Le conseil économique social et environnemental (CESE) vient de rendre public son rapport annuel sur l’état de la France en 2011. Présenté au nom de la section de l’économie et des finances par MM. André-Jean Guérin et Yves Zehr, rapporteurs, il s’appuie essentiellement sur les indicateurs de la stratégie nationale de développement durable (SNDD). Un document qui serait sans grande surprise s’il ne reprenait à son compte les critiques faites au PIB, l’indicateur clef de la croissance.
Ce document de 191 pages donne un ensemble d’éléments chiffrés et de brèves analyses dessinant la physionomie de la France en temps de crise. En introduction et en conclusion, il relaie les critiques faites au principal indicateur de la croissance, le fameux PIB
Le PIB : partiel et douteux
« On s’accorde de plus en plus à considérer », écrit le rapport, « qu’il souffre de trois limites majeures : il ne mesure pas la qualité de la vie, ne dit rien sur la répartition du revenu national et ignore les atteintes à l’environnement. Il ne mesure que la valeur monétaire des productions et ne prend ainsi pas en compte le travail domestique et plus globalement le travail bénévole. Il n’évalue au fond qu’une toute petite partie de ce à quoi aspirent les citoyens et leurs gouvernements. (II-3)
Même si le CESE reconnaît que le PIB qui « demeure un bon indicateur du rythme de l’économie, indispensable pour effectuer des calculs de répartition de la valeur ajoutée entre salaires et profits et sa relation avec la création d’emplois, fonctionnait assez bien jusqu’à ces dernières années. » (idem), il n’en reprend pas moins les critiques de nombre d’économistes quant à « sa construction concrète et à l’utilisation qui en est faite comme indicateur de richesse »(III-177)
Le PIB : indicateur trop « matérialiste » !
Pour des raisons techniques « le poids des services dont la qualité et l’utilité sont mal pris en compte ». En outre, ajoute le rapport, « Le PIB ne comptabilise pas non plus le bénévolat associatif, dont le poids ne cesse d’augmenter, pas plus que l’autoproduction et l’autoconsommation ». (III-178). Sans parler des impacts négatifs de la croissance en terme écologique par exemple. Ainsi ce que l’on a appelé le paradoxe de l’Erika qui se traduit par une augmentation des dépenses pour réparer le sinistre (pompage, nettoyage des plages, assurance remplacement du navire etc..) mais ne prend pas en compte le travail des bénévoles…
Le CESE demande donc que l’on réfléchisse « à la mise en place de nouveaux indicateurs sociaux, environnementaux et économiques pour évaluer le progrès » (III-178). Bref, le bien-être a d’autres ressources que les seuls supports matériels (III-177). Et le conseil de conclure : « Nos sociétés industrielles développées, confrontées aux limites de la croissance face à de multiples crises, doivent réinventer les fondements de leur « vivre-ensemble » et du bien-être collectif de leurs membres. » (III-179)
Une analyse et des propositions que ne dément pas l’enseignement social de l’Eglise et les appels du Pape.
*Conseil Economique Social et Environnemental
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