Les conséquences de la crise économique sur l’emploi étaient prévisibles. Mais en novembre, la France a franchi une nouvelle étape vers la récession. Avec plus de 2,8 millions de demandeurs d’emploi, le pays atteint le niveau le plus élevé depuis 12 ans.

Quelques chiffres

En France métropolitaine, 2 844 800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+ 1,1 % sur un mois, + 5,2 % en un an) selon les chiffres du ministère du travail publiés lundi 26 décembre. Un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999. Et cela ne risque pas d’aller en s’améliorant si l’on en croit les nombreux économistes qui prédisent un taux de chômage de l'ordre de 10,7 % pour la fin 2012.

Si l’on s’intéresse aux seuils symboliques souvent utilisés pour étudier les variations du chômage, il faut noter que le pays compte aujourd’hui plus de 3 millions de chômeurs de catégorie A et plus de 5 millions d'inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues. La dégradation la plus forte est constatée chez les plus de 50 ans (+ 15 %), chez les femmes (+ 7 %) et chez les chômeurs de longue durée (+ 7 %).

Un sommet de l’emploi

Pour parer l’urgence, le Président de la République, le 1er décembre à Toulon, a invité les partenaires sociaux à un sommet sur l'emploi, le 18 janvier, afin que « chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions ». Un sommet, que la CFDT, notamment, réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur du gouvernement.

Un difficile dialogue et quelques alternatives

Depuis, chacun y va de son commentaire. Pour les uns, ce rendez-vous est un échec annoncé.

D’autres voient dans le chômage de masse qui gangrène la société française le signe de l'échec des politiques de l'emploi menées par la gauche et par la droite depuis quarante ans. Ils souhaiteraient voir nos politiques s’intéresser davantage à certains modèles alternatifs, dont certains déjà mis en place à l’étranger. Ce pourrait être l'élargissement du chômage partiel (Allemagne), la « flexisécurité » (à la scandinave), la « sécurité sociale professionnelle » prônée par la CGT et la CFDT, le « contrat de génération » défendu par le candidat Hollande ou encore l'allègement des charges sociales sur le travail souhaité par le patronat.

Un thème de campagne

« La crise ne doit pas nous faire baisser les bras » avait déclaré Nicolas Sarkozy le 1er décembre à Toulon. La hausse du chômage est une conséquence naturelle du contexte économique. Si le sommet sur l’emploi du 18 janvier prochain a peu de chance de voir surgir des solutions toutes faites, il sera au moins l’occasion de poser les bases d’une réflexion nationale à laquelle s’inviteront très certainement les différents candidats aux élections présidentielles faisant de ce thème un point essentiel de la campagne.

Quant aux chômeurs, ils seront peut-être un peu consolés d’apprendre que le nombre d’offres d'emploi collectées par Pôle emploi a augmenté de 6,3 % en novembre (+ 11,8 % sur un an) et que celui des offres d'emploi satisfaites est également en forte hausse (+ 9,9 % en un mois, + 14,8 % sur un an).