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Devant l'Assemblée nationale, 90 gisants contre l’euthanasie (mis à jour)

19 Novembre 2009

Couchés aux pieds d’une seringue géante, devant l’Assemblée nationale, 90 membres de l’Alliance pour les Droits de la Vie ont manifesté silencieusement, jeudi 19 novembre 2009, au moment où devait commencer le débat autour de la proposition de loi socialiste visant à légaliser l’euthanasie. Mais le gouvernement ayant demandé la réserve du vote, celui-ci a été reporté au  mardi 24 novembre. Les députés socialistes, à l'initiative du texte, ont quitté l'hémicycle pour protester contre la décision du gouvernement.

Sur les panneaux de l'ADV, on pouvait lire le rappel de quatre arguments clés du débat :

  • « Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie » : c’est la posture de la loi Leonetti de 2005, votée à l’unanimité, que soutient l’association ;
  • « Priorité aux soins palliatifs » : c’est la troisième voie, française, qui évite les deux dérives que sont l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie ;
  • « Euthanasie mort indigne » : parler de « mort douce » ou de « mort dans la dignité », c’est ignorer la violence de la piqûre létale, alors que l’interdit du meurtre, spécialement des plus vulnérables, est fondateur de toute démocratie ;
  • « Solidarité de fin de vie » : il ne s’agit pas aujourd’hui du seul débat d’idées mais d’un défi pour toute la société : l’Alliance pour les Droits de la Vie propose 10 idées solidaires pour accompagner et aider concrètement les personnes gravement dépendantes ou malades (voir les 10 idées sur le site www.fautpaspousser.com).


Pour Tugdual Derville,

« c’est bien sûr un sujet très intime, et en même temps complètement politique puisque, on le sait bien, plus qu’un choix individuel, c’est un choix de société : soit nous donnons le signe aux personnes très vulnérables qu’elles ont toute leur place parmi nous, soit nous leur laissons entendre que leur vie ne vaut pas la peine d’être  vécue. Derrière la demande d’un droit de mourir, la question posée est en réalité : y aura-t-il quelqu’un pour me trouver encore digne d’être soigné, d’être aimé, quand je serai très âgé, dépendant, ou malade ? ».  


L’Alliance pour les Droits de la Vie a lancé le 6 novembre 2009 dans 180 villes de France et sur Internet (www.fautpaspousser.com) une campagne pour s’opposer à la légalisation de l’euthanasie. L’Appel de son président Xavier Mirabel aux responsables des partis politiques a déjà été signé par plus de 42 000 personnes. Il demande que soit préservé l'interdit du meurtre, comme élément fondateur de notre démocratie.

Par son service d’aide SOS fin de vie, l’association accompagne et conseille les personnes concernées par l’épreuve de la maladie grave et de la fin de vie.



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Commentaires (3)

Cheber (24/11/2009): Les propos que je viens de lire me rappellent d'autres "gisants" couchés devant l'Assemblée Nationale lors du vote sur l'IVG en 1975. C'était les mêmes intolérants déchaînés. Que vous soyez contre l'euthanasie volontaire, imposée à personne d'ailleurs, c'est votre droit. Mais n'imposez pas vos idées à ceux qui pensent autrement que vous. C'est cela la vraie tolérance.
Moi, je veux la liberté du choix lorsque je serai en fin de vie. Ma dernière liberté, je n'autorise personne à me la voler et c'est pour cela qu'il faut une loi d'encadrement afin d'éviter les 10.000 euthanasies clandestines pratiquées chaque année dans les établissements hospitaliers !
Michel Nouaille-Degorce (25/11/2009): Libre à chacun de mettre fin à ses jours, mais qu'on ne demande pas à la loi d'autoriser le meurtre de qui que ce soit. De proche en proche, où irions-nous?
Cazau (28/11/2009): En quoi celui qui manifeste pour s'opposer à l'euthanasie est-il moins tolérant que celui qui agit pour légaliser l'euthanasie ?
Tous les assassins agissent clandestinement ; est-ce une raison suffisante pour créer une loi qui permet le meurtre ?

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