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Après sa pause médiatique de la semaine dernière, la candidate écologiste se dit «plus décidée que jamais» pour 2012. 

Au parti des verts tout n’est pas bleue ciel fond rose. Eva Joly qui n’a rien d’une Jeanne d’Arc est une revenue regonflée à bloc de sa trêve médiatique. Non seulement il a fallu lui arracher qu’au deuxième tour elle soutiendrait François Hollande qu’elle trouve « archaïque ». Une dureté de ton qui ne surprend pas ceux qui ont eu affaire à elle comme magistrat et que certains mettent sur son côté nordique alors que d’autres l’attribuent à son inexpérience de la politique, voie dans laquelle elle est entrée officiellement à l’occasion des élections européennes de 2009.

Pleine d’attentions à l’égard de François Hollande, elle déclare dans le Monde :  «Je n'ai pas de conseil à lui donner, mais je ne suis pas sûre qu'il ait gagné à se mêler de tambouille politicienne». Un conseil qu’a dû apprécier à sa juste valeur le candidat socialiste.

Les raisons de la colère de la candidate des écologistes, (mais lesquels, tant son caractère fait des vagues même parmi ses « amis »), est évidemment l’accord surréaliste, à la fois sur le fond et dans la forme, de son parti avec le PS sur la question du nucléaire.

« J'ai été outrée, scandalisée, de l'intervention d'Areva dans les discussions avec le PS. Ainsi, donc, une entreprise puissante obtenait en l'espace de quelques heures ce qu'elle voulait, c'est-à-dire le retrait, dans un texte politique, d'une disposition qui la gênait ? Toute ma vie a été construite contre ça, j'ai passé ma vie à lutter contre l'influence des lobbies, quels qu'ils soient. » 

Il est vrai que François Hollande ne semble pas avoir la même pugnacité. Est-ce une raison pour de dire que sur lui « pèse le soupçon », décidément ces juges, « d'être du bois dont on fait les marionnettes ». Si cela commence comme cela, que vont être les prochains mois ?

Que chacun  se le dise « "Ce n'est pas le spécialiste de la Corrèze qui va nous dicter notre politique énergétique" ? Il y a du saint Just ou du Robespierre dans cette dame qui veut « une  république exemplaire » qui « n’est pas rentrée en politique pour accepter les mœurs de ce petit monde, mais pour les changer », n’oublie jamais sa première vocation : « L'exigence éthique ne distingue pas entre la droite et la gauche : elle s'impose à tous. Je ferai donc en sorte que ce soit… équilibré ! Par exemple, ce n'est pas parce qu'il est de gauche que je ménagerai le système mis en place par Guérini à Marseille. Mais je sais où sont mes adversaires. Ne craignez rien, je ne risque pas d'oublier Nicolas Sarkozy, j'aurai sur lui et son clan bien des choses à dire durant toute la campagne. Je ne me tairai pas, car je ne suis pas une femme sous influence. ». A bon entendeur salut !

 

Thierry Boutet 

 

Source : Le Monde, Le Figaro

Photo : © Eva joly 2012 /Wikimédia Commons / disponible selon les termes de la licence Creative CommonsPaternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported