L'hommage de la France au président polonais Lech Kaczynski, enterré samedi à Cracovie, a été discret. Dans la tragique épreuve qui frappe la Pologne tout entière , le président de la République Nicolas Sarkozy a cependant tenu à rappeler les sentiments exceptionnels d'amitié qui unissent la France et la Pologne ainsi que le peuple français et le peuple polonais .

Saluant la mémoire du président Kaczynski, Nicolas Sarkozy a évoqué le patriotisme ardent d'un homme qui avait consacré sa vie à son pays :

Inlassable défenseur des idées auxquelles il croyait, il s'est toujours battu avec conviction pour les valeurs qui ont fondé son entrée en politique : la démocratie, la liberté et la lutte contre le totalitarisme. Son élection à la Présidence de la République en 2005 a couronné une carrière tout entière vouée à la cause de la Pologne .

Parmi les rares parlementaires qui ont témoigné leur estime au président polonais, le député Christian Vanneste (UMP, Nord) s'est distingué en appelant les Français et des démocrates du monde entier à s'associer au deuil de la Pologne :

Ce pays ne peut-être évoqué qu'entouré d'un halo d'héroïsme et de tragédie. Privé de frontières naturelles, il a sans cesse dû préserver son identité nationale contre les ambitions dévorantes de ses voisins prussien et russe. À plusieurs reprises il a perdu sa liberté mais sans jamais véritablement plier le genou.

Aristocratique Pologne

Arrimée à son catholicisme, la Pologne s'est affirmée comme la nation slave d'Occident. Elle a toujours affirmé une densité culturelle et un comportement aristocratique qui ont suscité des générations de créateurs et de héros. Au lendemain de la guerre 14-18, le général De Gaulle a participé à la défense de la Pologne contre une première tentative des bolchevicks. En 1944, les soviétiques arrêtés au bord de la Vistule ont laissé les nazis massacrer la révolte de Bór-Komorowski. C'est la Pologne enfin qui, avec Lech Wałęsa, a sonné le glas de la dictature communiste en Europe. La figure du pape polonais Jean-Paul II a dominé cette heureuse disparition.

Sans doute parce que ce peuple a toujours nourri une attitude aristocratique, les communistes se sont acharnés contre ses élites.
Quand on y réfléchit bien, la tuerie odieuse des 22000 officiers polonais à Katyn est une annonce de ce que les mêmes communistes feront plus tard au Cambodge. Il est frappant que le président polonais soit mort avec un grand nombre de hauts responsables politiques de ce pays en se rendant précisément à Katyn.
C'est pourquoi, comme le suggère mon ami et collègue Franck Gilard (UMP, Eure), il serait bon aujourd'hui de faire connaître au plus grand nombre de Français la terrible affaire de Katyn.
Pendant des années l'Union soviétique, le Parti communiste et les nombreux intellectuels qui ont été ses collaborateurs ont accusé les allemands ou ont entretenu un doute sur les auteurs du massacre de Katyn. La sortie du poignant film de Wajda consacré à cet événement s'est faite dans la discrétion voire l'indifférence. La mort de Lech Kaczynski devrait nous conduire aujourd'hui à présenter cette œuvre sur une grande chaîne nationale en la faisant suivre d'un plateau qui pourrait être l'occasion d'un rappel des méthodes du totalitarisme communiste.
Il serait bon sans doute aussi que des projections aient lieu dans tout le pays. Ce serait un hommage à ce Président polonais qui a été avec son pays l'un des acteurs de la libération de l'est européen, un de ceux qui ont finalement triomphé des héritiers du régime coupable de Katyn.

À l'initiative de l'ambassadeur de Pologne en France, une messe commémorative a eu lieu lundi 19 avril à la cathédrale Saint-Louis des Invalides, présidée par S. Ém. le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. C'est Michèle Alliot-Marie, ministre d'Etat, qui représentait le gouvernement.

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