Dans un communiqué, le président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France, Mgr Sentier, s'exprime sur les propositions de la Mission parlementaire sur le voile intégral . Non seulement, une loi ne résoudrait pas la question, mais risquerait d'être contreproductive.
Communiqué : Comme président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France, je n'ai pas voulu prendre la parole avant que la Mission parlementaire chargée de faire des propositions à propos du "voile intégral" n'ait donné ses conclusions.
Je regrette que la Mission n'ait pas cru bon d'entendre l'avis des responsables religieux chrétiens et juifs, alors qu'elle a reçu d'autres courants de pensée. La lettre que j'ai écrite au président de la Mission aurait, au moins, mérité une réponse.
Le Conseil national du culte musulman, par son président, M. Moussaoui, a clairement déclaré que le "voile intégral" n'est pas un signe religieux et que le Coran ne demande pas qu'il soit porté par les femmes.
Il faut raison garder. Le nombre de femmes portant le voile intégral étant très limité, les décisions prises ne doivent pas conduire à stigmatiser les croyants musulmans.
La proposition d'une résolution qui a l'accord des responsables du culte musulman et, semble-t-il, des différents partis politiques peut être un acte important. Mais je suis très réservé sur l'opportunité d'une loi qui ne résoudra pas la question.
Si un texte de loi était adopté, le risque pour les femmes musulmanes portant ce voile intégral est qu'elles ne sortent plus de chez elles et soient encore plus marginalisées. Ainsi le résultat pourrait être contraire à l'effet recherché et conduire, par réaction, à une augmentation du nombre de femmes portant cet habit.
Les citoyens français, et parmi eux les catholiques, ne doivent pas se laisser envahir par la peur et la théorie du choc des civilisations. Il est essentiel de distinguer la majorité de nos concitoyens musulmans qui demandent à pouvoir pratiquer librement leur culte et une minorité qui, tout en se réclamant de l'islam, cherche à déstabiliser les démocraties.
Si nous voulons que les chrétiens en situation de minorité dans les pays à majorité musulmane disposent de tous leurs droits, nous devons dans notre pays respecter les droits de tous les croyants à l'exercice de leur culte.
Le dialogue en vérité entre croyants permet de dépasser les méfiances réciproques. Le chemin sera long et exigeant. La voie du respect mutuel permettra d'améliorer le vivre ensemble dans notre pays.
[Source : Service information-communication de la Conférence des évêques de France]
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