La grande fête du Téléthon 2010 ouvre ses portes les 3 et 4 décembre, dans une sérénité relative. Les oppositions s'accumulent. À l'origine de la critique publique la plus sérieuse, le directeur de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, chroniqueur "bioéthique" de Liberté politique, confirme son opposition éthique de fond dans une interview à Valeurs actuelles.

Pour Pierre-Olivier Arduin,

il n'a jamais été question pour nous de stigmatiser les familles, dont nous partageons les épreuves, ni de dire "stop à la recherche". Mais l'Église est attentive à ce que ces recherches respectent des règles éthiques, ce qui n'est pas le cas de celles qui, menées sur des embryons humains viables, conduisent à leur destruction. Or, une partie des dons récoltés par le biais du Téléthon finance de tels travaux. L'Église a donc demandé que chacun puisse savoir, avant de donner, à quoi servira précisément son argent : c'est ce que l'on appelle le fléchage des dons.

A priori, les recherches financées par le Téléthon sont autorisées par la loi, mais en apparence seulement. La loi de 2004 interdit la recherche sur l'embryon humain, sauf dans deux cas : quand les recherches peuvent permettre des progrès thérapeutiques majeurs et quand il n'y a pas de méthode alternative d'efficacité comparable . Or non seulement aucun progrès clinique n'a été obtenu par les recherches sur l'embryon humain, mais il existe une véritable alternative scientifique et médicale :

Il y a vingt ans que ces recherches sont autorisées en Grande-Bretagne. Elles n'ont débouché sur aucune application clinique. Mais surtout, il existe une méthode alternative à ces recherches qui ne pose, elle, aucun problème éthique. Je veux parler des travaux sur les cellules souches induites (iPS). Ces cellules ont les mêmes propriétés que les cellules souches embryonnaires : elles sont capables de se différencier en tous types cellulaires d'un organisme adulte.

Ces découvertes sont non seulement une révolution scientifique, mais constituent un tournant éthique et politique majeur, explique P.-Ol. Arduin, car elles permettent de s'affranchir des recherches sur l'embryon et des tensions éthiques qu'elles suscitent .
[Source : Valeurs actuelles, 2 décembre 2010]
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