Le 14 juillet dernier, la chapelle Saint-Pierre de Mahalon (Finistère) a été profanée en public au cours d'une manifestation culturelle organisée par l'association L'Art à la Pointe. Deux danseurs se sont dénudés sur l'autel, devant plusieurs personnes présentes, dont des enfants et des jeunes. L'évêque de Quimper, Mgr Le Vert, a décidé un moratoire d'un an de toutes les expositions proposées par l'association qui a présenté ses excuses.
Les dirigeants d'Art à la pointe affirment avoir été abusés par les artistes , dont la prestation avant-gardiste n'avait manifestement pas été cadrée. C'est peut-être le jeu de l' art contemporain , et toute son ambiguïté [1].
Après le temps de la réflexion, Mgr Le Vert n'a évidemment pas laissé passer pareil scandale et a mis ces derniers jours en ligne un communiqué très ferme. Après une description des faits accablants, il a expliqué où se situe la profanation : Cet acte odieux pour la conscience et la sensibilité des catholiques, pour qui l'autel est le lieu le plus sacré d'une église, puisqu'y est célébré l'acte central de la foi catholique qu'est l'Eucharistie, a profondément scandalisé des croyants comme des non-croyants, d'autant plus qu'il semblerait qu'il ait été prémédité.
Ce diagnostic — la profanation de l'autel (le droit au blasphème reste dans notre pays revendiqué par de nombreuses personnes influentes) — n'est pas précisément celui que France Info a retenu pour relater l'événement : sur les ondes, il n'a été fait mention que d'une version édulcorée, celle de danses au cours desquelles une danseuse se dénudait... mais cela ne durait pas longtemps . Le problème est-il seulement une querelle d'esthétique ? De là à prendre les offusqués pour des bégueules, il n'y a qu'un pas. Rien évidemment des ébats sacrilèges sur l'autel qui demandera une cérémonie de réparation.
Sans passion mais après consultations, le diocèse a statué. Un moratoire d'un an de toutes les expositions a été décidé jusqu'en 2011, celles relevant d'Art à la Pointe, et des manifestations culturelles qui y sont attachées, dans les chapelles et églises du doyenné du Cap-Sizun – Douarnenez – Plogastel-Saint-Germain .
Particulièrement sensibles au scandale causé, trouvant cet acte odieux , inqualifiable , d'une rare gravité et d'une grande violence comme le jugerait n'importe quel chef religieux d'une autre confession, l'évêque et son conseil demandent que ce laps de temps soit ainsi mis à profit pour que les différents partenaires de ces manifestations (paroisses, communes, associations culturelles, commission diocésaine d'Art sacré) puissent réfléchir à une nouvelle manière de faire pour organiser des expositions.
Oui à la promotion de la culture et à l'ouverture d'esprit qu'elle suppose mais pas n'importe comment ni à n'importe quel prix, précise Mgr Le Vert, ne serait-ce que pour le bien de l'Art et des artistes .
[1] Le conflit entre l'association et ses employés a donné lieu à une saisie des prud'hommes de Rennes qui viennent d'examiner la demande d'une chorégraphe. La jeune femme avait, une première fois, saisi la même juridiction pour obtenir le paiement de son contrat, soit 300 euros qu'elle a finalement perçus courant octobre.
[NDLR : Cette note n'est pas ouverte aux commentaires]
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