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Avortement : l’ADV dénonce l'aveuglement français

2 Février 2010

Le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur l'évaluation de la loi du 4 juillet 2001 relative à l'IVG et à la contraception, a été remis ce mardi au ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Ce rapport constate des "inégalités territoriales dans la prise en charge de l'IVG" et "un manque d'information sur la sexualité et la contraception". L’Alliance pour les droits de la vie dénonce « un rapport consternant par son conformisme dans ses constats comme dans ses préconisations ».

Roselyne Bachelot a réagi aux conclusions de l’IGAS en annonçant vouloir « mettre le paquet » en milieu scolaire sur l'information sur les moyens de contraception et la sexualité et d'une manière générale « améliorer l'accès » à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Pour l’Alliance pour les droits de la vie, il est paradoxal de constater qu’un organisme censé aborder les problématiques sociales, occulte totalement le drame social de l’IVG, ce que l’expérience de ses services d’écoute ne cesse de confirmer.

Les sondages officiels ont montré que (sondage BVA 2005 auprès de 1000 femmes) de multiples pressions pèsent sur les femmes enceintes dans le sens de l’avortement : 83% d’entre elles estiment que la société devrait « davantage les aider à éviter le recours à l’IVG », et 86% des femmes estiment que « l’IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre ».

L’IGAS se borne à constater une nouvelle fois le paradoxe contraceptif français : la généralisation de la contraception (record mondial pour la France) n’a pas fait baisser le recours à l’avortement : 72% des femmes qui recourent à l’IVG étaient sous contraception.

Les réponses imaginées par l’IGAS pour prévenir l’IVG sont malheureusement celles qui ont fait la preuve de leur inefficacité :

  • toujours plus de contraception et de campagnes pour la promouvoir alors qu’elles se sont avérées inefficaces ;
  • toujours plus d’interventions en milieu scolaire banalisant la relation sexuelle précoce, sans mettre en valeur les dimensions d’affectivité et de responsabilité ;
  • la multiplication des prescripteurs de l’IVG et sa revalorisation tarifaire.


Comment persister à parler de « difficulté d’accès à l’IVG », demande l’ADV, quand on avorte de plus en plus tôt, de plus en plus souvent (près de 40% des Françaises y auront recours selon l’INED) et 2 fois plus qu’en Allemagne chaque année (14,7 IVG pour 1 000 femmes en âge de procréer en France contre 6,5 pour 1 000 en Allemagne selon l’OMS) ?

Comment prétendre aborder ce sujet sans donner la parole aux femmes qui souffrent d’avoir subi l’avortement et qui auraient aimé trouver une autre issue, lorsqu’elles étaient enceintes ?

L’ADV observe que l’IGAS, qui a auditionné exclusivement les acteurs de l’IVG et les militants se présentant comme experts, s’est privée d’une source essentielle d’information sur les réelles difficultés éprouvées par les femmes enceintes :

  • suppression de l’entretien préalable en 2001,
  • effacement des propositions alternatives à l’IVG dans le livret remis aux femmes,
  • précipitation des décisions d’avortement médicamenteux (49% des IVG en 2007),
  • pression sociale accrue dissuadant de poursuivre une grossesse qui n’a pas été « programmée ».

 

Pour l’Alliance, « il est temps d’écouter une autre voix que celle du Mouvement français pour le Planning Familial qui revendique l’avortement sans limite au point de le promouvoir dans le métro. En parvenant à nouveau à étouffer le vrai débat, on ne rend pas service aux femmes. L’urgence est d’aider les femmes enceintes à éviter l’IVG ».

Très pratiquement, l’Alliance pour les droits de la vie demande que soient ajoutées aux livrets remis aux femmes enceintes en difficulté 1/ la liste des aides rendant possible une alternative à l’IVG, 2/ une information sur les vraies conséquences de l’avortement  et 3/ des précisions sur les droits des femmes enceintes, notamment en matière d’emploi, de logement, de protection face à toute violence ou pression conjugale ou familiale.



[Source : ADV, www.adv.org, ministère de la Santé]

Le rapport de l'Igas "sur les politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des IVG"

 

 

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Commentaires (2)

Stan (05/02/2010): En complément signer la pétition "Appel à Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé : Il est temps d’aider les femmes à éviter l’IVG"
http://www.auxlarmescitoyennes.org/

jean-philippe wagner (06/02/2010): On ne peut que déplorer la très lourde responsabilité du corps médical français dans la promotion et le développement de la culture de mort dans notre pays. Au nom d'intérêts mercantiles et d'un alignement idéologique déplorable, les mieux placés pour incarner une résistance éthique au rouleau compresseur du tout IVG se sont au contraire comportés en collaborateurs, voire en véritables complices. Ils devront un jour en répondre, lorque les coeurs et les esprits se seront enfin ouverts à ce qui constitue sans doute la plus grande catastrophe sanitaire de tous les temps.

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