’Equality Bill, qui concerne notamment la non-discrimination en matière de croyances et d’orientation sexuelle.
Les Églises catholique et protestante britanniques redoutent en effet que cette « loi sur l’égalité », actuellement débattue au Parlement, les contraignent à embaucher des homosexuels ou des transsexuels parmi leur personnel laïc comme par exemple des enseignants.
Devant les évêques reçus en visite ad limina, le pape a donc relevé que certaines dispositions de cette législation destinée à atteindre l’égalité « impose d’injustes limitations à la liberté de communautés religieuses d’agir en accord avec leurs (propres) croyances ». Il estime que sous certains aspects, « en effet, elle viole la loi naturelle sur laquelle est fondée l’égalité de tous les êtres humains et par laquelle elle est garantie ».
Par ailleurs, le pape a incité les évêques présents à s’assurer que l’enseignement moral de l’Eglise soit toujours présenté dans son intégralité et qu’il soit défendu de façon convaincante. Il leur a demandé de continuer à insister sur leur droit à participer au débat national dans un dialogue respectueux avec les autres éléments de la société. Il leur a également demandé de parler d’une seule voix – évêques, prêtres, enseignants, catéchistes, écrivains, etc. – dans ces matières.
Il n’en fallait pas plus pour que la presse s’indigne de cette intervention pontificale, qualifiée par exemple par The Telegraph d’« intervention sans précédent dans la politique britannique ». Le gouvernement a indiqué que les parties litigieuses de l’Equality Bill allaient être abandonnées. Selon The Telegraph, au 10 Downing Street, « on a pris note de l’intervention du pape ».
Cela n’a pas empêché de nombreuses associations laïcistes comme l’Association humaniste britannique, de voir dans les déclarations de Benoît XV une « attaque contre les valeurs modernes, libérales » et « une autre raison pour laquelle nous nous opposerons à la visite du pape au Royaume-Uni ». La National Secular Society accuse le pape de faire « la promotion de la discrimination », et refuse que le contribuable paie « 20 millions de livres sterling » pour cette visite, estimant que « c’est à l’Église catholique de prendre en charge la visite de son chef ».
Pour sa part, le Premier ministre Gordon Brown a déclaré qu’il respectait le pape et que faire des commentaires serait « inapproprié », a rapporté la BBC. Selon le porte-parole officiel du Premier ministre, Gordon Brown a une « immense admiration et du respect » pour le souverain pontife.
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[Sources : Apic, Imedia, Zenit]
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Commentaires (8)
Cum grano salis:
L'Eglise a besoin de Constantin
Et donc pour être cohérent, Chaque fois qu'un chef d'Etat fait une visite dans un pays,on devrait donc faire supporter les frais au pays en question ou aux emmigrés du pays en question. La prochaine visite de Sarkosy en G-B devrait donc être payée par la France ou les français emmigrés en G-B.
Et ainsi de suite.
La mauvaise foi de cette argumentation est hallucinante.
D'accord aussi sur l'Eglise bientôt asservie et ses futurs martyrs. Depuis l'introduction sournoise par l'ONU des "Nouveaux Droits de l'Homme" (rien à voir avec la charte de 1948, cfr : http://perso.infonie.be/le.feu/ms/cfr/hn0300.pdf) d'une part, et des diverses lois nationales "antidiscriminatoires" d'autre part - deux innovations récentes basées sur l'égalitarisme qui nous occupe - l'Eglise et les Ecritures sont déjà dans l'illégalité ! L'arsenal juridique est en place, il ne reste plus qu'à qu'à le mettre en action. Nous assistons déjà aux premières escarmouches, comme dans la "drôle de guerre". A quand l'offensive générale ?
(commutative ou distributive) comme par rapport à la double nature de l'homme (égale en dignité essentielle et différente en ses manifestations naturelles). Cela les mettrait fort mal à l'aise car leur milieu de prédilection est celui de la confusion, de la semi-vérité, de l'omission et de tout ce qui touche à l'ombre, à la pénombre ou à l'obscurité. En remettant le langage à la place qu'il mérite, celle de la clarté, nous aurions tout à gagner et rien à perdre. Qu'attendons-nous donc pour le faire ?




Dans la controverse, pour ne pas dire la guerre, évoquée dans cet article, c'est une civilisation entière qui est en jeu. Et je ne parle pas ici d'un choc célèbre entre le judéo-christianisme et l'islam (fausse question suscitée par l'islamisme) mais entre le monothéisme personnaliste et le néo-panthéisme collectiviste. L'égalité égalitariste est un facteur puissant de déliquescence de la société libre et démocratique et il est plus que temps qu'on en dénonce la fausse vertu. La force de l'adversaire est dans son mensonge et notre faiblesse dans son ignorance.