Au moment où le député Jean Leonetti rend public son rapport d'évaluation de la loi fin de vie, l'Alliance pour les droits de la vie, auditionnée par la mission parlementaire, se félicite de l'orientation générale contre l'euthanasie prise par ce texte et soutient les propositions de renforcement du dispositif de soins palliatifs qu'elle appelait de ses vœux mais elle regrette une grave ambigüité à propos de l'arrêt de soins à visée euthanasique.

La pratique de la sédation est raisonnable comme décision médicale de soulagement physique ou morale de patients en phase terminale. Mais le rapport s'appuie sur une situation médiatisée, celle d'Hervé Pierra, pour envisager une brèche : utiliser la sédation pour masquer les symptômes de l'agonie délibérément décidée d'un patient qui n'était pas en fin de vie. La proposition n° 12 cautionne ainsi abusivement l'arrêt d'alimentation et d'hydratation en vue d'obtenir la mort. Or c'est un acte d'euthanasie. Pour l'ADV, faire mourir n'est pas une façon humaine de régler ces situations dramatiques. Un accompagnement véritable doit prendre soin des personnes dépendantes ou en fin de vie tout en évitant l'administration délibérée de la mort.

Le docteur Xavier Mirabel, président de l'Alliance pour les droits de la vie, ne cache pas ses craintes :

Même si nous nous réjouissons du "non" explicite exprimé sur le mot euthanasie, nous craignons un glissement insidieux car ce nouveau rapport Leonetti cautionne une méthode euthanasique : l'arrêt d'alimentation et d'hydratation assorti d'un endormissement médicamenteux. C'est ouvrir une porte au faire-mourir.

L'ADV s'inquiète par ailleurs du risque de banalisation du suicide présenté comme une liberté alors que c'est un drame personnel et un échec de la société ; elle souligne l'urgence d'une politique de prévention du suicide des personnes désespérées, qu'elles soient bien portantes ou malades, jeunes ou âgées.

 

 

 

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