[Communiqué] — À la veille du débat parlementaire sur la bioéthique, la Fondation Jérôme-Lejeune s'interroge sur le "sinistre calcul politique" du député Jean Léonetti à propos de la recherche sur l'embryon humain.

En déclarant le 7 novembre au Journal du dimanche : Pour moi il est urgent d'autoriser la recherche sur l'embryon non destiné à naître, de permettre, une bonne fois pour toutes, en mettant à bas le système actuel de dérogations, la recherche sur les cellules souches embryonnaires , M. Léonetti contredit les orientations de la mission parlementaire sur la bioéthique qu'il a conduite en 2009.
En effet le rapport de cette mission recommande clairement de maintenir le principe de l'interdiction de la recherche sur l'embryon [1]. Et son rapporteur M. Jean Léonetti a toujours, depuis, relayé ce point de vue, dans la presse.
Cette volte-face appelle l'attention sur plusieurs points.
1/ La demande de renoncer à la protection de l'embryon humain est une position anti-scientifique
M. Léonetti invoque au cours de l'interview précitée un retard : Aujourd'hui nous bridons la recherche française au nom d'un principe de précaution mal compris. Nous prenons du retard par rapport aux autres pays [...].
Il oublie que si l'on veut parler de retard, il s'agit plutôt d'un retard de la recherche française sur les cellules souches adultes, de sang de cordon, ou reprogrammées qui s'explique par les choix politiques de 2004 qui ont concentré les équipes de notre pays sur des programmes de recherche sur l'embryon, sans efficacité thérapeutique. Ce que tout le monde savait déjà à l'époque.
Dans la perspective d'applications thérapeutiques, les recherches sur les cellules souches adultes ou de sang de cordon sont efficaces, alors que les recherches sur les cellules souches embryonnaires ne le sont pas. De même, les cellules souches reprogrammées (iPS) sont aussi pertinentes, et plus accessibles, que les cellules souches embryonnaires pour le criblage des molécules et la modélisation des pathologies.

2/ Cette déclaration est une agression idéologique
En brandissant l'argument de l'obscurantisme pour expliquer l'opinion de ceux qui refusent l'instrumentalisation de l'embryon humain M. Léonetti agresse les observateurs avertis des enjeux bioéthiques. En s'appuyant sur l'équation fausse et facile : défense de l'embryon humain = obscurantisme , le député ne fait pas honneur à sa réputation de facilitateur de débat rationnel et démocratique. Il se réfugie dans un registre réducteur, de mauvais augure à la veille de l'ouverture du débat parlementaire.
Cela est d'autant plus regrettable que la protection des êtres humains les plus vulnérables, quel que soit leur stade de développement, constitue un principe fondateur de la société française. C'est une règle qui s'impose à tous dans notre espace démocratique. On sait ce qu'il advient lorsqu'on s'en affranchit en arguant de la toute puissance de la liberté. Il n'existe aucune activité humaine, surtout pas l'activité de recherche scientifique, qui puisse s'affranchir d'un tel principe.
3/ Désavouer ceux qu'on a sollicités est un suicide politique
À l'occasion des états généraux de la bioéthique, les citoyens ont répondu présent aux sollicitations du gouvernement. Ils ont été majoritairement préoccupés par les atteintes au respect de l'embryon dès lors qu'il existe, à l'évidence, des alternatives d'efficacité, non pas comparable, mais supérieure, avec les cellules souches d'origine non embryonnaire et les cellules iPS.
Ces mêmes citoyens, qui ne relâchent pas leur vigilance, demandent à M. Léonetti de se ressaisir rapidement. Ils n'auront pas la mémoire courte.
[Source : Fondation Jérôme-Lejeune]
[1] Proposition n° 43 du Rapport d'information n° 2235 relatif à la révision de la loi de bioéthique, janvier 2010
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