Le pape rappelle aux Américains que les élus catholiques ne peuvent pas soutenir le droit à l'avortement.

La loi morale naturelle et l'enseignement constant de l'Église sur la dignité de la vie humaine de sa conception à sa mort naturelle imposent à tous les catholiques, spécialement les législateurs, les juristes, et les responsables du bien commun de la société, de coopérer avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté pour promouvoir une législation juste, visant à protéger la vie humaine dans tous ses moments. C'est le sévère rappel que le pape Benoît XVI a adressé à Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre américaine des représentants, lors d'une audience le 18 février.

S'affichant catholique et pro-choice (favorable au droit à l'avortement), Nancy Pelosi s'était déjà fait remarquer pour ses positions hasardeuses lors de la campagne présidentielle : en août dernier, interrogée à la télévision sur la question du début de la vie, elle avait déclaré que en tant que catholique fervente, elle avait longuement étudié le sujet et que les docteurs de l'Eglise n'avaient pas réussi à trancher cette question . Des évêques américains l'avaient alors accusée de dénaturer les enseignements de l'Eglise, qui défend sans ambiguïté la vie humaine dès la conception.

À travers cette personnalité politique influente, le Saint-Père s'adresse à l'administration Obama, et rappelle à l'ordre tous les catholiques américains, qui ont majoritairement voté pour le candidat démocrate malgré ses positions en total désaccord avec l'Église en matière de bioéthique. Quelques jours après son investiture, le nouveau président avait révoqué une clause anti-avortement en autorisant à nouveau, dans le cadre de l'aide au développement, le financement d'organisations pratiquant ou facilitant l'avortement à l'étranger.

L'affaire Pelosi fait du bruit aux États-Unis : des associations se disant catholiques et pro-choice ont commenté l'audience sans faire aucune allusion à la réprimande du pape.

Invité sur Fox News, l'archevêque de Denver Charles Chaput a quant à lui réaffirmé que tout catholique, qu'il soit célèbre ou inconnu, qu'il ait une fonction publique ou soit un simple particulier, doit être fidèle à ce que l'Église enseigne sur la vie humaine, et nous croyons que la vie humaine est sacrée et précieuse dès l'instant de la conception. Et donc cela s'applique aussi bien à la Présidente de la Chambre qu'à moi, qu'à vous et qu'à tout catholique. Il a ajouté que si Mme Pelosi n'était pas en accord avec les enseignements de l'Eglise, elle devrait s'abstenir de communier.

[ALB, sources : Zenit, Reuters, La Croix, Fox News]

 

 

 

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