Le gouvernement espagnol prépare une loi sur la liberté de religion . Cette loi prévoit que l'État s'en tienne à une stricte neutralité . D'après le journal El Pais cité par l'AFP, les crucifix seraient exclus des écoles publiques. L'Italie pour sa part, a fait appel de sa condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme en raison de la présence de crucifix dans les écoles. L'affaire passera devant la grande chambre de la CEDH le 29 juin.
Selon El Pais, les crucifix devront disparaître des écoles publiques, des hôpitaux et de tout espace public et les membres du gouvernement ne prêteront plus serment devant une croix, lors des cérémonies d'investiture. Malgré la constitution de 1978 qui affirme en principe le caractère aconfessionnel de l'Etat et de ses institutions, les symboles catholiques demeurent très présents en Espagne.
D'après la nouvelle loi, les funérailles d'État comme celles de 2004 pour les victimes du 11 mars ne pourraient ainsi plus avoir lieu. La nouvelle loi servira aussi à déterminer la portée des droits de la liberté religieuse et de conscience, afin de tenir compte de la nouvelle réalité confessionnelle en Espagne, écrit El Pais. Le pape a fait part du mécontentement de l'Eglise au premier ministre Zapatero, lors de sa visite au Vatican, jeudi 10 juin.
Du côté de la CEDH, dix pays ont soutenu l'appel de l'Italie, ce qui est une première (nous reviendrons la semaine prochaine sur cette affaire, dite affaire Lautsi ).
En France, un député socialiste a demandé que les lycées catholiques ôtent les crucifix des salles de classes pendant les épreuves du bac (Cf. Décryptage, 21 mai)... Une réponse alambiquée du ministre de l'Education nationale a permis pour l'instant de neutraliser le problème, sans doute en raison de la fermeté de l'enseignement catholique. Mais l'opposition n'a sûrement pas l'intention d'en rester là.
Décapitée
Alors que l'expression de l'identité historique et culturelle des peuples européens est aujourd'hui remise en question, on se souviendra opportunément du témoignage des chrétiens qui risquèrent leur vie pour que les limites de l'arbitraire politique et de la puissance de l'État soient symboliquement reconnues dans l'espace public.
Ce fut le cas par exemple en Allemagne de Helena Kafka (photo), en religion Maria Restituta (1894-1943). D'origine morave, soeur franciscaine de la Charité, la religieuse fut affectée à l'hôpital de Mödling. On l'appelait Soeur Resoluta, étant donné son tempérament bien trempé. Quand les nazis prétendirent interdire tout signe religieux à l'hôpital, Soeur Restituta fit placer des croix dans toutes les chambres ce qui lui valut d'être arrêté par la Gestapo le mercredi des cendres 1942. Elle fut décapitée le 30 mai 1943.
Ses dernières paroles : J'ai vécu pour le Christ, je veux mourir pour le Christ. Et sa dernière demande fut que le prêtre lui fasse le signe de croix sur le front. Jean-Paul II, lors de l'homélie de la béatification a dit : Bien des choses peuvent nous être ôtées, à nous, chrétiens. Mais on ne nous enlèvera pas la Croix comme signe de salut (cf. Documentation catholique, 19 VII 1993, p. 692).
[Sources : Apic/AFP/RVM]
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