À la veille de l'examen du projet de réforme de l'hôpital qui a démarré mardi 10 février, un amendement de dernière minute à l'article 22 déposé par Bérengère Poletti, député des Ardennes, propose de faire prescrire l'avortement médicamenteux par les sages-femmes. Cette mesure, inscrite dans le pré-projet de loi présenté en juillet 2008 par le ministère de la Santé, avait finalement été supprimée. Elle est aujourd'hui étrangement réintégrée par surprise et sans consultation.

 
Cécile Dumarcet, sage-femme, co-auteur de l'étude Sage-femme, profession vitale [1],déléguée départementale de l'Alliance pour les droits de la vie (ADV), dénonce cette situation :

Nous sommes frappées par le décalage entre ce projet de loi et les aspirations des sages-femmes de terrain qui veulent avant tout être reconnues pour leur capacité à accompagner les femmes vers la naissance. Ce projet frappe de plein fouet notre profession : pour sauvegarder le métier de sage-femme, il faut qu'il reste tourné vers la vie.

 
L'ADV demande le retrait immédiat de cet amendement au forceps , intégré, sans consultation, quelques heures seulement avant l'ouverture des débats.
 
Son adoption risque de provoquer un bouleversement majeur dans une profession irremplaçable alors que, selon un sondage IFOP récent, 56 % des Français considèrent que ce n'est pas le rôle des sages-femmes de pratiquer l'IVG [2].
 
Face au défi que représente le grand nombre d'IVG en France (220 000 annuellement), l'Alliance pour les droits de la vie dénonce la tentative d'augmenter encore le nombre de ses prescripteurs. Elle demande un bilan approfondi de la pratique de l'interruption volontaire de grossesse.
 

[1] Interpellée par cette possible évolution du métier de sage-femme qui porte des enjeux sociaux et professionnels majeurs, l'Alliance pour les droits de la vie a publié une étude Sage-femme, profession vitale présentant les réticences de sages-femmes à la prescription de l'avortement.
[2] Le sondage est consultable sur le site de l'IFOP.

 

 

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