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Le Fil de la semaine

27 Juin 2008

Les effets indésirables de la maternité à tous prix ; Le lobby gay, toujours mobilisé ; Les statuts du Chemin néo-catéchuménal approuvés… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.

FRANCE
Être femme sans être mère
Ségolène Royal à la Gay-Pride
Divorce sans notaire
Lobby gay : le match Bachelot-Morano

INTERNATIONAL
Le martyre des coptes

ÉGLISE
Scouts d’Europe : nouvelle équipe
La Fondation d’Auteuil accueille Benoît XVI
Ars : le cardinal Poupard ordonne des frères de St Jean
Approbation pour le Néo-Catéchuménat


L’actualité romaine avec Génération-BenoîtXVI.comSemaine précédente


FRANCE

Être femme sans être mère

■ Une étude de l’INED intitulée « De la pilule au bébé-éprouvette. Choix individuels ou stratégies médicales ? » vient de paraître. Psychosociologue à l'Inserm, Annie Bachelot commente ses résultats dans Le Monde du 25 juin. On apprend ainsi que la prise en charge médicale de l'infertilité n’est pas sans conséquence. Les couples qui ont recours à la fécondation in vitro (FIV) parle d’un « parcours du combattant » constate Annie Bachelot.

L’infertilité reste vécue comme un handicap. Aujourd’hui, dés que le diagnostic d’infertilité est posé, la décision d’avoir recours à une assistance médicale à la procréation est prise. Le couple entre alors dans une démarche lourde à la fois sur le plan médical et psychologique.

Beaucoup ont « le sentiment d'une instrumentalisation de leurs corps, les femmes d'être devenues des machines à produire des ovocytes et les hommes d'être contre une médecine qu'ils qualifient de "vétérinaire" ». Le désir d’enfant du couple et le désir de réussite du médecin étant intiment liés, les couples se plaignent d’avoir le sentiment de faire un enfant à trois. La fécondation médicalement assistée perturbe donc profondément leur vie conjugale.

Paradoxe : après s’être précipités dans cette démarche pour trouver une solution à une infertilité jugée inacceptable, la décision d’arrêter « rassure la femme sur sa féminité ». Elle découvre en effet que pour l’homme, « elle peut être femme sans être mère », et peut-être aussi que sa maternité peut s’exprimer autrement.


Ségolène Royal à la Gay-Pride

■ Personne ou presque en France ne pourra échapper ce week-end aux images de la Gay Pride et au matraquage médiatique sur l’homophobie, en particulier à l’école, thème de cette année. De nombreuses personnalités politiques, de droite comme de gauche, se manifesteront avec un empressement qui leur échappe souvent lorsqu’il s’agit de défendre la famille.

Demi-surprise : Ségolène Royal fera le déplacement. Il est vrai que l’ancienne candidate à l’Élysée est de nouveau en campagne, au PS, cette fois. La dame qui déclarait en 2006 « toujours se refuser à instrumentaliser les questions de société pour faire "dans le coup" » n’a plus guère de scrupules, même si à l’époque, elle invoquait déjà de subtiles distinction entre les mots “union” et “mariage” « pour ne pas bousculer les repères traditionnels » (Le Parisien, 23/02/06).

Comme chaque année, le grand absent des commentateurs objectifs des revendications homosexuelles sera l’enfant, son équilibre, sa construction et la discrimination que les lobbies gay veulent lui infliger en réclamant pour eux-mêmes l’homo-adoption, c’est-à-dire le droit de le priver d’un père ou d’une mère en le confiant à deux personnes de même sexe.

Au programme de la Gay Pride 2008, « Pour une école sans aucune discrimination », autrement dit la revendication du droit de propagande en faveur de la banalisation de l’homosexualité dans les établissements scolaires. Qu’en pense Mme Royal ?

Pour en savoir plus :■ www.protection-enfance.fr


Divorce sans notaire

■ La commission Guichard n’est pas favorable à la déjudiciarisation du divorce. Le divorce devant notaire a fait long feu. Les membres de la commission Guinchard, mises en place par Rachida Dati, n’en veulent pas. L’idée de retirer aux juges les divorces par consentement mutuel pour les confier aux notaires n’entre pas dans les propositions qu’ils ont remises au garde des Sceaux.

L’objectif initial était d’alléger la charge des tribunaux, les contentieux familiaux représentant 68 % de l’activité des tribunaux de première instance. Le projet avait suscité les critiques de nombreux avocats, et de beaucoup de magistrats. Pour eux l’économie n’était pas garantie. En effet la plupart des problèmes portés devant les juges aux affaires familiales ne concernent pas le divorce, mais l'“après-séparation”, en particulier le montant de la pension alimentaire ou le changement des modalités de la garde des enfants entre les parents.

Plusieurs alternatives sont à l'étude. Des mesures de simplification des procédures sont envisagées. Il est aussi prévu une généralisation du recours à la médiation et à la conciliation dans les contentieux familiaux, le juge n'intervenant qu'en cas d'échec.


Lobby gay : le match Bachelot-Morano

■ Roselyne Bachelot n’est plus en cour auprès des lobbys gays, Nadine Morano prend le relais. Depuis qu’elle est ministre de la Santé, l’ancien député du Maine-et-Loire a dû prendre des mesures qui déplaisent aux militants homosexuels. Déjà, durant la campagne présidentielle, elle avait défendu l’union civile et non plus le mariage homosexuel et l'homoparentalité, mais cette entorse à l’orthodoxie gay militante pouvait passer pour du calcul.

Aujourd’hui, le ministre de la Santé refuse de « sanctuariser les crédits du sida, …de mettre en place une politique de prévention contre le mal-être chez les jeunes homos ou encore d'autoriser le don de sang aux homosexuels. Elle s'associe aussi, il y a quelques semaines, au refus gouvernemental du droit à un congé "parentalité" d'un couple lesbien pourtant soutenu par la Halde » s’indigne E-llico.com. Pire, elle se tait lorsque Christian Vanneste est soutenu par l'UMP aux législatives et aux municipales ou quand la nationalité française est retirée à Frédéric Minvielle, un homosexuel marié avec son partenaire en Hollande.

Heureusement, le ministre, qui avait tiré des larmes à la France gay en pleurant sur le sort des homosexuels privés de Pacs, a semble-t-il trouvé une remplaçante avec le secrétaire d’État à la famille. Dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles (20 juin), Nadine Morano s’est à nouveau déclarée favorable à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. « Au cours de mon travail parlementaire, j’ai eu à prendre connaissance que dans notre pays des enfants vivent dans des familles homoparentales, on les estime à 30.000. Paradoxalement, ça n’est pas interdit, mais ces enfants ne disposent pas de droits juridiques qui les protègent. Ma conviction n’a pas changé. Elle est fondée sur cette réalité. Que devient un enfant dont la mère biologique meurt, par exemple ? Qui le prend en charge ? » C’est le point faible. Gouverner consiste t-il à adapter en permanence la législation sur les comportements ou à agir de tel sorte que les droits fondamentaux de la personne soient respectés ?




INTERNATIONAL

Le martyre des coptes

■ Les coptes de France ont manifesté place de la nation dimanche 22 juin à l’invitation de l’association Visages et cultures des coptes pour dénoncer les persécutions dont ils sont l’objet en Égypte. Les coptes de France dénoncent les attaques féroces et bestiales répétées contre leurs coreligionnaires d’Égypte depuis plusieurs années. Les massacres dont ces derniers sont victimes se déroulent et se répètent quotidiennement en Egypte. L’association nous apprend que le 31 mai, dans la ville de Malawy, « soixante personnes musulmanes ont attaqué à l’arme automatique le monastère d’Aboufana, en blessant plusieurs moines, détruisant des cellules et incendiant l’église et d’autres bâtiments sans que les forces de sécurité n’interviennent. En partant, les agresseurs, ont enlevé 3 moines, et les ont torturé et humilié d’une manière inhumaine et condamnables. »

Ces derniers jours, les chrétiens d’Egypte ont déploré une vingtaine de morts, et subissent toujours persécutions et injustices. « Face à l’absence de jugement des agresseurs et à l’absence de réparations aux agressés, communiquent les comptes français, face à l’enlèvement des jeunes filles Coptes mineures et à leur islamisation forcée, face aux insultes et mépris de tout ce qui n’est pas musulman dans les media étatiques, face aux pillages et incendies des églises, propriétés et commerces des citoyens coptes, les associations Copte en France lancent un appel à se rassembler afin de sensibiliser l’opinion publique française et internationale sur ces agissements incompatibles avec les droits de l’homme et le respect des droits des minorités. »

Pour en savoir plus :■ Association des coptes de France : 15 rue Montmartre 75001 Paris
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ÉGLISE


Scouts d’Europe : nouvelle équipe

■ Le Conseil d’administration des Guides et Scouts d’Europe a élu un nouveau président, et désigné de nouveaux commissaires généraux. Ces changements sont l’aboutissement de l’assemblée générale du 15 mars dernier, qui avait conduit à un renouvellement du collège des administrateurs.

Lors de sa séance du 21 juin, le conseil a confié la direction et l’animation du mouvement à Marie-Camille Borde et Édouard Colin, tous deux âgés de 48 ans. La nouvelle commissaire générale guide a déjà exercé pendant une dizaine d’années des responsabilités nationales ; le commissaire général scout a été commissaire national de la branche route à deux reprises. Quelques semaines auparavant, le conseil s’était doté d’un nouveau président, en élisant Gwenaël Lhuissier.

Depuis trois ans, l’incompréhension grandissait chez les chefs d’unité. L’encadrement ne se retrouvait plus dans certaines orientations du mouvement, y compris dans l’évolution donnée à sa place dans l’Église, jugée en rupture avec son histoire et son charisme propre. La crise avait éclaté au grand jour lors de la dernière assemblée générale. En renonçant au statu quo, et en choisissant des responsables expérimentés qui ont su prendre du recul, le conseil a voulu montrer qu’il avait entendu le message, et qu’il entendait travailler en confiance pour recentrer le mouvement sur ses fondamentaux.


La Fondation d’Auteuil accueille Benoît XVI

■ La préparation du voyage de Benoît XVI en France va bon train. Paroisses et mouvements se mobilisent activement. La Fondation d'Auteuil qui forme et insère près de 10 000 garçons et filles en grande difficulté sociale, scolaire, familiale et affective va prendre une part active à l’accueil de la visite du Saint-Père.

Le savoir-faire des jeunes formés par la Fondation d'Auteuil est sollicité pour fabriquer et réaliser une partie de la décoration florale du collège des Bernardins, vendredi 12 septembre. Ils assurent également la décoration florale de la messe sur l'esplanade des Invalides, le lendemain, samedi 13 septembre. Mais le mobilier liturgique, c’est encore eux : l'autel, l'ambon, le fauteuil du pape, le socle de la statue de la Vierge, les bancs et sièges des évêques, les tables de communion seront estampillés « OAA ». Les établissements de formation en horticulture et aux métiers du bois de la Fondation, notamment en Ile-de-France et en région Centre-Normandie, sont mis à contribution.


Ars : le cardinal Poupard ordonne des frères de saint Jean

■ Le samedi 21 juin au sanctuaire d’Ars (Ain), en la fête de saint Louis-de-Gonzague patron de la jeunesse étudiante, le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la Culture, a présidé l’ordination de sept prêtres et de 20 diacres de la Congrégation saint Jean. Les frères ordonnés appartiennent à 11 nationalités différentes. Pendant l'été, trois prêtres et un diacre seront ordonnés en d'autres lieux dont le Sénégal et le Mexique. En présence de plus de mille personnes, remerciant Mgr Rivière, l’Ordinaire de la congrégation, de lui accorder d’ordonner un grand nombre de frères de Saint-Jean, Mgr Poupard a dit sa « grande joie » de venir « dans le village de l’humble curé d’Ars », et que la Providence le conduise en un endroit où « rayonnent d’intenses foyers spirituels ».

En « ami fidèle », entrant dans la grâce propre de la congrégation, Mgr Poupard s’est souvenu qu’il a « connu cette famille spirituelle avant sa naissance », rappelé ses liens fraternels, dès avant 1971, avec le père Marie-Dominique Philippe o.p., le fondateur de la congrégation, retourné à Dieu en 2006. Le cardinal a souligné que le père Philippe s’était alors ouvert au pape Paul VI de son souci de l’accompagnement de ses nombreux étudiants.

Heureux de la bienveillance que les autorités avaient toujours montrée tout au long de ces trente années, le cardinal a qualifié avec humour et affection la communauté, fondée en 1975, de « jardin de l’Église » où l’Ordinaire avait, en véritable « jardinier », à veiller sur « cette jeune pousse », témoin « d’une vitalité peu commune en ce temps de disette », plus proche sans doute du dynamisme d’une « forêt tropicale » que d’un strict « jardin à la française ». Mgr Poupard a rendu grâce à Dieu pour l’œuvre d’Église accomplie et remercié le père Jean-Pierre-Marie, prieur général, pour la vigueur, la fraîcheur et la jeunesse de la communauté Saint-Jean. H.B.


Approbation pour le Néo-Catéchuménat

■ Le décret d’approbation définitive du Chemin néo-catéchuménal a été remis ce 13 juin aux membres de l’équipe internationale responsable, Kiko Arguello, Carmen Hernandez, l’abbé Mario Pezzi. L’heureuse issue d’une longue histoire commencée en 1997 à la demande de Jean Paul II. « L’approbation définitive des statuts est sans aucun doute une étape importante dans la vie de cette réalité ecclésiale, née en Espagne en 1964 », déclare un communiqué du Conseil pontifical pour les laïcs, envoyé à l’agence Fides : « Cet acte a nécessité différentes consultations à des niveaux différents. Pendant la période d’approbation ad experimentum des statuts du Chemin, le Conseil pontifical pour les laïcs a eu la possibilité de constater les nombreux fruits que le Chemin néo-catéchuménal, depuis sa naissance, apporte à l’Eglise en vue de la nouvelle évangélisation, par une pratique catéchétique et liturgique accueillie et mise en valeur – durant ses quarante années désormais de vie – dans de nombreuses Églises particulières. C’est pourquoi, suite à une révision attentive du texte des statuts, et de l’insertion de plusieurs modifications que l’on a considérées nécessaires, le ConseilpPontifical pour les laïcs a décidé d’accorder l’approbation définitive des statuts. » Né en 1964 en Espagne, le Chemin est présent dans une centaine de pays. Il compte 19.000 communautés dans 5.700 paroisses et 1.200 diocèses. Il compte soixante-dix séminaires et 500.000 membres, parmi lesquelles des catéchistes itinérants et des familles missionnaires. Le Chemin est ainsi au service des évêques et des prêtres avec pour objectif la redécouverte du sacrement baptismal, l’éducation permanente à la foi et la conversion personnelle.

Les congrégations pour le culte divin, le clergé, et l’éducation catholique ont été impliqués avec le conseil pontifical des laïcs dont dépend le chemin dans la mise au point de ces nouveaux statuts. Les derniers dataient du 29 juin 2002. Ils étaient ad experimentum pour cinq ans et donc caducs depuis un an, une situation qui ne pouvait perdurer. Le retard dans l’approbation de ces statuts est en grande partie dû aux originalités liturgiques du Chemin. La messe, en particulier est célébrée le samedi soir et non le dimanche, en petite communauté, dans un lieu spécifique, sous la forme d’un banquet, autour d’une grande table carrée. Les participants communient ensemble, assis. Au cours de l’homélie, jaillissent des commentaires spontanés dans l’assistance. Une manière de faire qui a depuis longtemps soulevé de légitimes critiques au sein de l’Église.

Le 1er décembre 2005, le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin, avait demandé aux responsables du Chemin, au nom du pape, d’observer fidèlement les règles liturgiques de l’Église universelle. Devant le peu d’entrain des communautés, Benoît XVI les avait exhortés à obéir. Un appel une fois de plus peu suivi. Le pape avait donc clairement laissé entendre, le 22 février 2007, que si les directives romaines n’étaient pas suivies, les nouveaux statuts ne seraient pas approuvés.

Désormais les nouveaux statuts exigent que la messe soit célébrée dans le respect du rite romain. En particulier, la communion pourra être donnée aux fidèles à leur place, mais elle ne pourra plus être reçue assis, les messes du samedi soir doivent être ouvertes aux autres fidèles et faire partie de la pastorale liturgique de la paroisse. En revanche, le signe de paix demeurera à l’offertoire et non avant la communion. Cette pratique propre au rite ambrosien pourrait être d’ailleurs être élargi à l’Église universelle.

Les fondateurs se réjouissent de cette reconnaissance : « Avec cette approbation et face aux grands enjeux auxquels l'Église doit faire face, nous sommes heureux d'offrir nos forces au pape et aux évêques pour la nouvelle évangélisation et la transmission de la foi aux jeunes générations. Le Chemin néo-catéchuménal a été encouragé dès ses débuts par tous les papes, depuis Paul VI, qui ont vu en lui un instrument valable de formation catholique pour notre temps, désirant que les évêques utilisent ses membres pour assister le clergé dans la nouvelle évangélisation, dans un esprit de service diocésain et de communion avec l'ordinaire du lieu, dans l'unité entre Eglise locale et Eglise universelle. » Après un long discernement, le charisme du Chemin néo-catéchuménal est donc désormais pleinement reconnu par l’Église.




Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain,
avec Hélène Bodenez et Béatrice Bourges.





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