Dans une tribune publiée par Valeurs actuelles, l'africaniste Bernard Lugan livre son éclairage sur le changement de statut de l'île de Mayotte, devenue le cent unième département français le 31 mars 2011. La décision fait suite à un référendum local par lequel, le 29 mars 2009, la population a répondu à 95% "oui" à la départementalisation . A priori innocent et sympathique, l'événement promet en vérité d'inaugurer ce que Lugan baptise un Lampedusa français .
Pourquoi s'alarmer ainsi ? C'est que dans ce nouveau département, on vit au rythme de l'islam, religion de la quasi-totalité d'une population dont plus de 60 % ne parlent que le malgache ou le swahili . Ainsi, poursuit Lugan, les Français vont donc découvrir avec stupéfaction qu'à Mayotte, les fêtes musulmanes sont chômées, que les horaires de travail sont alignés sur ceux du ramadan et que leurs compatriotes mahorais qui le demanderont conserveront leur statut personnel, la justice devant alors leur être rendue par des magistrats français, non selon le droit français, mais conformément au droit coutumier . Et si l'espérance est de voir ce dernier reculer de manière progressive , le droit français devra composer avec un statut personnel dérogatoire au code civil et à la laïcité, très proche de la charia, qui prévoit la polygamie ainsi que la répudiation des femmes.
Par-dessus le marché, Mayotte constitue une pompe aspirante pour l'immigration régionale de masse. La population locale y est estimée à 200000 personnes , tandis qu'on y compte au moins 60 000 clandestins . Ainsi, de façon régulière et organisée, des Comoriennes viennent accoucher à Mayotte d'enfants devenant automatiquement citoyens français, ce qui rend la famille inexpulsable. La maternité de Mamoudzou est ainsi la plus importante de France, avec 7 000 naissances annuelles, 65 à 75 % d'entre elles étant issues de l'immigration clandestine.
Si cette situation n'est pas nouvelle, et avait d'ailleurs conduit François Baroin, alors ministre de l'Intérieur, à remettre en cause la validité du droit du sol sur cette île en 2005, selon Lugan, la départementalisation, qui va progressivement aligner les droits sociaux des Mahorais sur ceux des métropolitains, ne fera qu'augmenter l'attirance de Mayotte. L'île pourrait servir de porte d'entrée vers la métropole pour les migrants venus de la région des Grands Lacs et de toute l'Afrique orientale , d'autant que les expulsions de masse vont y devenir impossibles .
Le coût du soutien de la métropole à Mayotte est déjà considérable, puisque concernant le seul domaine éducatif, l'effort annuel de l'État atteint déjà plus de 260 millions d'euros , ce qui excède les possibilités locales de financement . Mais avec l'alignement sur les prestations sociales françaises , il se pourrait, selon Lugan, que le coût annuel de Mayotte pour la France atteigne environ un milliard d'euros . Vous vous demandiez où passait l'argent ? Eh bien là, par exemple...
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