Inlassablement, Jean Sévillia, poursuit son œuvre de « remise au point » de l’histoire, trop souvent déformée par les idéologies nihilistes qui règnent.

Le directeur d’une revue catholique très comme il faut nous disait une fois d’un air pincé : « Nous n’allons pas nous mettre tout de même à  faire du Jean Sévillia », comme si défendre l’Eglise catholique contre des accusations injustes était manquer à la bonne éducation ou à la neutralité nécessaire à un historien qui se respecte.

Heureusement que, livre après livre et de mieux en mieux, Jean Sévillia fait du Jean Sévillia.

Mieux que d’autres, il a compris l’importance que tient l’histoire dans les débats contemporains ; une importance ignorée par exemple de certains  évêques qui proposent d’annoncer l’évangile « dans sa radicale nouveauté » comme s’il ne s’était rien passé depuis vingt siècles.

D’où l’importance de ne pas laisser les fausses idées se répandre , sinon  de les  redresser chez ceux qui en sont à l’origine, d’armer d’arguments ceux qui veulent les combattre.  

Comment ne pas s’indigner avec lui des âneries colportées par Arte sur les origines du christianisme, du procès de Moscou infligé à Sylvain Gouguenheim pour avoir osé suggérer que l’héritage gréco-latin ne nous était pas  entièrement venu par les Arabes, de l’idée que le colonisation française n’ait été qu’une longue suite d’horreurs, qu’un tribunal ose condamner un historien pour avoir mis sur le même pied la traite européenne et la traite arabe, que le Vatican ait été complice d’Hitler, que les relations entre chrétiens et juifs dans l’histoire européenne se résument à une longue suite d’horreurs etc. ?  Et comment, dès lors,  ne pas se réjouir que quelqu’un rectifie ces erreurs ou ces préjugés ?

« Catholique et français » comme dit la chanson, Jean Sévillia traite indistinctement des attaques contre l’Eglise catholique et contre la France. Assimilation abusive ? On peut penser que non, si l’on croit que c’est le même nihilisme, la même haine de soi qui, aujourd’hui,  s’en prennent à l’une et à l’autre.

C’est de manière aussi politiquement incorrecte  que Jean Sévillia suggère dans sa phrase de conclusion qu’il n’y aura sans doute pas  d’autre issue pacifique aux tensions que fait naître l’immigration  qu’une  conversion des Musulmans au christianisme et donc une renaissance  de celui-ci.

 

Roland Hureaux