Le fil
France
La cocaïne et l’héroïne se banalisent
5 Février 2010
Dans un rapport publié jeudi 5 février, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) observe le retour de l'héroïne et la diffusion toujours plus large de la cocaïne.
L'héroïne se fait de plus en plus présente sur la « scène festive » indique l’OFDT, et ses consommateurs ne sont plus seulement des habitants des villes. Les héroïnomanes sont de plus en plus jeunes et de moins en moins marginaux, entendre : « bien insérés socialement ».
La consommation s'accompagne de plus en plus souvent de surdoses, dans 45% des cas en 2007, contre 29% en 2004. Selon l'enquête, réalisée entre 2007 et 2009 dans sept villes de France auprès de populations beaucoup plus consommatrices de drogues que la population générale d’âge équivalent, les consommateurs semblent de moins en moins avertis sur les dangers de cette drogue.
La cocaïne touche aussi désormais tous les milieux sociaux. Les consommateurs sont issus des quartiers populaires et des banlieues périphériques qui jusqu’alors ne consommaient que du cannabis. Le mode de consommation évolue lui aussi : non seulement « sniffée », la cocaïne se fume maintenant comme une cigarette ou un joint, ce qui favorise sa banalisation.
Si la drogue se consommait principalement dans les grandes villes, son usage se déplace désormais « vers des quartiers péri-urbains (voire ruraux) ». D’après le Journal du dimanche qui commente l’enquête, « le gramme d'héroïne n'a pas augmenté, à 45 euros en moyenne, alors que celui de cocaïne se veut de plus en plus cher (65 euros). Le prix du gramme de résine de cannabis ne change pas, à 5 euros, alors que celui de l’herbe augmente (10 euros). Le prix de l’ecstasy n’a pas évolué (5 euros l’unité) alors que le gramme d’amphétamine a baissé (15 euros) ».
L’Internet favorise aussi la démocratisation du deal entre vendeurs et consommateurs, notamment dans la distribution de nouvelles molécules, uniquement accessible sur la toile.
[Sources : OFDT, JDD]
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