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Le Fil de la semaine

13 Juin 2008

Une élue démocrate américaine menacée d’excommunication ; Mgr Léonard lavé des accusations d’homophobie ; Les évêques irlandais veulent une Europe des valeurs… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.

FRANCE
Débat : l’opinion menace-t-elle la démocratie ?
Bienheureuse crise : le retour de l’économie réelle ?

INTERNATIONAL
USA : une élue “pro-choice” s’exclut de la communion
Turquie : non au foulard islamique
Belgique : non-lieu pour un évêque
Irlande : les évêques veulent l’Europe des valeurs

ÉGLISE
Espagne : liberté de conscience à l’école
Le “décalogue” de l’environnement
Famille : une nomination importante
Paris : le Collège des Bernardins ouvre ses portes
Le Sacré-Cœur expliqué par l'Incarnation


L’actualité romaine avec Génération-BenoîtXVI.comSemaine précédente


FRANCE

Débat : l’opinion menace-t-elle la démocratie ?

■ Jacques Julliard voit dans la montée en puissance de l’opinion le « nouveau sourire de la démocratie » ; pour Régis Debray, c’est une « nouvelle grimace » pouvant même conduire à la fin de la politique.Lors d’un débat organisé le 29 mai par l'Institut Pierre-Mendès-France, Jacques Julliard revient sur son dernier livre La Reine du monde (Flammarion) — déjà objet d'un Réplique d'Alain Finkielkraut : il y analyse le poids croissant de l’opinion dans nos démocraties et les bouleversements qui s’ensuivent, dès lors que l’expression de la volonté générale ne se fait plus uniquement par les élections.

Quand le directeur de la rédaction du Nouvel Observateur mesure l’importance grandissante des sondages — « ils ne sont plus seulement un instrument de mesure, ils sont des faits politiques en soi » — Régis Debray renchérit : « Les sondeurs sont devenus des arbitres ; ils sifflent la fin de partie. Au lieu d'ouvrir un débat, ils le referment et disent le mot de la fin, comme si, au-delà du chiffre, il n'y avait plus besoin de discuter. » Pour lui, aujourd’hui « ne devient légitime que ce qui est populaire », or « la démocratie ce n’est pas la dictature de la popularité » !

Sortis de « l'âge du plomb de la démocratie », nous sommes entrés selon l'auteur de L’Obscénité démocratique(Flammarion, encore) dans « l'âge de l'électron ». Analysant la puissance d'Internet, Régis Debray précise :

« Nous assistons à l'apparition d'une opinion tout à fait insolite, réticulaire et disséminée, qui ne répond plus à un système hiérarchique et centralisé ; il y a aujourd'hui quelque chose de nouveau, une mise à l'horizontal des autorités. […] Autrement dit, Julliard n'est pas plus crédible que moi et moi je ne suis pas plus crédible que Tartempion dès lors que Tartempion peut émettre son opinion et peut la faire circuler auprès de tous les participants du réseau. »

Il pronostique alors la fin des journaux, et avec eux la fin des journalistes. Pour lui, « la déstabilisation est considérable », il n’y a pas là « libération » : au contraire « cette contraction des temps, ce repli des chronologies sur l’instant présent, cette dictature de l’émotif et de l’impression (lui) semblent très dangereux ».

Alors que pour Jacques Julliard, « l’opinion c’est la liberté » qui garantit « pluralisme et débat ouvert », Régis Debray constate amèrement que « la politique se dissout dans la sociologie », et conclut en affirmant que « la dictature médiatico-sondagière transforme le gouvernement en gestionnaire au jour le jour, tendant vers les désirs supposés de l'opinion, pour les anticiper ou les prévenir. » N’est-ce pas là la fin de la politique ?


Bienheureuse crise : le retour de l’économie réelle ?

■ La crise n’a pas que des effets négatifs. La France elle-même peut en sortir par le haut. C’est l’avis de Nicolas Baverez, qui consacre une chronique dans Le Monde du 10 juin à ce sujet. Rien de gagné pour autant. Pour l’auteur deLa France qui tombe, « si le sauvetage de Bear Stearns par la Fed le 17 mars a mis fin aux craintes d'un effondrement du système bancaire mondial, l'impact principal de la crise née à l'été 2007 reste à venir ». Les USA mettront plusieurs années à éponger le choc, et le dollar risque de demeurer durablement bas. Des pays comme l’Espagne qui ont accumulés des créances douteuses verront aussi leur croissance ralenti.

Mais la crise comporte une dimension salutaire. Elle oblige à affronter la coalition des conservatismes, des corporatismes, des intérêts privés ou nationaux. En touchant le coeur de l'économie ouverte, elle pousse à lui donner des institutions et des règles indispensables.

C’est un modèle fondé « sur des comportements déviants » : la dette, les seuls services financiers et les importations, qui s’effondre. On assiste à une réhabilitation de l’économie réelle, comme le montre le succès du modèle allemand basé sur l'investissement, la production industrielle et l'export (2,5 % de croissance 7,8 %, de chômage, 199 milliards d’excédent commercial).

Même l’augmentation du prix de l’énergie et des produits agricoles peut avoir des effets positifs. Pour Nicolas Baverez, elle « est rationnelle du fait de leur rareté, efficace du point de vue de la protection de l'environnement et juste socialement (les trois quarts des pauvres sont des paysans) ». La crise pousse aussi les investisseurs à une évaluation du risque plus rigoureuse et vers un encadrement plus strict des activités de financement. Elle « accélère les innovations technologiques, économiques et sociales ; elle favorise la mutation des formes et des modes de régulation du capitalisme ».

La fragilité du système bancaire actuelle oblige à plus de transparence, et à une meilleure gestion des risques, à un « changement des règles de rémunération » ainsi qu’à une « harmonisation internationale de la réglementation à travers des institutions multilatérales renforcée ». La réponse des pays développés à la crise financière doit « se décliner avant tout en termes de productivité, donc d'investissement — notamment dans le capital humain, l'éducation et la recherche — et de travail ».

Le basculement du centre de gravité de l’économie mondiale vers les pays du sud et « l’émergence d’une économie multipolaire » qui est le prix que paient les démocraties occidentales pour leur laxisme, peut favoriser chez elle une prise de conscience salutaire.
En particulier, explioque baverez, si « le décrochage économique de la France dans le dernier quart du XXe siècle trouve son origine dans la décision prise dans les années 1970 de faire supporter aux entreprises le coût du choc pétrolier : le redressement du pays et l'amélioration de sa résistance face aux crises imposent de rompre avec le modèle fondé sur la dette publique, et de concentrer les efforts non sur la préservation artificielle du pouvoir d'achat mais sur la reconstruction d'une offre compétitive et de l'attractivité de la France comme site de production. » Travailler plus pour gagner plus, oui mais… à condition de produire plus à moindre coût.





INTERNATIONAL


USA : une élue “pro-choice” s’exclut de la communion

■ Le gouverneur de l’État du Kansas, Kathleen Sebelius, a reçu de l’archevêque de Kansas City, Mgr Joseph F. Naumann, une lettre lui enjoignant de cesser de recevoir la communion. Motif ? L’élue démocrate a opposé son veto à la loi Comprehension Abortion Reform Act qui vise à s’assurer que les femmes ayant l’intention d’avorter étaient bien informées de l’état de croissance du fœtus et de toutes les alternatives à l’avortement disponibles. De ce fait, la dame (qui pourrait figurer sur le “ticket” démocrate avec Barack Obama), s’exclut elle-même de la communion avec l’Église catholique.

Cet épisode est en réalité l’aboutissement de longs mois de discussion. Tout a commencé pendant la campagne de Kathleen Sebelius en vue de sa réélection au poste de gouverneur en 2006 : l’archevêque dénonce alors le fait que la candidate accepte des contributions financières du Docteur George Tiller, un médecin tristement célèbre pour être un partisan de l’avortement jusqu’au neuvième mois de grossesse. « Ce qui rend encore plus douloureux les actes et les positions du gouverneur tout du long de sa carrière publique en faveur de l’avortement légalisé, c’est qu’elle est catholique », déplore Mgr Naumann.

Après l’avoir mise en garde de nombreuses fois, « tant pour le salut de son âme qu’en raison du scandale à répétition qu’elle a provoqué auprès des fidèles catholiques de l’archidiocèse et de tout le Kansas », il lui a écrit en août dernier pour lui demander de s’abstenir de se présenter à la communion tant qu’elle n’aurait pas reconnu ses erreurs passées, reçu le sacrement de réconciliation et pris l’engagement de répudier solennellement et officiellement lesdites erreurs.

Apprenant que le gouverneur démocrate avait récemment reçu la communion dans une paroisse du diocèse, l’archevêque lui avait de nouveau écrit « pour lui demander de respecter [sa] précédente demande et de ne pas [le] contraindre à prendre d’autres mesures pastorales ».

Cette affaire fait suite à la polémique qui avait éclaté fin avril après le voyage du pape aux États-Unis : cinq hommes et femmes politiques catholiques pro-choice — c’est-à-dire favorables à l’avortement libre — dont Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York, avaient communié pendant les messes pontificales. Le Washington Post n’avait pas hésité à dire que le geste des cinq « reflétait la désobéissance à Benoît XVI des archevêques de New York et Washington ».

L’un des deux archevêques mis en cause, le cardinal de New York Edward Egan, avait alors répliqué : « lorsque je suis devenu archevêque de New York et que Rudolph Giuliani était maire de New York, nous avons convenu qu’il ne recevrait pas l’eucharistie à cause de ses positions pro-avortement bien connues. Je regrette profondément que Rudolph Giuliani ait reçu l’eucharistie pendant la visite du pape à New York. Je vais essayer de le rencontrer pour l’inviter à continuer de respecter notre accord. » L’enseignement de l’Église est très clair : « La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine » (CEC, n. 2272). Pourtant cette question agite l’Église catholique américaine depuis des années. À la demande de la conférence des évêques des Etats-Unis qui demandait des précisions, le cardinal Ratzinger avait envoyé en juin 2004 une note comportant des indications précises : pas de communion eucharistique pour les hommes politiques catholiques qui font systématiquement campagne pour l’avortement (cf. le Memorandum sur Libertepolitique.com, 1er juillet 2004). Après cette mise au point, distinction coopération formelle et coopération matérielle à l’avortement, le cardinal avait donné son feu vert à la décision des prélats réunis en assemblée générale : ce serait à chaque évêque de prendre la décision appropriée dans son diocèse.

Les évènements des dernières semaines semblent indiquer qu’une interprétation plus stricte du mémorandum du cardinal Ratzinger est en train de s’imposer. Une preuve supplémentaire qu’aux États-Unis, le respect de la vie est pour l’Église est une priorité publique et pastorale, bien autrement qu’en Europe [Sources : L’Espresso, Catholic.org, Catholic News Service, Americatho-overblog.com, Correspondance européenne].


Turquie : non au foulard islamique

■ La Cour constitutionnelle turque a confirmé l’interdiction vendredi 6 juin de l’interdiction du foulard islamique dans les universités. La tension monte en Turquie entre laïques et islamiques. Deux tiers des femmes de ce pays officiellement laïque portent le foulard et sont favorables à la révision de la loi qui l’interdit à l’université. Selon www.algerie-dz.com, des milliers de femmes portant le foulard ont arpenté les rues d’Istanbul et de Diyarbaki aux cris de « Maudits soient ceux qui sont derrière les juges [...], Allah est le plus grand ».

Forts de ce soutien massif, les membres de l’AKP, le parti au pouvoir, se sont livrés à un violent réquisitoire contre la Cour constitutionnelle qui, de son côté, menace de dissoudre le parti pour atteinte à la laïcité. « La décision de la cour constitutionnelle représente une ingérence directe dans le travail du pouvoir législatif et une violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs [...]. Elle n’est habilitée qu’à examiner les questions de procédure d’adoption des lois par le Parlement et ne peut pas se prononcer sur leur contenu », a déclaré à la presse, Dengir Mir Mehmet Firat, vice-président du parti. La Cour constitutionnelle a le soutien de l’armée turque, qui cherche à endiguer la montée de l’islamisme en Turquie. Elle a aussi le soutien de nombreux universitaires et hauts fonctionnaires, cadres dans les institutions qui s’appliquent à surveiller toute velléité des islamistes de prendre trop d’ascendant dans la vie politique du pays, quelle que soit leur légitimité obtenue par les urnes.

C’est en fait d’une crise de confiance qu’il s’agit vis-à-vis d’une majorité soupçonnée de vouloir régenter la nation héritière d’Atatürk selon les lois rigoristes islamistes. Un projet qui ne sied naturellement pas aux défenseurs du caractère laïque de la Turquie contre vents et marées. Le paradoxe veut que la Commission européenne soutient le PKK, islamiste et européiste, dont l’interdiction remettrait directement en cause les perspectives d’adhésion du pays à l’UE.


Belgique : non-lieu pour un évêque

■ La Chambre du Conseil de Namur a conclut par un non-lieu, mercredi 4 juin, l’affaire des propos soi-disant homophobes de Mgr Léonard. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire belge Télé Moustique et publié en avril 2007, l’évêque de la ville avait qualifié les homosexuels d'«anormaux» (cf. Le Fil de la semaine, 5 avril 2007). Cet entretien ayant suscité une vive polémique, une plainte avait été déposée par des associations gay et lesbiennes pour propos discriminatoires.

Mgr Léonard s'était défendu d'avoir voulu stigmatiser la communauté gay et avait insisté sur le fait qu'il n'avait pas employé le terme «anormal» à l'encontre des personnes mais des comportements. L’évêque de Namur à donc bénéficié d’un non-lieu (au sens strict, la plainte a été déclarée irrecevable) alors qu’en France, pour des propos analogues et avec la même défense, le député Christian Vanneste, lui, a été condamné par la justice. Horreur en France, vérité en Belgique.


Irlande : les évêques veulent une Europe des valeurs

■ “Une communauté fondée seulement sur l’aspect économique ne durera pas” rappellent les évêques à l’occasion du référendum sur le Traité de Lisbonne. [Fides] – À l’occasion du référendum sur le Traité de Lisbonne, les évêques du pays ont publié une Lettre pastorale intitulée « Nourrir de valeurs une communauté ». L’Irlande est l’unique pays de l’Union européenne ayant organisé un référendum sur le Traité (cf. dans cette édition, notre analyse du vote des Irlandais).

Dans la lettre, les évêques lancent en premier lieu un appel à respecter le droit de chaque personne à utiliser librement son vote face aux pressions de groupes puissants en Irlande et dans d’autres parties de l’Union Européenne. En même temps, ils demandent à tous les citoyens de consacrer du temps et des efforts pour étudier et réfléchir sur les contenus du Traité et pouvoir ainsi voter de façon responsable.

De plus, ils rappellent que « le Traité de Lisbonne doit se construire autour des valeurs ». C’est pourquoi le référendum constitue une occasion de rappeler les valeurs qu’ont soutenues les fondateurs de la Communauté économique européenne. « Une communauté fondée seulement sur l’aspect économique personnel ne durera pas. L’Europe est une communauté et il est important qu’elle encourage une éthique de la solidarité mondiale » lit-on dans la lettre. Les évêques reconnaissent qu’il existe des valeurs humanistes de type chrétien qui forment le cœur du Traité de Lisbonne, mais il n’existe malheureusement pas de reconnaissance explicite du patrimoine chrétien de l’Europe.

Le référendum offre aussi l’opportunité de « réfléchir sur le type d’Europe que nous voulons transmettre aux générations futures ». Le défi est donc de discerner comment contribuer à la demande d’une communauté européenne nouvelle et élargie fondée sur des valeurs partagées dont les générations futures puissent être fières.


Pour en savoir plus :■ Le texte intégral de la
Lettre des évêques irlandais


ÉGLISE

Espagne : liberté de conscience à l’école

■ Les évêques espagnols poursuivent leur bras de fer avec le gouvernement espagnol. Enjeu : la liberté de conscience. Les évêques de la région de la Galice (Saint-Jacques-de-Compostelle, Tui-Vigo, Oruense, Mondoñedo-Ferrol et Lugo) ont publié une Note en vue de la prochaine année scolaire au sujet de la matière “Education pour la citoyenneté” (EpC).

D’après l’agence Fides, les évêques rappellent qu’il « existe certains droits et devoirs, inhérents à la nature de l’être humain et rendant possible la cohabitation en paix et en liberté dans notre société, qui se reflètent dans le texte de notre Constitution et qui doivent être respectés ». Parmi ceux-ci il y a le « droit des parents à choisir le type de formation morale et religieuse pour leurs enfants ». C’est pourquoi « l’État ne peut imposer légitimement une formation morale de la conscience des élèves en marge du libre choix des parents, comme on prétend le faire à travers la matière d’Education pour la citoyenneté et à travers les décrets qui la développent ». En outre « on ne peut arriver à la compréhension et l’adhésion des élèves aux valeurs fondamentales par une imposition légale de la part du pouvoir politique ».

Or les prélats estiment que les contenus « imposent, à travers les instances politiques, une conception de l’homme qui contredit l’idée de fond des écoles catholiques ». Dans ces conditions, ils demandent que l’introduction des programmes « éducation et liberté » soit arrêtée, pour mieux respecter les droits de tous les parents. Ils souhaitent qu’ils soient adaptés « aux contenus, aux objectifs et aux critères d’évaluation qui sont au contraire à la base des centres éducatifs ».

Aux parents, les évêques rappellent qu’ils « peuvent s’opposer, par des moyens légitimes comme l’objection de conscience, à l’enseignement de la matière à leurs enfants ». Selon la plate-forme des Professionnels pour l’éthique, « les objections de conscience à la matière EpC imposée par le gouvernement ont dépassé le 4 juin chiffre de 35.000 dans toute l’Espagne ».

Cette mobilisation courageuse rappelle le combat en France pour la liberté scolaire dans les années 1980. Celui-ci portait sur le maintien d’un système éducatif catholique et sur son financement. Les Espagnols se battent eux sur le contenu même des programmes et sur le respect de la liberté de conscience.


Le “décalogue” de l’environnement

■ Mgr Giampaolo Crepaldi, secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, présente un « décalogue » pour défendre l'environnement, synthèse du Compendium de la doctrine sociale de l'Église sur le respect de la Création.Dans son message pour la Journée mondiale de l’environnement, rapporte l’agence Zenit, le secrétaire général des Nations Unies, Ban-ki-moon affirmait que « notre monde souffre d'une accoutumance dangereuse au carbone », et que « notre dépendance à l'énergie à base de carbone a entraîné une accumulation considérable de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ». Selon Mgr Crepaldi, un élément comme le taux de carbone intervient dans les relations économiques actuelles, surtout entre les pays riches et les pays plus pauvres, mais de nombreux autres éléments doivent être pris en considération : « Et ceci parce que l'objectif, la perspective présentée par le magistère social de l'Eglise et rappelée plusieurs fois par le Saint-Père, est celle d'une économie juste et solidaire. Un faible taux de carbone, c'est bien mais il faut ajouter autre chose. » Le prélat reconnaît que l'on a déjà commencé à explorer des voies alternatives mais « il faut continuer à le faire », toutefois de manière « réaliste », car à l'heure actuelle, il n'est pas pensable que les systèmes économiques puissent fonctionner uniquement grâce aux énergies alternatives.

Mgr Crepaldi a évoqué « la pauvreté, le manque de développement, le sous-développement de tant de régions du monde, et cela parce que quand on parle de sous-développement on parle de millions et de millions de pauvres, de gens qui ont faim, qui n'ont rien ». Il a rappelé que la position du magistère social sur le nucléaire est « très claire ». Celui-ci condamne « l'utilisation militaire de l'énergie nucléaire, mais n'émet pas d'objections pour l'utilisation civile de l'énergie nucléaire ».Il a reconnu que la question restait « délicate », car on affirme parfois « utiliser le nucléaire à des fins civiles alors qu'en réalité certains envisagent de l'utiliser pour des objectifs militaires ».


Famille : une nomination importante

■ Le cardinal Ennio Antonelli, nouveau président du Conseil pontifical pour la famille. Le pape Benoît XVI a désigné l’archevêque de Florence pour remplacer le cardinal colombien Alfonso López Trujillo, mort en avril dernier à l'âge de 72 ans.

Le cardinal Antonelli est né le 18 novembre 1936 à Todi, en Italie. Il a poursuivi ses études au séminaire romain majeur de Rome puis à l'université pontificale du Latran. En1982, il a été nommé évêque de Gubbio, où il a construit un nouveau séminaire. Promu archevêque de Perugia-Città della Pieve en 1988, il a été secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI) durant deux mandats, de 1995 à 2005.

Dans le cadre de la CEI, il a été membre de la Commission épiscopale pour la doctrine de la foi et la catéchèse, travaillant longuement à la nouvelle rédaction du catéchisme pour adultes. Comme représentant italien à l'Assemblée du synode des évêques pour l'Europe en 1999, et à la préparation du grand jubilé de l'an 2000, il s’est particulièrement intéressé aux jeunes, aux artistes, aux travailleurs et aux enseignants universitaires. Nommé archevêque de Florence en mars 2001 et créé cardinal le 21 octobre 2003, il est également membre du Conseil pontifical pour les laïcs et du Conseil pour les communications sociales.


Paris : le Collège des Bernardins ouvre ses portes

■ Le collège des Bernardins ouvrira ses portes au grand public les 5, 6 et 7 septembre, une semaine avant de recevoir le monde de la culture autour du Saint-Père, le 12. Fleuron de l’architecture gothique cistercienne restaurée par Hervé Baptiste, architecte en chef des Monuments historiques, et par Jean-Michel Wilmotte pour la création des espaces d’accueil et d’activités, ce chef-d’œuvre du génie médiéval est resté méconnu pendant de longues années.

Créé en 1245 pour être un lieu d’études et de recherches, il a été une prison pendant la Révolution, puis un entrepôt, une école, un internat pour l’école nationale de police, une caserne de pompier, jusqu’à ce que soit entreprise sa réhabilitation.

Selon le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, sa mission est « d’offrir un lieu de dialogue intellectuel et spirituel sans lequel les grands tournants de l’histoire ne peuvent se prendre dans la sérénité ». Pour son responsable, Mgr Jérôme Beau, la culture n’est pas cu aux Bernardins comme « une fin en soi », mais « elle est prise en compte dans ce qu’elle dit de l’Homme, de son avenir, de sa liberté et de son bonheur. L’homme ne trouve sa dignité que dans sa relation à Dieu et le chrétien ne trouve sa liberté qu’en acquérant la capacité de rendre compte rationnellement de sa foi dans la culture de son temps ».


Le Sacré-Cœur expliqué par l'Incarnation

■ « Plus en profondeur, les battements d'une présence fiable », c’est ainsi que Benoît XVI a parlé du Sacré-Coeur de Jésus, lors du premier Angélus du mois de juin. Succédant au mois de Marie, juin est « traditionnellement consacré au Cœur du Christ, a expliqué le Pape, symbole de la foi chrétienne particulièrement cher aussi bien au peuple qu'aux mystiques et aux théologiens, parce qu'il exprime de manière simple et authentique, la "bonne nouvelle" de l'Amour, en reprenant en soi le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption. »

Benoît XVI a invité chacun à voir la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus, comme « troisième et dernière des fêtes qui suivent le temps pascal », après la Très Sainte-trinité et la solennité du Corpus Christi (la Fête-Dieu en France) : « Cette succession fait penser à un mouvement vers le centre : un mouvement de l'esprit qui est Dieu Lui-même qui nous guide. » Contemplatif, le pape n'en n’invite pas moins chacun à transformer sa vie selon le cœur de Jésus : « Chaque personne a besoin d'un "centre" dans sa propre vie, d'une source de vérité et de bonté où puiser dans différentes situations et dans la fatigue du quotidien. Chacun d'entre nous, lorsqu'il s'arrête en silence, a besoin de sentir non seulement le battement de son cœur, mais, plus en profondeur, les battements d'une présence fiable, perceptible avec les sens de la foi et toutefois beaucoup plus réelle : la présence du Christ, le cœur du monde. J'invite par conséquent chacun à renouveler tout le long du mois de juin sa dévotion au Cœur du Christ, en valorisant aussi la prière traditionnelle d'offre de la journée et tenant présentes les intentions que j'ai proposées à toute l'Église » [source : Zenit].


Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain,
avec Hélène Bodenez et Anne-Laure Le Borgne.





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