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L’Est européen au secours des crucifix italiens

23 Juillet 2010

Les crucifix italiens sont soutenus par les pays d’Europe centrale et de l’Est. La bataille de l'identité européenne change de visage. C’est ce qui ressort d’une analyse  de l’ECLJ (European centre for law and justice) qui fait le point sur l’affaire Lautsi.

Alors que l’Italie a fait appel de sa condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) devant la Grande Chambre de la Cour de Strasbourg, appel entendu le 30 juin dernier (cf. notre analyse, Décryptage, 25 juin 2010), on attend ce nouveau jugement pour l’automne. La précédente condamnation reposait sur le motif que la présence des crucifix dans les salles de classe d’écoles publiques violerait les « droits de l’homme » et plus précisément la liberté de conviction des parents d’élèves et leur droit à ce que leurs enfants reçoivent un enseignement conforme à leurs convictions philosophiques.

Pour l’ECLJ, ce « conflit oppose les partisans de la sécularisation complète de la société et les tenants d’une Europe ouverte et fidèle à son identité profonde ». Pour son directeur, Grégor Puppinck, « la Cour affirme dans l’arrêt Lautsi qu’une société, pour être démocratique, doit renoncer à son identité religieuse : c’est du pur sécularisme ».

Mais le point de vue de la CEDH n’est pas partagé par tous. A la suite du premier jugement, l’Italie avait bénéficié du soutien de dix pays « tiers intervenants » (amicus curiae) qui avaient chacun adressé à la Cour un mémoire écrit l’invitant à revenir sur sa première décision : l’Arménie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Lituanie, Malte, Monaco, la Roumanie, la Fédération de Russie et Saint-Marin.

Ces oays ont été rejoints par les gouvernements de l’Albanie, de l’Autriche, de la Croatie, de la Hongrie, de la Moldavie, de la Pologne, de la Serbie, de la Slovaquie et de l’Ukraine pour réclamer que les identités et traditions religieuses nationales soient respectées, a fortiori quand cette identité religieuse est à la source des valeurs et de l’unité européennes.

Fait remarquable, cette coalition regroupe presque toute l’Europe centrale et orientale. Ce phénomène met en lumière une division de l’Europe sur la conception de son identité et de ses racines. Si l’Ouest a depuis longtemps pris le parti de la sécularisation, et donc de la « déchristianisation », ce n’est pas le cas de l’Est qui, passé le cap de la démocratisation, s’installe dans un mouvement de réaffirmation identitaire en s’appuyant notamment sur le catholicisme, plus largement sur le christianisme. Le poumon oriental de l'Europe s’oppose à l’Ouest dans l’affaire Lautsi, pour la défense de la culture chrétienne et d’une juste conception de la liberté religieuse.

Une dynamique d’Est en Ouest qui met en échec les théoriciens de l’unité européenne qui parlent plus souvent de « conquête de l’Est ». Un fait que ne manque pas de souligner Grégor Puppinck : « Manifestement, les défenseurs de la liberté face au matérialisme ne sont plus là où ils étaient. »

En tout, c’est donc une vingtaine de pays (moins de la moitié du Conseil de l’Europe qui regroupe 47 pays membres) qui se sont exprimés en faveur de l’Italie, et ont réaffirmé la légitimité particulière du christianisme dans la société et l’identité européenne. L’ECLJ, optimiste, n’hésite cependant pas à déclarer : « Si, juridiquement, l’Italie n’a pas encore gagné, politiquement, elle a de fait déjà remporté une victoire magistrale. »

[AB, source : ECLJ, Zenit]

 

 

Sur ce sujet :

Les crucifix italiens devant le gouvernement des juges, Décryptage, 25 juin

 

 

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Commentaires (6)

LeSerbe (23/07/2010): Hummm catholique ? Je ne pense pas que la Russie, la Serbie, La Grèce, la Roumanie et la Bulgarie soit des pays Catholiques :) mais plutôt orthodoxe ;) 
LeSerbe (23/07/2010): Ni l'Arménie et Chypre :)
Michel (24/07/2010): On ne peut que regretter (mais sans étonnement…) que la "fille aînée de l'Eglise" n'ait pas jugé bon de se joindre aux pays de l'est.
Philippe (25/07/2010): A nos jours, nous voyons exactement l'impact religieux que devait entraîner l'assassinat de l'archiduc Ferdinand II à Sarayevo en 1914. C'est assassinat, comploté par les réseaux Franc-maçon, avait pour objectif de supprimer de la carte l'empire Ostro-Hongrois, alors beaucoup trop chrétien, dans le but d'édifier une Europe non chrétienne et ce, par la dissolution de l'Autriche-Hongrie. La sécularisation de l'Europe en est la conséquence attendue !

Philippe

Clemente (26/07/2010): Le Crucifix dans les écoles pose effectivement un problème. Pourquoi pas la présence concomitante d'un signe se rapportant à la religion musulmane, religion importante dans notre Pays ? Et d'ailleurs le son de cloche des Eglises n'est pas encore un autre signe conflictuel, montrant entre autre notre origine chrétienne ?

J'ai peur que ces problèmes vont être soulevés à l'avenir et d'autant plus que cette origine chrétienne n'est pas acceptée par certains politiciens de gauche comme de droite.

Cependant, nous sommes bien obligés de reconnaître avec toute objectivité que nous sommes soumis continuellement à tout type de pression philosophique, du matin au soir. Une fois ce sera la radio et ensuite à leur tour : la TV, les journaux, les différents mouvements pour la défense de ......

Et alors ce problème des libertés à respecter, celles qui ne vont pas contre la liberté des autres, semble bien artificiel sans des règles bien précises. Pour l'instant on a l'impression que la lutte pour les libertés soit orientée clairement contre l'Eglise et toute forme religieuse. Les lois sur la burqa et les différents types de voiles, peuvent paraître comme des signes des manifestations antireligieuses et par conséquent, aussi et surtout, antichrétienne.
Christian (27/07/2010): L'absence d'une référence aux origines chrétiennes de l'Europe dans le préambule de la constitution européenne trouve ici une application concrète : éradiquer toute référence chrétienne de la société.
Je crois très important de ne pas se démobiliser face à cette entreprise car, sans faire de paranoïa pro-catholique, il s'agit bien d'un processus visant à la sécularisation la plus complète possible de la société, quitte à se couper de toute racine culturelle et historique.
A quand la suppression des références religieuses et chrétiennes dans l'apprentissage de l'histoire, de la musique, de la littérature, de l'histoire de l'art, etc. ?

Reste que, en démobilisant les chrétiens, puisque moins de 7% des baptisés français pratiquent régulièrement, depuis une génération au moins, la Chrétienté se trouve bien affaiblie pour mener ce genre de combat qui, n'en déplaise à certains, ne relève pas seulement du Vatican et des instances religieuses, mais plutôt d'un mouvement laïque chrétien.
Tant que nous n'aurons pas compris et entrepris une vraie croisade pour faire revenir les "chrétiens du seuil" en utilisant des moyens qui ne relèvent pas seulement de l'habituelle pastorale, et que nous ne voudrons pas accepter réellement que l'Eglise est aussi un mouvement de civilisation et de culture, il est peu probable que nous puissions nous opposer avec succès à ce processus de déstabilisation de l'Eglise.
A ne vouloir considérer que la foi et ceux qui s'en prévalent (autrement-dit de ne prêcher que pour les convaincus comme c'est aujourd'hui le cas), l'Eglise se sectarise, perd de son autorité et de sa dimension civilisatrice.
Elle devient alors d’autant plus vulnérable…

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