Stupéfiante analyse de Paul Bensussan, expert auprès de la cour d’appel de Versailles et expert agréé par la cour de cassation, qui remet en cause l'expertise psychiatrique dans les tribunaux sur le plateau de Revu et corrigé.
A propos de l’assassinat de la jeune Agnès, à Chambon-sur-Lignon, je m’étonnais la semaine dernière de ce qui m’apparaissait – comme à pratiquement tout le monde – une irresponsabilité stupéfiante des différents acteurs – juge, expert psychiatre, chef d’établissement, parents de l’assassin – ayant conduit au placement dans un internat mixte d’un violeur sortant de prison et en attente de jugement. Or c’était l’un des sujets de l’émission de France 5 animée par Paul Amar Revu et corrigé du samedi 26 novembre (19h00-20h00).
Je conseille à ceux qui l’auraient manquée de la visionner. Quel contraste entre la piteuse défausse du Président de l’Union Syndicale des Magistrats (USM) notamment face à notre confrère Francois d’Orcival (Président du comité éditorial de Valeurs actuelles) qui se faisait sans la moindre agressivité le porte-parole de la vox populi, et la très courageuse intervention du troisième invité, Paul Bensussan, expert auprès de la cour d’appel de Versailles et expert agréé par la cour de cassation. Loin de tout réflexe corporatiste, ce dernier n’hésita pas à mettre en cause la pratique actuelle de sa profession en France.
Qu’on en juge : « Réellement, a-t-il souligné, je crois que la société ne doit plus tolérer ce degré d’approximation des expertises psychiatriques. Que ce soit du point de vue de la personne condamnée à tort ou de celui de la personne qu’on a laissée à tort se promener dans la rue, c’est insupportable. » S’agissant des pronostics de dangerosité, le psychiatre estime que ses confrères se trompent en moyenne une fois sur deux ! Autant, ajoutait-il, s’en remettre au hasard ! Etonné par sa franchise, Paul Amar l’interrompt : « Et c’est un psychiatre qui dit cela ! » Mais Paul Bensussan de confirmer : « Le niveau des expertises psychiatriques françaises, il faut le dire, est souvent consternant ». Et d’ajouter ce témoignage tout frais : « Hier en tribunal correctionnel, comparaissait un homme condamné en première instance. Interrogé sur un lien possible entre l’agression [dont cet homme était accusé] et le suicide de sa victime, l’expert a répondu : “Il a pu très certainement exister un lien !” Il a pu très certainement… c’est du Molière ! Et la personne a été condamnée là-dessus ! »
Je m’étais demandé si je n’y étais pas allé un peu fort en comparant l’avis de trop de prétendus « experts » psychiatres à celui des haruspices dans la Rome antique. L’intervention de Paul Bensussan m’incline à penser qu’hélas ! je n’étais pas loin de la vérité.
Philippe Oswald










Il peut être intéressant à ce sujet de suivre les alertes envoyées régulièrement par Jean-Sylvestre Thépénier en s'inscrivant sur le site : http://www.mensongepsy.com.
Cordialement