Christine Boutin, chargée par Nicolas Sarkozy d'une mission d'étude sur les conséquences sociales de la mondialisation dans le cadre de la Présidence française du G20, est intervenue à l'occasion de la conférence de haut niveau consacrée à cette question le 23 mai 2011 à Paris. Elle en a profité pour alerter sur le risque d'un  Munich social  si les pays du G20 ne se penchaient pas sur les aspects sociaux des questions qu'ils traitent ensemble.

 La mise en place du G20 des Chefs d'Etat a permis de répondre de manière coordonnée aux urgences de la crise financière , a expliqué la présidente du Parti Chrétien Démocrate (PCD).  Il est nécessaire maintenant de montrer que cette réunion peut correspondre à des besoins politiques de moyen et long terme , a-t-elle ajouté, plaidant pour une capacité à  agir ensemble en dehors des crises

 La forme actuelle de gouvernance mondiale qu'est le G20 nécessite la définition d'un espace partagé et, plus largement, la reconnaissance de sujets et de références universels  a poursuivi Christine Boutin, s'associant à l'appel du Président Sarkozy (...) pour  sortir d'un libre-échangisme sans cœur . En effet, selon son analyse, la globalisation ne peut se contenter de fonctionner uniquement selon  les seules règles du commerce , considérées comme uniques  normes collectives opposables . Dans un tel cas,  l'Organe de Règlement des différends de l'OMC  suffit à gérer  le libre échange sans vis-à-vis , et le fait d'ailleurs  parfaitement et en continu .

Si en revanche le G20 souhaite bien  favoriser l'avènement d'une autorité politique , et bien faire la preuve que les politiques (...) ont cessés d'abdiquer leur rôle , alors, a plaidé l'ancienne ministre du Logement, il est  nécessaire de quitter la globalisation actuelle, uniformisante, pour recréer ensemble un nouvel universel, en l'occurrence par la reconnaissance du principe de commune humanité

Au moyen de ce  principe de commune humanité  adopté dans le cadre du G20, Christine Boutin souhaite promouvoir la reconnaissance mutuelle  de l' appartenance à une même humanité , et la  volonté commune de vivre ensemble en société plutôt qu'à l'état de nature . Il permettrait d'orienter une  une action politique cohérente et coordonnée , et de ne  pas laisser dans le monde l'impression que certains sont confinés dans une sorte de sous-humanité (...) et que d'autres (...) bénéficient d'une sorte de statut de sur-humanité. 

Pour finir, la chargée de mission du Président Sarkozy a cité quatre des 17 propositions présentées dans son rapport intermédiaire du 9 décembre 2010 :

-           faire rentrer dans le droit de l'OMC l'exigence du travail décent , notion qui pourrait être reconnue  comme un bien public mondial  ;

-           donner un cadre et un sens à la responsabilité sociale des entreprises en fixant comme objectif partagé d'avancer vers la traçabilité sociale sans laquelle il n'y a pas de vraie responsabilité  ;

-           créer un fond public et privé pour financer les coûts d'amorçage et les études d'impact du social business , plaidant poour que la direction de ce fond soit confiée  à l'immense Muhammad Yunus  ;

-           réfléchir à une nouvelle légitimité du G20 en acceptant de revoir ses contours , afin d'évoluer  vers une représentation par zones régionales autour de 25 pays  faisant place à  des pays pauvres .

Christine Boutin a conclu son intervention par un avertissement vigoureux :  si nous ne sommes pas capables de sortir d'un temps où le moins disant social est un avantage comparatif, nous aurons le protectionnisme. Il y a un risque de Munich social que nous devons bien voir en face ! Nous ne pouvons pas passer à côté des défis de notre temps. 

C'est lundi prochain, 30 mai 2011, qu'est prévue la remise définitive du rapport Boutin sur la mondialisation à Nicolas Sarkozy.