Plus de 2000 plaintes enregistrées pour tromperie aggravée, 300 000 femmes concernées dont 30 000 françaises. Le bilan du scandale des prothèses mammaire PIP est lourd de conséquences. A l’origine, une triste et simple histoire de gros sous !
Poly Implant Prothèse (PIP) : l’histoire
A l’origine de cette escroquerie, une simple affaire de gros sous. Jean-Claude Mas, ancien charcutier reconverti dans la chirurgie fonde la société Poly Implant Prothèse (PIP) dans les années 1980. Rapidement les affaires sont florissantes et la petite société se hisse à la troisième place mondiale. L’entreprise est cependant mise en difficulté lors du passage au nouveau siècle, concurrence asiatique oblige. C’est alors que le fondateur aurait eu l’idée de remplacer le gel médical de silicone classique par un gel obtenu à partir d’une huile de silicone alimentaire et industrielle, non conforme mais beaucoup moins chère !
L’emploi de ce gel frauduleux aurait permis à l'entreprise PIP d'économiser près d'un million d'euros par an et concernerait 80 % des prothèses mammaires de PIP. Les prothèses restantes étaient fabriquées avec un gel conforme.
Cette fraude sur la qualité du gel n’aura cependant pas sauvé l’entreprise qui est mise en liquidation judiciaire en mars 2010.
Le scandale
C’est en 2007 qu’ont commencé à affluer les plaintes, principalement de britanniques. Outre Manche, la société PIP a été condamnée à verser 1,4 million d’euros d’indemnités pour « non représentation » devant le tribunal.
Aujourd’hui, la société fait l’objet de poursuites en France pour « tromperie aggravée et escroquerie » suite à une plainte déposée par la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) mais aussi d'une instruction judiciaire ouverte le 8 décembre 2011 pour « blessures et homicide involontaire » par le parquet de Marseille. Le rôle de cette dernière sera en premier lieu de démontrer s’il existe un lien entre le gel non conforme des prothèses PIP et les cancers diagnostiqués chez certaines des porteuses.
Vendredi, le gouvernement français à pris les devants en recommandant aux femmes qui portent ce type de prothèses de les faire retirer à titre préventif.
Irresponsabilité médicale et mise en danger d’autrui
« Il y a tromperie dès la première opération », a déclaré le directeur de la Cnam, Frédéric Van Roeckeghem. « Le gel n’était pas conforme, d’après les premières enquêtes effectuées par l’afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), aux spécifications des produits sur la base desquels nous nous sommes fondés pour assurer le remboursement » a-t-il avancé. Car la principale différence entre le gel médical et le gel frauduleux contenu par les prothèses PIP outre sa composition chimique est sa tenue. « Le gel médical ne coule pas, il reste sur lui-même. Au contraire, le “faux gel” était comme de l’eau savonneuse » explique un technicien anonyme à Var matin.
Cette déclaration explique les soupçons du parquet de Marseille à l’encontre des prothèses PIP. En effet, le gel de silicone n’a été autorisé en France qu’en 2001. Avant cela, un moratoire en interdisait l’usage aux chirurgiens plasticiens. Ces derniers ne devaient utiliser que des prothèses remplies de sérum physiologique. Ce moratoire a été levé en 2001 notamment parce que le produit a évolué et qu'il a été considéré comme plus sûr, avec du gel cohésif.
Un professionnel du secteur ne pouvait l’ignorer. Le recours, pour des motifs économiques, à ce « faux gel » beaucoup plus liquide et d’une composition douteuse a mis en danger des milliers de femmes aujourd’hui dotées de ces prothèses.et est révélateur d’une irresponsabilité meurtrière.
Au total, 2 172 plaintes de porteuses de prothèses de la société PIP ont été déposées depuis le mois de mars 2010. C’est donc un long procès qui s’annonce pour fin 2012 et qui mettra en cause de nombreux cadres de l’ancienne entreprise
Une question de gros sous
Aujourd’hui, Jean Claude Mas, par ailleurs recherché pour conduite en état d’ivresse au Costa Rica, est en fuite et reste introuvable. Quant à l’avocat de l’entreprise qui conteste la dangerosité du produit, il déclarait sur France info le 22 décembre : "Le problème est un problème de prix de revient et de coût, donc de bénéfice. C'est une démarche capitaliste, et c'est comme ça."
Une question de gros sous en effet. Le 23 décembre, le gouvernement français recommandait aux 30 000 femmes qui portent des prothèses PIP en France de se les faire retirer. Coût estimé par la Sécurité Sociale : une soixantaine de millions d'euros !
Quand on connaît la difficulté de mettre sur le marché de nouveaux produits pharmaceutiques, on peut se demander si des défaillances, voire des complicités, n’ont pas existé au niveau des pouvoirs publics. En toute hypothèse, le manque de contrôle est patent. Même si cette affaire n’a pas l’ampleur de celle du sang contaminé - il n’y aurait à ce jour que huit cas de cancer non avéré du fait des prothèses PIP -, elle pose une fois de plus la responsabilité de l’Etat et en particulier de l’AFSAPPS, l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, dans la fraude de la société Poly Implant. Qui va prendre en charge l’explantation, la réimplantation, la reconstruction esthétique ? La sécurité sociale ne rembourse que les dépenses strictement médicales et, au-delà de la question financière, qui mesurera le préjudice causé à ces milliers de femmes victimes d’un aigrefin ?
- Vincent Peillon veut refonder l'école de la Rép...
- Jean-Marc Ayrault : un germanophile à Matignon...
- Obama se déclare en faveur du mariage homosexuel !
- Israël : toujours plus de rassemblement
- L’Europe est aujourd’hui le plus gros pourvoyeu...
- Sondages : scores, intérêt et abstention
- Le Parti Chrétien Démocrate présentera 100 cand...
- Présidentielle 2012 : Les Français partagés sur...
- Présidentielle 2012 : un regard de belgique
- Quelles valeurs les Français attribuent-ils aux...









