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La Politique considérée comme souci

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La Politique considérée comme souci
  • Auteur : Pierre Boutang
  • Editeur : Les Provinciales
  • Année : 2014
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 15,00 €

Il n’est pas inutile de (re)lire La Politique considérée comme souci, premier traité de philosophie politique écrit dans le contexte existentialiste de l’immédiat après-guerre (1948). On y suit Boutang dans sa découverte du « souci politique » par la notion paternelle d’autorité. Il y écrit des pages définitives sur ce paradoxe inhérent à la condition humaine : le fait pour l’homme de devoir vivre comme un « engagement nécessaire et absolu », « cet événement contingent et relatif », qu’est celui d’être né « dans une communauté qu’il n’a pas choisie », paradoxe qui récuse l’internationalisme et fonde le nationalisme, sans faire de ce dernier le dernier mot de l’aventure humaine.

« L’existence d’un homme dont je dépendais, qui me donnait le nom qu’il avait reçu, qui créait dans la relation à moi une situation irréductible, était l’inépuisable matière de ma première réflexion. Cela était ainsi, il était mon père, c’était un “fait”. Mais ce fait était originel, il était plus spirituel que l’esprit, il absorbait, pour ainsi dire, l’esprit, et remplissait la solitude. Il créait une “puissance” légitime que rien ne pouvait me faire contester. […] C’est l’autorité de mon père (le fait qu’il reconnaissait les lois non écrites), qui me maintint au moins théoriquement dans leur domaine. »

Une investigation philosophique originale

Le royalisme de Pierre Boutang ne se borne ni à un héritage politique, ni à un voisinage avec Jacques Maritain, ni à une filiation avec son maître Gabriel Marcel ; il procède d'une investigation philosophique originale, qui approfondit et renouvelle la question du bien commun et de la légitimité, celle de la mixité du pouvoir, de la naissance et de la justice.

Dans la Politique considérée comme un souci (1948), sa démarche emprunte à la phénoménologie tout en trouvant un ton très personnel, où Boutang offre des lectures neuves de Shakespeare, Kafka ou Dostoïevski, qui lui servent à interroger l'essence du politique. Boutang reprend son enquête sur la politique dans Reprendre le pouvoir (1977), où il s'appuie notamment sur une lecture du Philèbe de Platon et où il commente l'interprétation de la Phénoménologie de l'esprit de Hegel par Alexandre Kojève. C'est également dans ce traité que Boutang développe l'idée de la « modification chrétienne du pouvoir ».

 

Guillaume Lenormand

 

 

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