Le 1er décembre, à quelques mois des élections présidentielles, le chef de l’Etat est revenu à Toulon pour dire « la vérité » aux Français.
Le 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy y avait tenu un discours historique à peine quelques jours après la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers. Il s'était adressé solennellement aux Français pour promettre : « Je n'accepterai pas qu'un seul déposant perde un seul euro ». Le chef de l’Etat avait à cette occasion fait un point précis sur la crise et les moyens d’en sortir. Aujourd’hui, en 2011, Nicolas Sarkozy est revenu sur la scène du Zénith de Toulon, devant 5000 personnes conviées sur invitation. Le discours de cette année, sans être programmatique, aborde de grands thèmes, qui pourraient être ceux de sa future campagne. Un avenir qui implique la refondation de l’Europe et une Réforme de la France notamment en matière sociale.
La question européenne
Pour l’envoyé spécial du Figaro, le message est clair : « une France souveraine dans un ensemble européen refondé ». Au Monde, Arnaud Leparmentier décrypte le discours du président par rapport aux propositions des différents candidats :
« Sur l'Europe, M. Sarkozy attaque, sans le nommer, le socialiste Arnaud Montebourg, apôtre de la démondialisation : "Les sociétés fermées n'ont qu'un destin possible, le déclin." Ajoutant immédiatement : "Nous refuserons d'effacer nos frontières." C'est que, en un instant, sa cible a changé ; il s'agit maintenant de Marine Le Pen. "Nous n'accepterons pas une immigration incontrôlée qui ruinerait notre protection sociale", dit-il sous les applaudissements. Dumping, concurrence déloyale, pillage des technologies qui détruit les usines... les leitmotive de la protection sont égrenés. Le chef de l'Etat conteste la libre circulation des citoyens dans une Europe "qui ne contrôle pas ses frontières". Verdict : "Schengen doit être repensé." Nouveaux applaudissements. »
Quoiqu’il en soit, le message est clair. Pour le futur candidat Sarkosy, après la crise, la France ne retrouvera « la maîtrise de son destin » que par la lutte contre les déficits et la solidarité européenne. « L'Europe, ce n'est pas moins de souveraineté, mais davantage de souveraineté parce que c'est davantage de capacité d'agir » a-t-il assuré afin de rassurer la France du non.
Sans entrer davantage dans les détails, le président a annoncé un entretien avec Angela Merkel le 5 décembre à Paris, pour présenter ses propositions sur l'Europe et annoncer les grandes lignes d'un nouveau traité européen « refondant et repensant l'organisation de l'Europe » sur le modèle d'un fédéralisme inter-gouvernemental. Au programme, une nouvelle règle de vote, à la majorité qualifiée, entre les dix-sept chefs d'État de la zone euro.
Autre mise en garde du chef de l’Etat : « L'Europe peut être balayée par la crise si elle ne se ressaisit pas », a-t-il prévenu. « Au cœur de la crise européenne, il y a la crise de l'euro, a-t-il ajouté. C'est la plus grave. Elle peut tout emporter. »
Réformer le travail et le système social en France
« Le passage d'un grand cycle d'endettement à un grand cycle de désendettement va s'accompagner d'un ajustement auquel toutes les politiques économiques des pays développés vont se trouver confrontées » a prévenu le chef de l’Etat. Derrière cette évidence, Nicolas Sarkozy a en ligne de mire les 35 heures et la retraite à 60 ans à propos desquels il s’est permis quelques piques à l’encontre du parti socialiste.
Mais là encore, Nicolas Sarkozy a donné peu de détails préférant annoncer un autre événement : un sommet social qui se tiendra en janvier 2012. Il a souligné à cette occasion l'importance du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux et indiqué qu'on ne pouvait plus garder « la même organisation de notre protection sociale », ni le même « système de partage du travail ».
Nicolas Sarkozy a aussi évoqué la règle d’or budgétaire sur les déficits publics : « La France doit l'adopter. L'idéal, si chacun faisait preuve de responsabilité, serait de le faire avant la présidentielle. Si tel n'était pas le cas, il faudrait le faire immédiatement après ».
Contre les propositions socialistes
Enfin, Le président de la République a qualifié la suppression du droit de veto de la France au sein du conseil de sécurité de l’ONU qui figure dans l’accord conclu entre socialistes et écologistes de « faute » et s’est prononcé contre un renoncement au nucléaire : « Ce n'est pas en renonçant à notre indépendance énergétique et en boudant l'énergie nucléaire dans laquelle la France a investi depuis un demi-siècle tant d'intelligence et d'argent qu'elle valorisera au mieux ses atouts. Cette voie tourne le dos au progrès »
Sources : Le Monde, Le Figaro









