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Irak : Benoît XVI demande le respect des droits des chrétiens

25 Février 2010

De nouvelles violences anti-chrétiennes ont été perpétrées à Mossoul, dénonce Radio Vatican. Un père et ses deux fils, syro-catholiques, ont été assassinés à leur domicile. Ces trois meurtres portent à huit le nombre des chrétiens tués au cours des dix derniers jours dans cette ville au nord de Bagdad. Les évêques de Mossoul condamnent avec Benoît VI ces actes qui "minent l'espérance".

 

Les évêques dénoncent expressément l’assassinat de personnes pacifiques ainsi qu’« un plan prémédité de pression sur les Églises chrétiennes » à la veille des élections générales. En effet, tous les efforts des chefs religieux de la ville, chrétiens et musulmans, n’ont pas réussi à faire cesser les violences contre les chrétiens : « Nous demandons au gouvernement de Mossoul et au gouvernement central à Bagdad d’assumer leurs pleines responsabilités, d’œuvrer à la sécurité des citoyens, spécialement des minorités chrétiennes, qui sont les plus vulnérables et les plus pacifiques. Nous exigeons que les hommes du gouvernement respectent la loi. Nous demandons que les gouvernements ne gaspillent pas leur force dans des luttes partisanes pour le pouvoir et pour l’hégémonie », mais que « les actions criminelles soient poursuivies et que ceux qui ordonnent et exécutent les violences soient conduits devant la justice ».

Dans le même sens, la population chrétienne proteste contre le gouverneur qui avait promis une enquête. Ses forces militaires n’ont finalement pas été employées à la recherche des responsables. Cette attitude commune pousse de plus en plus les familles chrétiennes de Mossoul à quitter la ville. Dans cette situation dramatique, l'Eglise irakienne a annoncé différentes initiatives. Mgr Georges Casmoussa, archevêque syro-catholique de Mossoul, fait état de la réunion d'un « conseil des Eglises de Ninive », composé d'évêques catholiques et orthodoxes, au cours duquel ils ont décidé que le dimanche suivant, en protestation, ils ne célébreront pas la messe dans les églises de la ville de Mossoul, et lanceront ainsi un message au gouvernement ». Des moments de prière seront organisés.

Pour Mgr Casmoussa, « les autorités doivent assumer la pleine responsabilité pour sauvegarder la présence chrétienne à Mossoul. Nous avons besoin d’une intervention internationale pour pousser le gouvernement central et local à agir immédiatement ».

Même si le 7 mars ont lieu les élections générales, la question de la sécurité des chrétiens en Irak n’est pas une question politique. Mgr Warduni ajoute : « Nous voulons que tous participent aux élections, parce que c'est un droit et un devoir pour nous tous, si nous voulons vraiment construire notre pays. Il faut élire les personnes capables d’instaurer la paix et la sécurité en Irak sans égards de la religion, des partis ou des ethnies. Nous demandons donc de ne pas politiser la question des chrétiens, parce que nous sommes avec tous ceux qui veulent le bien de l'Irak, qui veulent construire l'Irak. »

Mgr Casmoussa fait aussi observer que « dans toutes les élections il y a des problèmes, mais pas au point de tuer les gens et en particulier les chrétiens : les chrétiens sont tués non pas pour des raisons politiques, mais parce qu'ils sont chrétiens ».

L’Irak sans les chrétiens ?

Les violences répétées à Mossoul font croire que les chrétiens n’y sont pas désirés. Pourtant, les chrétiens ont directement participé à l’édification de la ville : ils ont contribué de façon féconde à l’art, la culture, la pensée, la créativité, ainsi qu’à l’économie. Ils sont reconnus de tous comme « des éléments pacifiques et constructifs de la société. Est-ce donc de cette manière que nous sommes récompensés ? Par une mise au ban de la ville, par une marginalisation dans la vie publique, par l’expulsion de nos terres ? Le sang de nos enfants, le sang de nos évêques et de nos prêtres continuera-t-il à être versé impunément, sans aucune recherche des assassins ? L’État restera-t-il indifférent ? ».

Mgr Warduni répond : « Il manquerait certainement une bonne partie du pays, à la fois pour sa culture et pour la civilisation, mais aussi pour le bien commun, parce que aimer les autres, ce n'est pas si facile. Promouvoir l'unité de tous, ce n'est pas facile. Nous semons cet esprit d'amour et d'unité ». Le Premier ministre Nouri Kamil Mohammed al-Maliki avait assuré le cardinal secrétaire d'Etat, Tarcisio Bertone, que le gouvernement envisagerait « très sérieusement la situation de la minorité chrétienne qui vit depuis tant de siècles aux côtés de la majorité musulmane, en contribuant de façon très importante au bien-être économique, culturel et social de la Nation ».

Dans l'Osservatore Romano du 25 février 2010, Benoît XVI exprime sa « douleur profonde » à la nouvelle de la mort de chrétiens tués en Irak. Il dit sa « proximité » par la « prière » et son « affection » à ceux qui souffrent des conséquences de la violence. Le cardinal Bertone a pour sa part attiré l'attention du Premier ministre al-Maliki sur les violences dont souffrent les chrétiens d'Irak, dans une lettre du 2 janvier dernier, publiée aujourd'hui par le quotidien du Vatican. A.C.

[Sources : Fides, L'Osservatore Romano, Radio Vatican, Zenit]

 

Voir aussi :
Irak : les persécutions chrétiennes s’intensifient (Le Fil, 16 février 2010)

 

 

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