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Drogue : débat sur les salles de consommation "supervisées"

30 Juillet 2010

Le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé lundi 26 juillet, lors de la conférence internationale sur le Sida, « une concertation avec tous les partenaires concernés et notamment les collectivités locales » sur l'opportunité d'ouvrir des salles de consommation de drogue « supervisées ».

A Marseille, l’ouverture d’une de ces salles où les drogués pourraient s'injecter des produits sous supervision de personnel de santé en est au « stade de la réflexion », a annoncé le Dr Patrick Padovani, adjoint au maire de la cité phocéenne, chargé notamment de la toxicomanie et du Sida.

Ces « shoot room », ou « salle de consommation de drogue à moindre risque », aurait un seul objectif : encadrer la consommation afin de réduire les risques et les nuisances. Le projet vise à mettre en place, comme cela à déjà été fait en Europe par la Suisse, les Pays-Bas, l'Espagne, le Luxembourg et l'Allemagne, des lieux où les toxicomanes seraient accueillis par un personnel adapté (médical et social) et où leur serait fourni un matériel sûr (seringue, aiguille…) — excepté la drogue... tout de même (mais si celle-ci est interdite ?).

L’objectif est de renouer le lien nécessaire entre la population des toxicomanes très marginalisée et le système de santé dont ils se sont souvent coupés. Ainsi, l’Etat espère réduire les cas d’infections du VIH ou d’hépatites et rendre plus aisées les demandes de sevrage.

Un projet fascinant et des objectifs louables en théorie, mais dont certains pointent déjà l'illusion ou la faute majeure. Le député Véronique Besse (MPF-Vendée) dénonce dans un projet non seulement dangereux mais également « trompeur et irresponsable ».

Pour elle, la volonté de mettre en place ces salles de consommation qui « autorise chacun à se détruire en silence », envoie des signaux contraires à la politique de prévention qui est celle de la France depuis plusieurs années. Elle juge que « ce discours permissif de la part d'un ministre de la Santé ruine le travail quotidien de prévention réalisé auprès des jeunes par des professionnels ». Le député craint en effet que l’ouverture de ces piqueries entraîne « la légalisation et l'explosion de la consommation », comme cela a été le cas dans les pays qui pratiquent cette formule.

« Le fait de se droguer dans un local aseptisé ne rend pas la drogue plus douce et moins nocive » rappelle-t-elle. Aussi, plutôt que d'inciter les jeunes à « se droguer proprement », Véronique Besse préconise de renforcer la prévention auprès des personnes fragiles.



[Sources : Véronique Besse, AFP]


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Commentaires (2)

Jean (31/07/2010): Il ne faut pas amalgamer les concepts de lieu d'accueil, lieu d'écoute et celui de "pîquerie" qui pourrait se transfomer en lieu de vente, d'achat et de consommation de produits prohibés.
Le premier avantage apparent de la pîquerie est dans un premier temps celui de cacher la misère des drogués qui dans certaines rues des villes attendent le passage du "dealer" et dérangent résidents et commerçants par leur présence "inquiétante", le deuxième est celui de leur permettre de se piquer avec des seringues propres et de l'eau du robinet.
Il faut constater sur place plutôt qu'accepter la "réalité médiatique" de ce qui se pratique dans les pays donnés en exemple.
marie (31/07/2010): Les "shoot room" ça fait penser aux maisons closes.
On laisse les gens mourir loin du regard des "gens bien".
Quel solitude.
On peut construire des murs immenses, c'est ça qui va résoudre les problèmes.

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