Le fil
Église
Levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie-X
26 Janvier 2009
Décret du cardinal Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, à la demande des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X qui ont sollicité le Saint-Père pour la levée de l’excommunication Latae Sententiae.
Dans cette lettre, monseigneur Fellay affirme, entre autre : « Nous sommes toujours fermement déterminés dans notre volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l’Eglise de Notre Seigneur Jésus Christ, qui est l’Eglise catholique romaine. Nous acceptons son enseignement dans un esprit filial. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives, et c’est pour cela même que nous souffrons tant de l’actuelle situation. »
Sa Sainteté Benoît XVI - sensible comme le serait un père au malaise spirituel manifesté par les intéressés à cause de la sanction d’excommunication, et confiant en leur volonté, exprimée dans la lettre citée auparavant, de ne ménager aucun effort pour approfondir, via des colloques nécessaires avec les autorités du Saint Siège, les questions qui restent en suspens afin de pouvoir parvenir rapidement une pleine et satisfaisante solution au problème qui s’est posé à l’origine - a décidé de reconsidérer la situation canonique des évêques, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta qui avait suivi leur consécration épiscopale.
Avec cet acte on désire consolider les relations réciproques de confiance, intensifier et stabiliser les rapports de la Fraternité Saint Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, veut être aussi une preuve pour promouvoir l’unité dans la charité de l’Eglise universelle et arriver à supprimer le scandale de la division.
On espère que ce pas sera suivi de réalisation rapide de la pleine communion avec l’Eglise de toute la Fraternité de Saint Pie X, témoignant ainsi de la vraie fidélité et de la vraie reconnaissance du Magistère et de l’Autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible.
En vertu des facultés accordées par le Saint Père Benoît XVI, en vertu du présent décret, je remets aux évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta la levée de l’excommunication latae sententiae décrétée par cette Congrégation le 1er juillet 1988, et je déclare privé d’effet juridique, à partir de ce jour, le Décret émis à l’époque.
Rome, de la Congrégation pour les évêques, 21 janvier 2009
+ Cardinal Giovanni Battista Re
Préfet de la Congrégation pour les évêques
***
Commentaires (5)
Aristote (27/01/2009):
La FSSPX, ce n'est pas ma tasse de thé. Que son fondateur en ait été réduit à ordonner quelqu'un comme Williamson en dit long. Il reste que si Dieu avait "géré" son Alliance avec l'humanité, comme on voudrait que Benoît XVI gère un "contrat" avec la FSSPX, donnant-donnant, m'est avis que nous serions mal.
Il est aussi piquant de voir, dans certains cercles catholiques qui protestent contre la levée des excommunications, les mêmes demander instamment à Israël de négocier avec le Hamas ! Et Le Monde défendre le principe de l'excommunication !
Comprenne qui pourra.
Bien à vous.
Il est aussi piquant de voir, dans certains cercles catholiques qui protestent contre la levée des excommunications, les mêmes demander instamment à Israël de négocier avec le Hamas ! Et Le Monde défendre le principe de l'excommunication !
Comprenne qui pourra.
Bien à vous.
Père Robert CULAT (28/01/2009):
L'une des évolutions majeures de l'Eglise avec Vatican II c'est sa manière de concevoir son rapport avec le monde (cf. GAUDIUM ET SPES). Et c'est sur ce point que la conversion des mentalités "intégristes" va être certainement très difficile. Car la notion d'ouverture au monde (bien comprise) n'est pas une lubie post-conciliaire inventée par les méchants progressistes. Elle émane des textes du Concile lui-même. Qui veut comprendre le véritable esprit du Concile pourra se référer avec grand profit à la magnifique lettre encyclique sur l'Eglise que Paul VI a écrite en 1964, un an avant la fin du Concile: ECCLESIAM SUAM.
En voilà un extrait significatif:
« Il est clair que les rapports entre l’Eglise et le monde peuvent prendre de multiples aspects, différents les uns des autres. Théoriquement parlant, l’Eglise pourrait se proposer de réduire ces rapports au minimum, en cherchant à se retrancher du commerce avec la société profane ; comme elle pourrait se proposer de relever les maux qui peuvent s’y rencontrer, prononcer contre eux des anathèmes et susciter contre eux des croisades ; elle pourrait au contraire se rapprocher de la société profane au point de chercher à prendre sur elle une influence prépondérante, ou même à y exercer un pouvoir théocratique , et ainsi de suite. Il nous semble au contraire que le rapport de l’Eglise avec le monde, sans se fermer à d’autres formes légitimes, peut mieux s’exprimer sous la forme d’un dialogue, et d’un dialogue non pas toujours le même, mais adapté au caractère de l’interlocuteur et aux circonstances de fait (autre est en effet le dialogue avec un enfant et autre avec un adulte ; autre avec un croyant et autre avec un non croyant). Ceci est suggéré par l’habitude désormais répandue de concevoir ainsi les relations entre le sacré et le profane, par le dynamisme qui transforme la société moderne, par le pluralisme de ses manifestations, ainsi que par la maturité de l’homme, religieux ou non, rendu apte par l’éducation et la culture à penser, à parler, à soutenir dignement un dialogue."
C'est sur ce genre de textes du magistère (c'est une encyclique pontificale) que les "intégristes" risquent bien de ne rien céder, tant pour eux ce genre d'ouverture sent l'hérésie et le modernisme... Ils rêvent seulement de rétablir la chrétienté en France, oubliant le principe évangélique de distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Ce sont bien souvent davantage des politiciens que des prédicateurs de l'Evangile.
En voilà un extrait significatif:
« Il est clair que les rapports entre l’Eglise et le monde peuvent prendre de multiples aspects, différents les uns des autres. Théoriquement parlant, l’Eglise pourrait se proposer de réduire ces rapports au minimum, en cherchant à se retrancher du commerce avec la société profane ; comme elle pourrait se proposer de relever les maux qui peuvent s’y rencontrer, prononcer contre eux des anathèmes et susciter contre eux des croisades ; elle pourrait au contraire se rapprocher de la société profane au point de chercher à prendre sur elle une influence prépondérante, ou même à y exercer un pouvoir théocratique , et ainsi de suite. Il nous semble au contraire que le rapport de l’Eglise avec le monde, sans se fermer à d’autres formes légitimes, peut mieux s’exprimer sous la forme d’un dialogue, et d’un dialogue non pas toujours le même, mais adapté au caractère de l’interlocuteur et aux circonstances de fait (autre est en effet le dialogue avec un enfant et autre avec un adulte ; autre avec un croyant et autre avec un non croyant). Ceci est suggéré par l’habitude désormais répandue de concevoir ainsi les relations entre le sacré et le profane, par le dynamisme qui transforme la société moderne, par le pluralisme de ses manifestations, ainsi que par la maturité de l’homme, religieux ou non, rendu apte par l’éducation et la culture à penser, à parler, à soutenir dignement un dialogue."
C'est sur ce genre de textes du magistère (c'est une encyclique pontificale) que les "intégristes" risquent bien de ne rien céder, tant pour eux ce genre d'ouverture sent l'hérésie et le modernisme... Ils rêvent seulement de rétablir la chrétienté en France, oubliant le principe évangélique de distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Ce sont bien souvent davantage des politiciens que des prédicateurs de l'Evangile.
Francis de Cock (31/01/2009):
Pourquoi cette aggressivité vis à vis des traditionnalistes qui ont été considérés pendant de nombreuses années comme des pestiférés par les militants du modernisme dans l'Eglise?
Est-il si difficile de chercher la paix en oubliant la bagarre politique qui n'a rien à faire dans la vie de l'Eglise sauf quand l'Ennemi, le Malin s'en mèle?
Essayons donc de participer à la convalescence encore mal assurée de l'Eglise. Et réjouissons nous sans restrictions mentales du don qui nous est fait aujourd'hui d'un grand pape.
Est-il si difficile de chercher la paix en oubliant la bagarre politique qui n'a rien à faire dans la vie de l'Eglise sauf quand l'Ennemi, le Malin s'en mèle?
Essayons donc de participer à la convalescence encore mal assurée de l'Eglise. Et réjouissons nous sans restrictions mentales du don qui nous est fait aujourd'hui d'un grand pape.




Et il va même plus loin puisqu'il proclame fidélité à feu Mgr Lefebvre en espérant sa prompte réhabilitation (même source).
Cette levée d'excommunication ressemble donc fortement à un contrat de dupe.